La médiathèque de Carbon Blanc près de Bordeaux organisait en novembre une série d’événements consacrés à Federica Montseny, militante anarchiste, première femme espagnole à devenir ministre.

Un seul semestre à la tête du ministère de la Santé entre 1936 et 1937 mais pendant ce court laps de temps, Federica Montseny instaure des lieux d’accueil pour orphelins, des cantines pour femmes enceintes, des liberatorios (maisons de reconversion) pour les prostituées, une liste de professions ouvertes aux handicapés… Elle demande aussi au docteur Félix Martí Ibáñez de rédiger le premier projet de loi en faveur de l’avortement.

Toutes ses actions ne seront pas mises en œuvre à grande échelle mais elle a donné une impulsion historique pour les politiques sociales futures.federica_montseny_l_indomptable

Dans le cadre de cet hommage, Marie-Laure Fray m’a invitée à animer un atelier d’écriture sur le thème « Femmes et engagement ».

J’adore les ateliers d’écriture. Dès que l’occasion se présente, je fonce. C’est l’occasion de sortir de ses schémas, de découvrir d’autres horizons. L’occasion aussi de partager entre pratiquants d’une activité parfois bien solitaire.

Je n’ai pas réfléchi, j’ai dit oui. Une expérience nouvelle, sur un sujet passionnant, dans un cadre où je prends génératlement beaucoup de plaisir…

J’avais juste oublié que cette fois-ci, c’était à moins de créer les conditions du plaisir d’écrire. Que de nombreux et prestigieux auteurs se sont succédé pour animer les ateliers de la médiathèque dont Hervé Le Corre, Renaud Borderie, Lionel Germain, critique littéraire spécialiste du polar au journal Sud-Ouest…

Non je n’ai pas le trac !

20h. Ils sont là, ils sont venus. Hommes, femmes, jeunes de 16 à 71 ans. Curieux ou écrivants avertis, habitués des ateliers. Il y a même un animateur confirmé. Pas moins de seize personnes, leurs regards braqués sur moi, cahiers ouverts, prêtes à dégainer leur stylo.peur_fuir

Là, j’ai le trac ! Vite ma couette, courir, fuir, disparaître…

Nous nous présentons, vous vous présentez… Tout le monde sourit, contents d’être là. Je respire.

Et puis la magie de l’écriture se met en mouvement. Première consigne pour dérouiller les neurones, les stylos hésitent, puis s’animent. Deuxième consigne, le tempo est donné. Troisième, ah ah… on monte crescendo vers l’objectif.

Enfin, on y est. Écrire un texte mettant en scène un personnage féminin qui affirme son engagement envers et contre tous. Deux scénarios au choix pour guider la créativité, une ou deux contraintes pour le fun… C’est parti !

Un moment de réflexion puis les stylos s’activent. Le temps s’écoule, fébrile, les feuilles se noircissent sans faiblir. 20 minutes c’est court pour écrire un texte, on n’a pas le temps de réfléchir. Tant mieux, se laisser porter par son intuition, par le flux créatif qui donne naissance aux personnages, qui façonne l’histoire…

Le dernier temps de l’atelier est arrivé. Celui du partage. Tous ceux qui le souhaitent lisent leurs textes, les offrent en cadeau aux autres. Prendre conscience de la diversité des voix, du pouvoir de transmettre des émotions fortes, de la performance à construire un récit même imparfait en si peu de temps…

Une sauterelle ninja du 9-3, Loya l’indienne se libérant par l’œil d’un Olympus, une jeune mongole prisonnière d’une vie de yourte, des personnages s’engageant vers l’humanitaire pour de bonnes ou de mauvaises raisons, une capitaine de police, des femmes qui se battent pour leur enfant, Pénélope au cœur de la rue…

Il s’est raconté de si belles histoires mardi à Carbon Blanc. Bravo à tous !

atelier