Il y a des jours où tout roule. Quoique l’on décide, les choses avancent. Où que l’on veuille aller, on va encore plus loin…

Et il y a des jours, heureusement moins nombreux, où rien ne bouge. Il faut une force de titan, juste pour faire un pas chancelant. Ce qui impulsé ces jours-là ne conduit qu’à des impasses, voire à des reculades…

On le savait, on le craignait, mais on agi quand même. Soit par peur de perdre du temps, soit à cause d’un sentiment de culpabilité lié au péché d’oisiveté… Quelle que soit la raison, ces jours-là, on aurait mieux fait de ne pas se lancer.

Aujourd’hui est un de ces jours-là. Je l’ai reconnu de suite, dès que mes orteils ont heurté le pied de lit, que le parfum a taché mon chemisier, que le bus est passé sous mon nez… Dès que j’ai ouvert mon premier fichier et que la page m’a éblouie de sa blancheur insolente. Oui je t’ai reconnu, VJM (Vrai Jour de M…).

Et c’est le bon moment pour te dire que je ne t’en veux pas. Car je sais maintenant que tu arrives quand je suis allée trop loin, que les dossiers me submergent et qu’il est temps que je pose mon cerveau, que je souffle, que je respire.

Alors au lieu de travailler sur mon roman (qui avance eh eh), je me suis offert une parenthèse et j’ai écrit des listes.

Écrire une liste est l’un des outils les plus puissants que je connaisse quand je sens que je tourne en rond. Elles donnent un support à l’ennui, pas le morose dépressif, non celui qui libère la tête et invite au rêve et à la créativité.

J’ai donc écrit des listes d’envie, des listes à faire ou à défaire, des listes à se souvenir…

J’ai aussi écrit une petite liste à la mode d’Henri Michaux. Elle commence par « Je vis »

« Je vis une crème renversée et du lait se sauver. Je vis un café crème embrasser deux sucres. Une tasse ébréchée où les cuillères tournent en rond.

Je vis une poubelle renversée, le couvercle cassé, les sacs éventrés. Je vis les chats affamés.

Je vis une main cramponnée au stylo, un doigt suspendu vers le haut, un bras tordu dans le dos.

Je vis un ange sans aile.

Je vis un carré dans un cube et deux cercles dans le même rond. L’homme de Vinci habillé de coton et une roue qui tourne sans rebond.

Je vis une girafe veiller sur son nid.

Je vis une scène, un ménage, du théâtre. En arrière-cour, des pavés. Une plage sans vagues. Du sable sans sel. Du grain sans folie.

Je vis un homme qui ne vit qu’elle »

 

Et vous, vous faites quoi pendant vos VJM ?