Pourquoi écrire des nouvelles ?

Nous sommes nombreux à écrire des nouvelles.
J’avoue, j’adore écrire ces textes courts. Ce sont mes récréations. Alors qu’écrire un roman nécessite de suivre une ligne pour ne pas perdre le fil, écrire une nouvelle permet toutes les libertés. Même si la nouvelle est un genre très exigeant.

La nouvelle est un genre avant d’être un format.

Pour Émile Zola, « la nouvelle est une nouvelle, qu’elle ait cinquante pages ou qu’elle en ait trois cents ». Pour Edgar Allan Poe, la nouvelle est un récit qui doit se lire en deux heures maximum. Charles Baudelaire a écrit dans sa préface des « Nouvelles histoires extraordinaires de Poe » que la nouvelle « a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. Cette lecture, qui peut être accomplie d’une traite, laisse dans l’esprit un souvenir bien plus puissant qu’une lecture brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des intérêts mondains« .

Le vrai défi de l’écriture de nouvelles, c’est cette double exigence de brièveté et d’intensité.

Dans un roman, vous avez le temps de développer l’intrigue et de placer vos personnages dans des situations multiples. Dans une nouvelle, le récit se cristallise sur un moment clé de l’histoire d’un personnage. Un instant crucial où son destin se joue tout entier.

Rien, en dehors de ce moment, n’a d’importance. Il n’y a pas de place pour les envolées lyriques. Chaque action doit contribuer à l’intrigue, chaque mot doit porter et claquer.

Pareille à un round de boxe, l’intrigue est intense, elle ne laisse pas le lecteur respirer. Jusqu’à la chute, percutante, qui éclaire d’un jour nouveau tout ce qui s’est passé avant. À la fin de la lecture, la nouvelle laisse le lecteur en vie mais étourdi, presque sonné.

La nouvelle est quelque chose qui peut se lire en une heure et se souvenir une vie entière. Stephen Vincent Benet

Et vous, est-ce que vous aimez écrire des nouvelles ?