Autopsie d’un stage POLAR

Vous mouriez d’envie de savoir ce qui s’est passé lors de ce stage POLAR ? Allez j’avoue, c’était une tuerie. Et je vous dis tout.

Ce tout a commencé par une question très simple.

POLAR, Thriller… Quelle différence ?

Au-delà des définitions conceptuelles, j’ai aimé la distinction que fait Nadia Bourgeois : le polar est une enquête criminelle menée par un enquêteur officiel alors que dans le thriller, un citoyen lambda (vous, moi, mais plutôt vous je préfère), un citoyen ordinaire donc, attire l’attention d’un criminel contre lequel il devra lutter, seul, pour s’extirper de ses griffes maléfiques.

La mécanique du POLAR

Si j’ai abandonné dans un vieux tiroir mes brouillons de polar ou de thriller, c’est que j’ai un gros problème avec la mort et la torture. Je devrais demander à Jean-Christophe Grangé ou à Franck Thilliez comment ils font pour écrire ces scènes avec tant de précision.

Quand j’écris, je me mets dans la peau des personnages, je vis leurs émotions. Or, m’incarner en psychopathe qui prend plaisir à tuer ou en victime qui subit des tortures, c’est plus fort que moi, je n’y arrivais pas…

Je craignais ce blocage mais lors du stage, nous nous sommes surtout intéressés à la mécanique du POLAR : le trio infernal ENQUÊTEUR-CRIMINEL-VICTIME(S), l’enquête, les fausses pistes, les suspects, les mobiles, les témoignages, les mensonges, le faux coupable, le vrai coupable…

La mécanique du POLAR est bien connue par tous les amateurs du genre. Pourtant, ce serait trop simple s’il suffisait d’assembler tous ces ingrédients pour écrire un polar efficace. EFFICACE ! Voilà le maître mot.

Qu’est-ce qui fait la différence entre un polar qui nous tient en haleine et celui qui est cousu de fil blanc ?

Damned… Je dévoile tout trop vite et la réponse est dans la question bien sûr ! Bâtir une histoire noire avec du fil blanc est aussi visible qu’un feu d’artifice dans la nuit.

L’art du POLAR

L’art de l’auteur de polar réside en grande partie dans sa capacité à camoufler le fil de son intrigue au milieu d’un écheveau fluorescent qu’il agite sous le nez du lecteur pour l’entraîner dans la mauvaise direction, c’est-à-dire loin du vrai coupable.

L’art du lecteur de polar est de tirer le bon fil, celui qui relie au coupable.

Entre l’auteur et le lecteur, le contrat est tacite mais réel : désorienter oui, mais ne rien dissimuler de majeur, ce qui empêcherait de démasquer le coupable avant la fin. Ce serait considéré comme une tricherie qui enverrait directement le polar dans un trou sombre au fond du jardin.

C’est là le grand intérêt que j’ai trouvé dans l’écriture du polar : cette connivence avec le lecteur sur l’information à lui donner, sur la meilleure façon de faire monter le suspense, de dévoiler peu à peu le mystère pour qu’il s’exclame à la fin « Mais c’est bien sûr ! ».

Pour moi, un bon POLAR est un puzzle où s’affrontent les noirceurs de l’âme humaine dans un duel qui monte crescendo, où rien n’arrive par hasard ni par la magie des nouvelles technologies.

Portrait robot d’un auteur de polar

La première noirceur humaine avec laquelle l’auteur de polar joue, c’est avec la sienne. Plus machiavélique que l’assassin et l’enquêteur réunis, il tue de manière préméditée, prend plaisir à manipuler les autres, à mentir, à transgresser les lois et la morale… Ce qu’il ne fait pas dans la vraie vie, bien sûr.

Écrire, c’est avoir le droit de vie ou de mort sur ses personnages. Écrire un polar, c’est avoir le devoir de décider qui vit et qui meurt.

Et j’avoue, c’est franchement jubilatoire de jouer les Parques, sang froid et cœur noir, comme j’ai pu l’expérimenter ce week-end.

Le stage POLAR, une tuerie !

Participer à un stage d’écriture, c’est s’extraire de son quotidien, s’accorder du temps pour soi, pour écrire. C’est partager avec d’autres cette passion somme toute solitaire qu’est l’écriture. D’autres qui comprennent ce que vous vivez. Un stage d’écriture, c’est aussi l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques pour mieux écrire, de découvrir d’autres horizons.

Vous l’aurez compris, je suis fan des stages d’écriture et je participe dès que je peux. Celui-là est l’un des meilleurs que j’ai vécus. J’y ai vécu une expérience qu’aucun livre ou guide d’écriture ne peut apporter. Je vous raconte.

Nous voilà 4 apprentis-criminolologues sous la houlette de Nadia Bourgeois. Par ses questions, par nos échanges, nous avons été poussés chacun dans nos retranchements pour laisser émerger le meilleur de notre histoire.

Pas question de tuer propre ou sans raison ! Nous avons mis en scène de vrais méchants au cœur tendre et de vrais gentils border line. Tricoté des neurones pour semer de faux cailloux blancs, disséqué les mobiles, découvert les poisons et l’importance des projections de sang…

Avant ce fameux samedi, nous ignorions tout de cette histoire que nous allions construire. Nous avons passé deux jours à : « essayer de nous imprégner de tout ce monde que nous ne connaissions pas la veille et qui venait de surgir dans notre vie » (d’après Simenon).

Et nous nous sommes beaucoup amusés, sans même avoir l’impression de travailler. Pourtant, le dimanche soir, nous sommes repartis chacun avec notre synopsis et une énorme envie d’aller au bout de ce POLAR.

Albane, Stéphanie, Christophe, je récidive quand vous voulez 🙂

Stage POLAR Nadia Bourgeois

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24 réflexions sur “Autopsie d’un stage POLAR

  1. Bonjour Elisa
    Comme tu as du passer un bon week-end et toi amuser à ce stage polar. Merci pour tous ces détails et tes conseils mais moi, personnellement, le polar n est pas mon truc. Ni à lire, ni à écrire. Je serai plutôt la romantique à l eau de rose donc les meurtres et le reste, pas trop pour moi . Par contre, il est certain, que toi ça va te donner encore plus d envies et d idées….alors le thème de tes prochains livres est déjà choisi….
    Je te souhaite de prendre encore plus de plaisir à écrire des belles choses..
    Passes une bonne journée et gros bisous. Annick

    • Hello Annick ! Oui c’était très chouette et je crois savoir que Nadia Bourgeois pense à proposer le même stage sur le thème de la comédie romantique si le coeur t’en dit… Gros bisous, à bientôt 🙂

  2. Bonsoir Elisa,
    J’ai pu entendre de vive voix et ceci hier en vous rencontrant toi, Nadia Bourgeois et une troisième écrivain, que les moments que vous avez passés lors de cet atelier furent tellement riches. Comme je suis contente pour toi et cet atelier, qui, je l’espère saura se renouveler à une autre occasion.
    J’ai lu ton article tellement bien analyser où le fil rouge se tend entre toutes les couleurs par lesquelles je puis passer en tant que lectrice du genre 😉
    Bravo pour cet atelier, et pour ce qu’il t’a apporté. Je sais que avez été prolixe en recherche des mots 🙂
    Vous m’avez toutes les deux bien fait rire. 🙂
    Heureuse de t’avoir rencontrée. Suis toujours à Bordeaux, journée d’investiture oblige, suis restée scotchée au poste de télévision. 😉
    A bientôt lors d’une prochaine rencontre peu importe le sujet, la raison, l’évènement.
    Bises.
    Geneviève

  3. Merci Elisa pour ce retour et ton lien ! J’ai juste une tête de dépressive sur cette photo. Ce doit être lié à l’accumulation de de tous ces crimes atroces commis à l’atelier. Bisous ! 🙂

  4. Hello Élisa comme c’est excitant ! C’est drôle tout comme toi au départ, l’idée d’imaginer, de créer de sombres personnages dans un univers glauque me répugne assez (pour le moment) ; cependant je comprends ton emballement car je suis comédienne de formation et selon moi, il n’y a rien de plus jubilatoire et libérateur que de jouer les affreux, « les méchants » ! Bon alors M…. pour la suite ! Biz

  5. Les filles, j’ai beaucoup aimé votre concept…
    Petites précurseuses va !
    J’adhère…
    Elisa, Nadia, un bisou… juste un (mais raffiné), de Touraine…
    Tony.

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