Rita Mestokosho, le feu sous le rocher

Septembre au Québec. Un vieux rêve qui se réalise. Départ cette nuit sur les traces des colons du Nouveau-Monde, des Amérindiens… et d’une nouvelle histoire à écrire !

Dans l’intervalle, je voulais vous partager un texte de l’écrivaine et poétesseRita Mestokosho. Issue de la nation des Innus, elle écrit ses textes en langue innu-aimun, qui signifie « être humain » et les traduit elle-même ensuite en français. Elle fait partie des écrivains dont JMG Le Clézio a dit qu’il se sentait proche dans son discours du Prix Nobel. L’amour de sa terre et de son peuple se ressent au détour de chaque ligne.

Sous un feu de rocher

J’ai appris à lire entre les arbres
À compter les cailloux dans le ruisseau
À donner un nom à tous les métaux
Tel que le quartz ou le marbre.

J’ai appris à nager avec le saumon
À le suivre dans les grandes rivières
À monter le courant de peine et de misère
Sans me plaindre et sans sermon.

J’ai appris à prendre le visage de chaque saison
À goûter la douceur d’un printemps sur mes joues
À savourer la chaleur d’un été sur mon cou
À grandir dans l’attente d’un automne coloré et long.

Mais, c’est uniquement sous un feu de rocher
À l’abri d’un hiver froid et solitaire
Que j’ai entendu les battements de la terre.

Canada_foret