Dessein d’une courbe

Qu’est-ce qu’une courbe, sinon la partie la plus belle et la plus dynamique d’un cercle, un croissant de lune, le galbe d’un corps ou celui d’une montagne, un virage inattendu, un arc de cathédrale ou de ciel.

Partant du principe qu’un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, nos penseurs s’en sont emparés pour décoder nos mystères, comme la courbe du deuil ou celle de la conduite de projet, si courante dans les entreprises. Oui, oui, il y a des moments et des endroits où l’on courbe beaucoup, surtout le dos…

Cette semaine, après ma frénésie ménagère, j’ai bouclé la première version de mon manuscrit.
Vous ne m’avez pas vue sauter partout, je vous laisse imaginer, c’est mieux.

C’est toujours la partie la plus difficile pour moi. Cracher mes mots sur la page et savoir qu’il n’y a pas grand-chose de propre dans ce que j’écris. Les mots sont moches, ils le savent et ils m’appellent au secours ou alors ils hurlent comme dans une manifestation ou un match de football : « Aux chiottes, l’auteure ! ».

Et moi, je dois faire semblant de ne rien entendre, résister à mon envie de leur jeter une bouée dégonflée et continuer d’enlaidir mes pages. Puis retrouver mon vilain petit canard de manuscrit dans quelques semaines / mois, le temps de prendre du recul et, promis-juré, je le sortirai alors du bourbier où je l’ai plongé pour en faire la meilleure histoire possible.

Donc voilà, cette phase, douloureuse pour tout le monde, est terminée. Et finalement, grâce à la résidence, ça a quand même été plus facile que d’habitude. Mais je vous avoue que pour l’instant, j’ai épuisé mon stock de mots.

Le temps de les rechercher, sur le bout de ma langue ou ailleurs, je vais laisser ces jolies courbes illustrer les longs processus d’écriture que traversent les auteurs pour transformer 80 000 signes en un roman qu’ils seront fiers de porter.

À bientôt,
Elisa