À la croisée des musées

Une histoire de rencontres

« Sans Traces Apparentes » est né, un été, de la visite rapprochée de deux musées : le château de Cadillac et le Musée du Vercors. Ces lieux m’ont ouvert la porte de deux univers de déportation : vers les bagnes ou vers les camps de concentration.

Cadillacmemorial-resistance-vercors

De fil en aiguille, ou plutôt de malheur en malheur, j’ai pris conscience que la guerre et ses massacres avaient marqué toutes les générations qui nous ont précédées. C’est à ce moment que l’histoire a germé, mettant en scène cinq femmes sur cinq époques:

  • Éloïse, la princesse devenue bagnarde,
  • Adèle, la battante de l’Entre-Deux Guerres,
  • Simone, la survivante de la Seconde Guerre Mondiale,
  • Françoise, l’étouffée des Trente Glorieuses,
  • Charlie, la contemporaine.

Cinq femmes avec mille raisons de se réfugier dans le silence. Chacune a enterré sa souffrance dans l’oubli.

Une saga familiale ?

Plutôt un thriller psycho-généalogique. « Sans traces apparentes » retrace la quête de Charlie pour mettre à jour les secrets enfouis par sa famille.

Son objectif n’est pas de partir à la recherche des coupables. Ils sont multiples et insaisissables : les hommes, les femmes, les événements, l’époque, les groupes sociaux, elles-mêmes… Tour à tour victimes ou bourreaux.

Ce n’est pas une réparation par la punition que Charlie recherche. Ce qu’elle désire par-dessus tout, c’est faire exploser le déni où sa famille s’est enfermée et stopper la spirale infernale. C’est à cette condition qu’elle pourra à nouveau regarder l’avenir avec espoir.

Une histoire vraie ?

Aux lecteurs qui me demandent si ce roman est issue d’une histoire vraie, je réponds NON.

Quoique… !
Quelle part de mon inconscient s’est immiscée dans cette histoire ?
Je l’ignore. J’ai peu d’éléments sur mon passé familial : quelques fragments, la vision tronquée d’une enfant… Ces bribes inscrites quelque part dans un recoin de mon cerveau reptilien se retrouvent forcément au long de ces pages.

Mais cette méconnaissance m’a protégée de la tentation d’ouvrir mes propres tiroirs.
Qui sait quels secrets m’auraient sauté à la figure ?

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5 réflexions sur “À la croisée des musées

  1. Oui la guerre a marqué au fer rouge plusieurs pays et plusieurs générations.
    Au Québec, on était loin, mais une grande quantité de nos petits compatriotes sont allés mourir pour aider les pays en guerre.
    Aujourd’hui ça flambe encore de tous côtés de la planète.
    La souffrance est dans les coeurs
    .
    Nous souhaitons la paix dans le monde. Amen !

    ///////////////////////////////////
    Bonne fin de semaine!
    ///////////////////////////////////

  2. Eh oui, c’est un sujet qui me tient à coeur. Je suis intimement persuadée que nous sommes nombreux à transporter avec nous les blessures du passé. Est-ce que sortir du déni et dire les choses suffit pour désamorcer certains traumatismes fortement ancrés ? Comment mettre du mercurochrome lorsque les cicatrices sont refermées ? … Autant de questions que je me suis posées tout le long de l’écriture. Les réactions des personnages m’ont parfois surprise, je l’avoue. Merci pour ton apport 🙂

  3. Sujet au combien riche et intéressant !
    Les drames familiaux, les coupures et notamment les traumatismes liés aux guerres, conjugués au déni : voilà ce qui marque des générations entières, car dans l’inconscient le temps n’existe pas. Par conséquent, cet inconscient se transmet entre les générations, et la génération n+2 (généralement la génération n+1 n’en est pas victime) ainsi que les suivantes vont payer pour tout ce non-dit de la génération n.
    Des études psychologiques sont faites là-dessus depuis que l’on s’intéresse au transgénérationnel.
    La solution ? Peut-être que quelqu’un sorte du déni et recrée du lien avec ce clivage du passé. Sinon, l’effet e fait que se propager et s’amplifier. Les conséquences ? Addictions, violences, passages à l’acte…
    Dans tous les cas, la question est posée de savoir dans quelle proportion nos actes nous appartiennent-ils vraiment ?!

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