La Reine du découpage

Je lis beaucoup, de tout genre… ou presque. Il y a certains livres dont je me tiens soigneusement à l’écart. Par exemple, les témoignages de survivants de drames inhumains ou les romans ancrés dans un contexte trop noir…

Par mon métier, je baigne en permanence dans les réalités sociales, expression politiquement correcte pour désigner la misère moderne. Alors quand je lis, j’évite les émotions susceptibles de me broyer un peu plus le cœur.

Autres livres dont je ne recherche pas la compagnie, les biopics des semi-people. Même si je me jette avec jubilation sur leurs tribulations étalées dans les salles d’attente. Quant aux « épanchements de signaux de vie » rédigés par des inconnus, j’avoue avoir de nombreux préjugés par rapport aux détails nostalgico-niais qui n’intéressent que tata Poule ou tonton Camion.

20150317_reinedecoupageLes Éditions de la Rémanence font une large part aux biographies et témoignages. J’ai donc décidé d’aller au-delà de mes préjugés et de me plonger dans ces récits de vie. J’ai choisi de lire La Reine du découpage dont le pitch m’avait intriguée : une petite fille, Cécile, découvre « l’existence » de la mort et trouve ainsi sa vocation : écrire des oraisons.

J’ai très vite oublié que je lisais une « bio » et je me suis fait happer par l’histoire. J’ai adoré la galerie pittoresque des personnages. Mon préféré : le photographe et sa vitrine, ancêtre des pages facebook. J’ai vibré avec cette héroïne haute de six ans, son amitié presque clandestine avec Eline la foraine,  la façon dont elle découvre brutalement l’horreur de la déportation… C’est l’histoire de Cécile et en patchwork, c’est une histoire où chacun peut se retrouver.

Une belle tranche de vie qui me réconcilie avec le genre et un catalogue auquel je serai fière d’appartenir !

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Si l’envie d’écrire votre histoire familiale vous titille,
Marie-Adrienne Carrara vient de publier un billet où elle donne de précieux conseils.