The late bloomers

Vous rappelez-vous de cet article du mois de juin ? Je vous racontais certaines réactions lorsque vous osez dire que vous écrivez. Quand certains regards s’échappent et que des têtes se baissent…

« – Moi, j’aurais bien envie aussi, mais je n’ose pas. Je ne saurais pas faire… Et puis, il est trop tard maintenant… »

Non, il n’est pas trop tard !

Connaissez-vous les late bloomers ? Littéralement les floraisons tardives. En France, on dirait plutôt les vendanges tardives mais c’est parce que nous avons des racines bacchusiennes.

Le late bloomer est une personnalité qui révèle tout son potentiel à la maturité. Là où la culture française traduit late par « en retard ou trop tard », les anglo-saxons reconnaissent ces personnes qui réalisent leur destin, innovent, ou explosent de créativité à leur heure. Souvent mieux que les perce-neiges car sublimant leur expérience.

De Mark Twain au Prix Nobel de littérature Toni Morisson en passant par Cézanne, Louise Bourgeois, Vincent van Gogh, Miguel de Cervantes… Ils sont nombreux les talents éclos après trente, quarante, cinquante ou soixante ans…

Hokusai

D’autant plus qu’aujourd’hui on ne meurt plus à 35 ans, on peut mener une deuxième voire une troisième ou une quatrième vie. Et allons encore plus loin… Si en réalité, on avait une vie pour chaque âge ?

Mon premier roman a été publié l’année de mes 50 ans alors que j’ai écrit ma première histoire à l’âge de six ans. Dans mes heures sombres, quand je pense à tous ces bouts de romans abandonnés au fond de mes tiroirs, je me dis que j’ai perdu du temps, que je n’aurais pas dû m’arrêter d’écrire après l’adolescence.

Oui mais voilà ! J’avais d’autres priorités. Un couple heureux, deux enfants magnifiques à 18 mois d’intervalle, un métier passionnant… L’écriture est sortie de ma vie sans bruit. Et elle ne m’a pas manqué pendant cette belle période.

Puis, un jour, l’écriture m’a rattrapée, comme une impérieuse nécessité.

« – Il est trop tard maintenant… » me disent les gens.

Le « trop tard » peut arriver à tout âge. Mon « trop tard » à moi a failli arriver à 40 ans, puis à 48. Deux fois ! Alors non l’âge n’est qu’un prétexte, comme le temps que l’on n’a jamais en quantité suffisante.

Si on me donnait une baguette magique avec le pouvoir de changer mon passé, de gagner du temps… Je ne changerais rien, pas une virgule ! Même les épisodes les plus douloureux. Car tout ce que j’ai vécu fait que je suis qui je suis aujourd’hui.

Foret3J’ai eu besoin d’une moitié de vie pour prendre conscience de ce que je voulais réellement dire et faire, une moitié de vie pour m’engager sur le chemin que je voulais prendre vraiment.

Alors quel bonheur aujourd’hui, de cheminer pleinement consciente du temps qui est passé et qui m’a été donné, du voyage qui sera de toutes façons trop court, de l’urgence d’en savourer chaque pas et chaque caillou.

Pour conclure ce billet un peu long, j’ai une autre nouvelle à partager, une découverte que j’ai faite sur ce chemin : « Personne d’autre que vous ne vous empêche de prendre la voie que vous voulez. » Alors, qu’est-ce que vous vous en dites ? Avez-vous l’intention de faner avant d’avoir fleuri ? Allez-vous rejoindre le cercle très ouvert des Late Bloomers ?

 

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23 réflexions sur “The late bloomers

  1. Pingback: La saison des Late Bloomers | Élisa Tixen, blog d'auteur

  2. J’adhère complètement à cet article, comme une impression de miroir. Ces écrits laissés de côté, ces deux enfants, ce besoin impérieux d’écrire. Et mon premier roman publié à presque quarante ans… Bravo c’est génial et j’espère que ceux et celles qui doutent encore, tentent l’aventure

  3. Voilà qui donne de l’espoir à certaines personnes (que je ne nommerai pas) qui écrivent trèès trèès lentement et qui pourraient bien ne pas finir leur premier roman avant leurs 80 ans 😉

  4. Une nouvelle expression pleine de poésie et d’espoir! Je m’escrimai à demander aux parents de mes jeunes élèves de les laisser prendre leur temps….chacun son rythme, même à l’âge adulte! Merci pour ce partage.

  5. Quel magnifique témoignage Elisa ! Merci de nous rappeler que l’important n’est pas le but, mais le chemin et que l’on peut se réaliser à tout âge. Tu le dis si merveilleusement bien 🙂

  6. « Un temps pour tout » écrivait déjà l’Ecclésiaste. Juste être ouvert aux propositions de la vie, accueillir les possibles, oser ses choix personnels… Ecrire à la cinquantaine, c’est être à la moitié de sa vie ! Ravie de poursuivre à tes côtés !

  7. Aaaah oui alors ! 🙂 Quel joli rappel ! 🙂
    J’aime bien « late bloomers » c’est poétique, très cottage anglais 😉
    j’ai tendance à dire plus facilement : « C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe » 😉 😀
    Mais c’est vrai qu’il faut souvent jouer des coudes dans tous les domaines quand on commence à prendre de la bouteille… car on a une société qui nous balance son jeunisme en pleine figure façon tarte à la crème !
    Je pense (et je dis) : pour tout… que cela soit pour l’écriture, ou le saut en parachute ou reprendre des études universitaires ou devenir/être/faire n’importe quoi, se mettre des cales juste pour une question d’âge -qui serait canonique pour certains- … grrrr 😉 c’est comme couper la branche sur laquelle on est assis !! 😮 pfff
    On se retrouve plus vite que prévu ad patres 😈 😉

    Je crois dur comme fer qu’on ne faut présumer de rien, même si en apparence on pourrait croire que c’est tout foutu…. les voies de l’inconscient et de l’univers sont impénétrables…. 😉 😀

    Sur ce, je te bise ma Chère Elis….aaah 🙂

  8. quelle magnifique ode à la vie ! tu pourrais publier dans ma rubrique « coach » !!!! je partage tout ce que tu écris à 200% ! ce qu’on écrivait à 20 ans n’a rien à voir avec ce que nous écrivons aujourd’hui….

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