Depuis l’automne 2016 en Finlande, les enfants scolarisés n’ont plus besoin d’écrire à la main. En Suède, les scientifiques pensent que les capacités motrices des enfants ne leur permettent plus d’écrire des lettres calligraphiées.

Quand je lis ce genre d’informations, je me dis -j’espère- que cela participe de l’évolution de l’homme mais d’autres études scientifiques (nombreuses) démontrent l’intérêt de l’écriture manuelle pour notre cerveau (et pas seulement pour écrire sa lettre au Père Noël).

Vous pourriez penser qu’il ne s’agit pas aujourd’hui d’un article très original, ces études ont déjà été publiées à plusieurs reprises sur plusieurs sites Internet. Ce qui m’a alertée, c’est qu’ils sont tous écrits sur la forme négative. Or, puisque l’on parle neurosciences, et sachant que le cerveau ne gère pas le négatif, j’ai souhaité les réécrire sur un mode positif.

Voici donc les 7 compétences que l’écriture manuelle permet de développer :

1. Ceux qui écrivent à la main lisent mieux et plus facilement.
L’écriture manuelle active les zones du cerveau responsables de la formation du langage et de l’interprétation des sensations. En écrivant à la main, on développe sa motricité et sa coordination.

2. Ceux qui écrivent à la main mesurent mieux à l’œil nu et sont plus agiles de leurs mains.
En Chine et au Japon, les calligraphes étaient souvent engagés comme archers. On leur reconnaissait la capacité de concentrer leur attention pendant un long moment sur un seul objet, ce qui décuplait la précision de leurs gestes et leur souplesse. De même qu’un trait sur le papier, on ne peut pas rattraper une flèche mal tirée.

3. Ceux qui écrivent à la main sont plus aptes à comprendre un texte manuscrit.
La lecture des caractères imprimés demande un fonctionnement moins important du cortex des hémisphères cérébraux parce que nous comprenons tout et n’avons pas besoin d’activer la pensée associative pour déchiffrer les lettres.

4. Ceux qui écrivent à la main font plus attention à l’orthographe, à la ponctuation et à la grammaire. Les correcteurs orthographiques associés à tous les appareils numériques, ordinateurs, smartphones… nous ont fait relâcher notre vigilance et manquant d’entraînement, notre connaissance des règles s’estompe.

5. Ceux qui écrivent à la main expriment mieux leurs pensées avec des mots.
L’écriture sur un clavier s’apparente à un flux de pensée, façon brainstorming. Inutile de réfléchir en profondeur puisque l’on pourra changer à volonté tout ou partie de la phrase. De son côté, écrire à la main nécessite de penser en amont à la phrase entière avant de pouvoir l’écrire, sous peine d’avoir à la réécrire. C’est ainsi que le fait d’avoir à anticiper ce que l’on va écrire développe notre mode de raisonnement et notre capacité d’abstraction.

6. Ceux qui écrivent à la main développent leur imagination.
La préhension tactile du stylo favorise la connexion avec le sujet et le mouvement de l’écriture manuelle facilite l’analyse et la réflexion. Le geste d’écrire, plus lent que celui de taper du bout des doigts, donne également le temps de s’attarder, de laisser s’envoler ses pensées, d’explorer des idées inattendues…

7. Ceux qui écrivent à la main accroissent leur mémoire et leur capacité à apprendre.
L’écriture manuelle est l’un des moyens les plus efficaces pour ancrer un sujet dans sa mémoire car elle donne le temps à notre cerveau de mettre en évidence les points principaux. Cette réflexion parallèle à l’acte d’écrire installe une stimulation intellectuelle modérée mais prolongée, plus efficace qu’une sollicitation exceptionnelle et intense.

Récapitulons, écrire à la main permet donc de :
1.  lire plus facilement,
2. être plus habile dans ses gestes,
3. mieux comprendre les textes écrits,
4. avoir une meilleure orthographe,
5. mieux mettre ses idées en mots,
6. développer ses capacités créatives,
7. augmenter sa mémoire et ses capacités d’apprentissage.

Alors au risque de passer pour une « c’était-mieux-avant », je dirais que l’écriture manuelle va à l’encontre de la croyance que tout progrès est bénéfique.

Par le passé, l’homme a survécu en s’adaptant, c’est-à-dire en acquérant des capacités nouvelles (la préhension, le langage…) et en en abandonnant d’autres (notamment sensorielles paraît-il). Mais, dans le cas présent, j’ai beau chercher, je ne vois pas la compétence que nous allons acquérir et qui surpassera ces sept talents typiquement humains.

Soyons francs entre nous. Je suis auteure mais je n’écris plus totalement mes histoires à la main, le traitement de textes est devenu mon meilleur ami. Pourtant, je m’astreins à écrire à la main chaque jour, quand j’ai besoin d’organiser ma pensée, quand je commence un billet de blog, une nouvelle ou un nouveau chapitre de roman.

Et vous, vous faites comment ? Est-ce que vous écrivez encore à la main de temps en temps ? Est-ce que vous faites écrire vos enfants à la main ?