Depuis plusieurs jours aux allures de semaines, j’ai l’impression de vivre dans un livre de Philip K. Dick. Dans ses romans, cet auteur de science-fiction met souvent en avant le thème de richesses naturelles et vitales pour l’humain (l’air, l’eau…) captées par les puissants et soustraites au peuple quand ce n’est pas le peuple lui-même qui sert de ressources (organes pour les greffes…).

Nous voilà donc confinés comme dans un roman de K. Dick, interdits de sortir pendant que nos dirigeants instaurent lois d’urgences et lois martiales. Heureusement, nous ne sommes pas dans une fiction et nous gardons le contact avec la réalité, la télévision, les réseaux sociaux… qui nous informent à toute heure et de façon éclairée de l’évolution de la situation. Car la fiction ne peut pas rejoindre la réalité, n’est-ce pas ?

Laissons-là la politique. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’humain.

Et les questions qui me préoccupent sont celles-ci. Gardons-nous le contact entre nous ? Prenons-nous des nouvelles de nos proches soudain si loin ? Proposons-nous notre aide à nos voisins ? Sommes-nous soucieux de ceux qui vivent à nos côtés, de ce qu’ils ressentent dans les confins de leur cœur ? Ou dans le nôtre ?

Ceci n’est pas une parenthèse. Cette période très particulière annonce un changement de société dans un monde qui était déjà fort malade avant d’être infesté par ce virus. Un changement que nous n’avons pas voulu / su /pu amorcer. Alors l’univers s’en est chargé.

Ne pas écouter les signes que nous envoie notre planète, c’est signer notre fin à tous.

Alors j’écoute, je ressens et j’attends. Impuissante et confinée, je vis par procuration. J’applaudis aux élans de solidarité, et ceux qui risquent leur vie pour nous. Je pleure quand j’entends les drames derrière les chiffres. Je m’indigne devant les délires complotistes, les querelles politiciennes et les messages haineux anti-personnel soignant par peur de la contamination. Scandalisée quand certains profitent du contexte pour ajouter du mal au mal, voler, agresser, spéculer… Mais putain ! Vous faites quoi là ?

Et puis je réfléchis.

Que sortira-t-il de ce printemps 2020 ? Je suis bien incapable de le dire. À notre niveau, le virus a épargné tous nos proches et fait exploser nos rêves de tour du monde, de cette année d’expériences en liberté pour laquelle nous avions tant travaillé.

Up and down. Nous voilà sur le quai, à devoir retrouver une routine qui déjà, dans nos têtes, n’existait plus. Sans maison, sans repères, l’espoir rimant avec noir, l’insouciance avec… rien.

Comment sortirai-je de ce printemps 2020 ? Je suis bien incapable de le dire. Ce tour du monde avorté, faut-il le réactiver ? Ou au contraire, s’orienter vers un autre projet, celui-là ne nous était pas destiné…

Ne prendre aucune décision malgré l’envie que j’en ai. Attendre, patienter, rester en veille, éveillée… Juste envie que ces trois petits points se prolongent, qu’il y ait quelque part un beau projet auquel je puisse participer, un beau projet pour notre planète et pour l’humanité…

Et vous, comment ça va dans vos vies et dans vos têtes, dans vos peurs et dans vos envies ?

Prenez soin de vous,

Elisa

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Philippe K. Dick, premier et unique auteur de science-fiction publié au sein de la prestigieuse collection classique de la Library of America, équivalent américain de La Pléiade.

Nombre des histoires de Philip K. Dick sont des critiques sociales à l’atmosphère très sombre dénonçant le cynisme des puissants qui imposent une réalité fictive pour manipuler les peuples. Ses héros sont alors en charge de démasquer le faux qui régit ce monde, et qui est perçu comme le vrai.

Certains pensent que ces thèmes proviennent directement de la paranoïa qui marquait la santé mentale fragile de Kick, notamment en raison de sa consommation d’amphétamines et autres médicaments. Mais cette idée est contestée, étant donné la cohérence et la complexité narrative des œuvres de l’écrivain.

Ces thèmes sont particulièrement présents dans les nouvelles : Jeu de guerre (War Game, 1959), Souvenir à vendre (We Can Remember It for You Wholesale, 1966 – Total Recall au cinéma), ainsi que dans les romans : Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? La Vérité avant-dernière, Le Dieu venu du Centaure, le Maître du Haut-Château ou Ubik… 

Source : Wikipédia mais je suis d’accord avec tout !