La magie des histoires

Quand j’ouvre un livre pour me détendre, c’est souvent une fiction. Pourquoi ? Parce que les (auto)biographies collent trop au réel. Parce que ce réel est souvent aussi triste qu’une tragédie grecque. Et surtout, parce que l’auteur est guidé par un souci de vérité qui laisse rarement la place à l’enchantement.

Magie et merveilleux ne sont pas réservés aux contes de fées ou à la fantasy. Dans toutes mes histoires, il y a une part de cette magie ordinaire qui papillonne autour de nous, visible seulement lorsqu’on y prête attention. Synchronicité, kharma, hasard… Que chacun l’appelle comme il veut.

Jusqu’à présent, je n’osais pas explorer ce domaine, je restais à l’entrée, les pieds sur le paillasson. Pour être honnête, je craignais de passer pour une allumée. Je viens de lire 3 interviews d’auteurs qui mêlent résolument la magie à leurs récits pourtant ancrés dans un univers parfois misérable.

Dominique Batraville (L’Ange de charbon, ed. Zulma)
Trouver la magie pour dépasser le tragiqueDominique-Batraville

Écrivain et comédien haïtien, il utilise le réalisme merveilleux pour doser la tragédie du séisme de 2010 et permettre une proposition allégée du drame quotidien d’un pays appartenant au Tiers-Monde. « On s’invente tous un imaginaire pour passer entre le tragique et le merveilleux ».

Alexis Zentner (Les Bois de Sawgamet, éd. Lattès, O. Henry Prize) Explorer le rapport de chacun à la magie

Alexi-ZentnerAméricain d’origine canadienne, l’écrivain explore la perception du magique selon l’âge : « Ce qui était magique lorsque nous étions petits fait partie des aléas de la vie lorsque nous vieillissons. Un jour, ma famille et moi logions dans un très mauvais hôtel, dans lequel je m’attendais presque à découvrir des cadavres. Tout à coup, ma fille de trois ans s’est exclamé « Il y a du savon ! ». Pour elle, c’était de la magie ».

Rene Denfeld (En ce lieu enchanté, éd. Fleuve) Rene Denfeld
Se libérer de nos prisons par le merveilleux

Journaliste et enquêtrice spécialisée, elle écrit sur les couloirs de la mort, car elle veut « célébrer la beauté et les merveilles que l’on peut trouver dans ces lieux. Les personnages fantastiques de mon roman sont un moyen pour le personnage qui les invente de s’échapper de l’atmosphère sordide. Nous vivons tous dans nos prisons de remords et d’angoisses dont nous essayons de nous échapper ».

Visions intéressantes n’est-ce pas ?
J’ai mis ces livres sur ma liste de 2015. Et j’ai pris une bonne résolution de Noël : il y aura de la magie dans mon prochain roman : Le secret du wumpa !

(interviews et photos extraits de l’article d’enviedecrire.com du 19/12/2014)