Noir at the Bar

Acheter un livre, c’est un rituel de séduction. Se laisser attirer par une couverture, un titre. Aller un peu plus loin en lisant la quatrième de couverture, feuilleter quelques pages… Et puis le geste final, garder le livre dans sa main, l’emporter avec soi.

Acheter un livre, c’est croire à une promesse. Lorsqu’on achète un polar ou une romance ou un récit historique, lorsqu’on choisit un auteur déjà connu, on sait quel type de voyage on veut vivre et on s’en réjouit d’avance.

Si le livre n’est pas à la hauteur de ces attentes, c’est plus qu’une déception, un rendez-vous manqué, une trahison. La peur d’une mauvaise expérience peut nous rendre méfiants.

Depuis les différents confinements, de nombreux achats de livres se portent vers des valeurs sûres. Les maisons d’édition l’ont bien compris et rééditent de nombreux classiques. Les auteurs moins connus peinent à remporter l’adhésion des lecteurs…

Mais où est passé notre esprit d’aventure, notre soif de découverte ?

Acheter un live, ce n’est pas seulement pour vivre ou revivre la même expérience, qu’il s’agisse de vibrer au rythme d’une belle histoire d’amour ou frissonner de terreur au gré de thrillers torturés. Acheter un livre, c’est aussi découvrir d’autres mondes, d’autres plumes.

Après Los Angelès et New York, Noir at the Bar arrive à Bordeaux. L’idée, c’est de venir écouter des auteurs lire un extrait de leur roman (policier comme l’indique le titre), de pouvoir échanger avec eux dans un contexte ludique, un bar, quelques chips et une pinte de bière.

La 2ème édition avait lieu lundi dernier au Ramblin Man, sur les quais, de 19 à 22h. Je n’ai pas vu le temps passer !

J’ai découvert des premiers romans, comme Milliame Vendetta de Bernard Muñoz, ou l’humour féroce du recueil de nouvelles Presqu’îles de Yan Lespoux, jusqu’alors connu pour son blog Encore du noir et pour animer La Machine à polars.

J’ai découvert aussi une super série policière se déroulant à Bordeaux : Rouge Bordeaux de Virginie Bougant. Lecture en cours, début prometteur en termes de rythme et d’intrigue, je recommande.

La jeunesse n’était pas exclue avec Une histoire de chiens de Laly Chame. Celui-là, je l’ai acheté aussi pour offrir à mon petit-fils, sensible à la souffrance animale.

Deux auteurs ont également accepté de partager avec nous des extraits de leur roman en cours : Vengeance de Philippe Charrac, flic le jour et écrivain la nuit ou l’inverse, qui sortira en mars aux éditions Cairn et Yvan Robin dont le dernier ouvrage, Après nous le déluge, vient d’être publié aux éditions In8.

Il n’y avait pas de séances de vente ensuite ni de dédicaces, mais un quizz sous forme de blind test de séries policières très animé et des livres à gagner. Le plus beau cadeau cependant, c’était ces lectures qui ont réveillé ma curiosité. Peut-être serai-je déçue mais c’est le risque lorsqu’on sort des sentiers battus. Un prix à payer pour de nouvelles explorations exaltantes.

Alors si vous offrez des livres à ceux que vous aimez pour Noël, n’hésitez pas à glisser avec le dernier best-seller top n°1 des ventes, le roman d’un auteur moins connu à découvrir.

Psiiiittt : Il paraît qu’il y aura d’autres soirées bordelaises Noir at the Bar…
Venez, c’est un chouette moment.