Premier roman & Chocolat

L’édition d’un premier roman, c’est comme manger du chocolat.

Au début était le carré. La couleur chaude, l’odeur musquée… Déposer le morceau sur sa langue, le laisser fondre lentement. Il tapisse la bouche, imprègne le palais. Je le sens m’envahir, spirale de douceur, papilles languissantes vers une extase que je recule autant que je peux. Parfois, le désir est trop fort. Impossible à contenir. Croquer à pleines dents, concasser les noisettes, émietter le cacao…

chocolat

Un plaisir à savourer avec modération sous peine de voir ces petits carrés s’incruster sur les hanches pendant des années !

Quel rapport avec un premier roman, me direz-vous ?

J’ai envoyé  « Sans traces apparentes » à plusieurs éditeurs, nationaux, locaux… Depuis la fin de l’été, je reçois des retours plutôt positifs : « Des personnages attachants », « une bonne maîtrise du suspense »…

Autant d’encouragements pour cette histoire qui m’a accompagnée près de trois ans. Et qui a une grande importance à mes yeux. On a raison de dire qu’il y a beaucoup de soi dans un premier roman. On y met plus que son cœur, on y dépose son âme…

Malgré ces appréciations positives, le manuscrit ne semble pas s’inscrire dans une ligne éditoriale. Les refus s’accumulent sauf si je propose une version simplifiée de l’intrigue ou si je modifie la fin. Des modifications majeures… Que je peux apporter oui. À condition de renoncer à mes petites chéries. Je comprends seulement maintenant le sens de cette formule. Je la croyais attachée à des effets de style, j’ai déjà beaucoup travaillé sur ce plan et élagué ce qui était trop fleuri dans mon écriture. Mais là… les modifications demandées remettent en question le message central de mon texte.

Me voilà donc devant un choix cornélien. Garder intact le sens de l’histoire telle que je voulais la donner à lire et prendre le risque qu’elle ne soit jamais éditée ? Ou orienter mon récit vers une forme plus « bankable » pour qu’il soit donné à lire au plus grand nombre ?

J’y ai réfléchi sérieusement. Mais malgré mon immense envie de voir cette histoire vivre une aventure éditoriale, j’ai décidé de respecter mes intentions de départ, celles qui m’ont poussé à écrire cette histoire. Je n’ai aucune envie d’avoir ce premier roman sur le cœur et les hanches pour les dix ans à venir parce que j’aurais cédé aux sirènes d’une édition qui ne me ressemble pas…

Et vous savez quoi ? La semaine prochaine, j’ai rendez-vous avec une éditrice qui a aimé ce manuscrit inclassable. Je vous raconte tout très bientôt.

Suite au prochain épisode !

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