Survivre aux côtés d’une artiste

Il y a deux siècles et des poussières, Pierre-Joseph Proudhon déconseillait aux hommes d’épouser une artiste pour 3 raisons : parce qu’une artiste se doit à son public, parce qu’elle pourrait s’attribuer le mérite de son talent et parce qu’elle pourrait gagner sa vie sans rien devoir à son mari.

Il semble loin également le temps où Virginia Woolf plaidait pour que les femmes artistes se procurent Une chambre bien à soi et 500 livres de rentes.

Aujourd’hui, les femmes sont sorties de leur condition de muse et peuvent s’adonner en liberté à l’art de leur choix.

Pourtant, il faut bien l’avouer, ce n’est pas toujours facile de vivre à nos côtés. Il y a ces moments de désespérance où la confiance en soi gît au plus profond, ces moments d’euphorie où l’on croit avoir compris le sens caché du monde, ces entre-deux laborieux où l’on nous entend soupirer et pester…

Il n’y a pas beaucoup de fleuves tranquilles dans nos vies.
Vous êtes nos ports, nos havres, nos îles désertes.
Sans vous pour nous rassurer quand nous avons peur d’échouer ou de réussir,
Sans vous pour nous aimer quand nous devons nous affronter,
Sans vous pour nous attendre quand nous nous absentons en créativité,
Sans vous pour nous relier au monde,
Nous n’aurions pas cette liberté de devenir fou ou autre l’espace d’une page ou d’une toile.

Cette semaine, c’était notre anniversaire. Le 25 mai 1985, nous nous sommes dit OUI et je n’ai pas de mots assez forts pour te dire merci. Merci d’être toujours présent, 36 ans plus tard, toi avec tes crampons, moi avec mes crayons.

Dans mes rêves
Entre tes bras
Nul autre que toi
Invite-moi
Sauvons-nous