Publié dans Astuces d'écriture

Ateliers, je vous aime

Qu’est-ce qu’un atelier ?

Beaucoup vous diront que c’est le local d’un artisan, qui travaille de ses mains. Mais le Lexilogos (pour moi, le meilleur des dictionnaires en ligne) indique que c’est aussi un chantier où l’on construit, une loge de francs-maçons, l’endroit où plusieurs élèves travaillent sous la direction d’un maître artiste…

Un atelier d’écriture, c’est un peu tout cela à la fois, un endroit où l’on travaille, où l’on se réunit entre membres de la même secte passion, où l’on apprend son art sous la direction d’un maître qui vous propose toutes sortes de situations, avec pour objectif de faire vibrer votre imaginaire et de vous faire jouer avec les mots et les intrigues. Et cela fonctionne !

Comme la liberté, la créativité se nourrit d’espaces et de frontières. Des lignes de contraintes à contourner, surmonter, transgresser… Quand le champ des possibles est trop vaste, l’action se trouve paralysée.

Imaginez que je vous tende une feuille blanche en vous disant : « Tiens, écris ce que tu veux ». Combien y-a-t-il de probabilités pour qu’un grand trou noir se forme devant vous ?

Par contre, si je vous dis : « Écrivez l’histoire d’un petit garçon ou d’une petite fille qui s’est endormi(e) dans son lit et se réveille le matin dans une étable ». Je suis certaine que des images commenceront à apparaître avant même de saisir votre stylo : le visage de l’enfant ensommeillé, la chaleur de la paille, l’odeur musquée des co-locataires animaux…

Ne croyez pas que toutes les consignes sont plaisantes. Mais si l’une d’elles dérange, c’est plutôt bon signe, signe qu’elle nous embarque loin de notre zone de confort.

J’adore ces quelques secondes en suspens pendant que l’animateur se prépare à énoncer la contrainte qu’il a préparée. Suspense et trac, le défi est lancé. Est-ce que je vais réussir à raconter une histoire à partir de ces quelques mots ? Est-ce que cette contrainte va m’inspirer, me bouleverser ?

C’est la raison pour laquelle je continue à participer aux ateliers d’écriture. Pour sortir de mes mots, trop familiers, parfois trop faciles. Franchir certaines frontières que je m’inflige inconsciemment, explorer des territoires inconnus…

Ma dernière expérience en juin a été géniale sur tous ces points. Il s’agissait d’un atelier intitulé : « Explorer votre imaginaire avec le fantastique : qu’attendez-vous pour sortir de l’ordinaire ? ». Organisé par l’atelier Les Mots à Paris, animé par Denis Michelis.

Un animateur adorable et drôle, mais aussi exigeant, ses retours sur les textes lus sont super pertinents et constructifs. Tout commence par cette phrase : « Tout est vrai, il suffit juste d’y croire ». Et voilà c’était parti pour deux jours de consignes sur l’inexplicable, l’insolite, l’horreur… Si vous avez envie de pulser votre imaginaire en vous amusant beaucoup, je vous le recommande. Un atelier jubilatoire !

Revenons aux multiples avantages d’un atelier d’écriture. Contraintes libératrices, joie d’écrire et de tester, échanges avec le groupe, richesse des commentaires… Le seul inconvénient, il n’y en a pas partout. Même si de nombreuses médiathèques en organisent aujourd’hui, l’accès peut être compliqué, trop loin, pas les bons horaires…

Devant les nombreuses frustrations exprimées par des lecteurs lors de salons ou de dédicaces, j’ai créé l’année dernière un cahier de vacances spécial écriture : Tongs & Stylos. Je viens de le reconvertir en atelier d’écriture à domicile.

Vous y trouverez des jeux cré-actifs d’écriture, quelques défis, des astuces d’écrivains… tout pour booster votre imaginaire et vous aider à inviter l’écriture dans votre vie.

Ce document n’est pas à vendre. S’il vous intéresse, il vous suffit de m’envoyer un mail. Je vous l’envoie en format PDF par retour de mail, gratuitement. Psittt : il n’y a rien d’autre non plus à vendre ensuite. J’ai simplement choisi de partager avec tous ceux qui sont loin une partie de mes boosters d’écriture personnels.

C’est mon cadeau avant de m’absenter de la blogosphère. La réponse pour la résidence d’écriture au Québec est tombée et malheureusement mon projet n’a pas été retenu. Outre la déception, ça a été l’occasion d’une vraie remise en question. J’ai pris la décision d’arrêter de me disperser entre de nombreux projets, en bref d’arrêter de bricoler. J’ai deux romans en cours. Je me suis fixée l’objectif de les terminer, l’un d’ici la fin de l’année, l’autre d’ici la fin du printemps.

Donc si l’envie d’écrire vous chatouille mais que vous n’osez pas vous lancer, vous n’avez plus d’excuses. Arrêtez de vous raconter des histoires, ce petit livret vous aidera à passer à l’action. Sans pression. Rappelez-vous : tout commence par un mot, puis un autre…

Bonne écriture à tous,
À bientôt sur les pages,
Élisa

L’adresse pour demander votre atelier d’écriture cré-active : elisa.tixen@gmail.com

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Le pouvoir des listes

Il y a des jours où tout roule. Quoique l’on décide, les choses avancent. Où que l’on veuille aller, on va encore plus loin…

Et il y a des jours, heureusement moins nombreux, où rien ne bouge. Il faut une force de titan, juste pour faire un pas chancelant. Ce qui impulsé ces jours-là ne conduit qu’à des impasses, voire à des reculades…

On le savait, on le craignait, mais on agi quand même. Soit par peur de perdre du temps, soit à cause d’un sentiment de culpabilité lié au péché d’oisiveté… Quelle que soit la raison, ces jours-là, on aurait mieux fait de ne pas se lancer.

Aujourd’hui est un de ces jours-là. Je l’ai reconnu de suite, dès que mes orteils ont heurté le pied de lit, que le parfum a taché mon chemisier, que le bus est passé sous mon nez… Dès que j’ai ouvert mon premier fichier et que la page m’a éblouie de sa blancheur insolente. Oui je t’ai reconnu, VJM (Vrai Jour de M…).

Et c’est le bon moment pour te dire que je ne t’en veux pas. Car je sais maintenant que tu arrives quand je suis allée trop loin, que les dossiers me submergent et qu’il est temps que je pose mon cerveau, que je souffle, que je respire.

Alors au lieu de travailler sur mon roman (qui avance eh eh), je me suis offert une parenthèse et j’ai écrit des listes.

Écrire une liste est l’un des outils les plus puissants que je connaisse quand je sens que je tourne en rond. Elles donnent un support à l’ennui, pas le morose dépressif, non celui qui libère la tête et invite au rêve et à la créativité.

J’ai donc écrit des listes d’envie, des listes à faire ou à défaire, des listes à se souvenir…

J’ai aussi écrit une petite liste à la mode d’Henri Michaux. Elle commence par « Je vis »

« Je vis une crème renversée et du lait se sauver. Je vis un café crème embrasser deux sucres. Une tasse ébréchée où les cuillères tournent en rond.

Je vis une poubelle renversée, le couvercle cassé, les sacs éventrés. Je vis les chats affamés.

Je vis une main cramponnée au stylo, un doigt suspendu vers le haut, un bras tordu dans le dos.

Je vis un ange sans aile.

Je vis un carré dans un cube et deux cercles dans le même rond. L’homme de Vinci habillé de coton et une roue qui tourne sans rebond.

Je vis une girafe veiller sur son nid.

Je vis une scène, un ménage, du théâtre. En arrière-cour, des pavés. Une plage sans vagues. Du sable sans sel. Du grain sans folie.

Je vis un homme qui ne vit qu’elle »

 

Et vous, vous faites quoi pendant vos VJM ?

 

 

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L’univers et la dynamique de l’histoire

Il y a quelques jours, je publiais un article, L’enfer du décor, sur l’importance de l’univers dans l’histoire.

Il y avait longtemps que je ne l’avais pas fait mais cela m’a donné envie de partager quelques astuces pour poser l’univers de mes histoires.

L’univers de l’histoire

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ou à partager vos propres méthodes et astuces.

Bonne écriture 🙂

 

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L’enfer du décor

L’univers d’un livre est très important pour moi. J’aime l’atmosphère qu’il apporte à l’histoire. Pour moi, chaque livre est indissociable de son univers : les Pouilles italiennes dans Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé, les bas-fonds parisiens dans Paname Underground de Zarca…

On est d’accord, l’univers c’est d’abord un décor, mais pas seulement. Les lieux de vie façonnent les hommes ou les personnages qui les peuplent, selon leur topologie plus ou moins hostile, le climat, le périmètre de l’espace personnel, la valeur de la vie humaine, les traditions, les croyances…

Ce que les hommes ont dû affronter pour apprivoiser leur bout de terre et survivre influent ensuite pour des générations sur les façons de considérer la vie et sur les codes sociaux. Prenons la série Game of Thrones. Chaque royaume représente des territoires aux ressources variées, dirigées par des maisons suzeraines aux approches différentes, même si tous visent la même chose, le Trône de Fer.

  • Le Nord (maison Stark de Winterfell) est le pays de l’hiver et ses habitants sont les guerriers du royaume chargés de la défense du Mur qui sépare le royaume des terres de l’Au-delà sur lesquelles vivent les Sauvageons et les Marcheurs Blancs, anti-humains.

  • Le Val d’Arryn (maison Arryn des Eyrié) est le pays des contrastes entre vallées fertiles et hauts sommets qui les protègent du climat hivernal. Leur position haute leur donne un sentiment d’immunité.
  • Les Terres de l’Ouest (maison Lannister de Castral Roc) sont parsemées de forteresses troglodytes bâties sur des mines d’or, ses ressources minières symbolisent la fortune avec laquelle les Lannister peuvent acheter leurs alliances.
  • Le Bief (maison Tyrell de Hautjardin) est composé de vastes plaines fertiles. Leurs habitants sont les travailleurs de la terre, terre nourricière capable de ravitailler les populations du royaume.
  • La Principauté de Dorne (maison Martell de Lancehélion), région aride et sèche où souffle le sirocco, est le domaine du désert. Ce territoire représente l’exotisme, l’ailleurs, loin. En termes d’identité, les habitants sont ancrés dans la culture arabe pour l’art de vivre et les savoirs.
  • Sur les Terres de l’Orage (maison Baratheon d’Accalmie) alternent falaises et forêts profondes balayées par des tempêtes violentes. Ce sont les terres des temps anciens où sont nés les géants qui représentent l’origine du monde.
  • Le Conflans (maison Tully de Vivesaigues) est indubitablement le domaine de l’eau avec ses nombreux fleuves qui se rejoignent pour former le Trident. Ses nombreuses côtes difficiles à défendre et les nombreuses îles qui le composent sont probablement la cause du manque de cohésion de ses habitants. Le Conflans symbolise l’alliance incertaine et versatile.
  • Les Îles de Fer (maison Greyjoy de Pyk) sont indépendantes du Conflans même si elles en sont proches. Composées de nombreux îlots, c’est un territoire pauvre dont les ressources reposent sur des mines de fer.
  • Enfin les Terres de la Couronne (Port-Réal et Peyredragon) sont la région administrative relevant directement du Trône de Fer. Leurs habitants incarnent plutôt les fonctionnaires en charge de la gestion de l’État, comme Varys ou le Grand Argentier.

C’est ainsi que chacun intervient dans l’intrigue au titre de sa fonction ou de sa caractérisation « géocontextuelle » : John Snow en défenseur de l’humanité, les Lannister en position d’élite fortunée, Lord Stannis des Terres de l’Orage qui se considère du fait de sa lignée seul héritier légitime, Greyjoy qui balance entre plusieurs loyautés…

Au final, les hommes (et les personnages) sont les produits de leur histoire, façonnés par ce qu’ils ont affronté à l’endroit où ils ont vécu.

Quand je plonge dans l’écriture d’un roman, j’ai besoin de m’ancrer dans les lieux où j’ai décidé de situer l’histoire. Je veux pouvoir en saisir l’atmosphère, parler avec les vrais gens, appréhender leur mode de pensée…

Pour Le Silence à l’ombre des pins, j’ai passé presque tous mes temps libres dans les Landes. Le deuxième roman que je suis en train de finir a été écrit alors que je travaillais à Paris, dans le cadre d’un détachement de deux ans. Seul problème, mon troisième roman se déroule au Québec. Il va falloir que je trouve un truc pour y séjourner sur un temps assez long…

Et vous, êtes-vous sensible à l’univers d’une histoire ? Est-ce important pour vous lorsque vous lisez un livre ou lorsque vous l’écrivez ?

Publié dans Astuces d'écriture, Confidences d'auteure

Technique n’est pas recette

L’un des mythes les plus puissants en littérature est que l’auteur est un élu, le réceptacle sur terre d’un génie créatif qui lui dicte les mots à inscrire sur le papier. Vous y croyez, vous ?

Croire à ce mythe reviendrait à dire que le talent d’écrire est inné… Ce qui ferait de la littérature la seule discipline artistique où il est impossible non seulement d’apprendre mais aussi de progresser. Ce qui ferait des auteurs, quel que soit leur talent, de simples scribes.

Des techniques d’écriture efficaces

Dans toutes les disciplines, il y a ceux qui aiment réfléchir aux règles (les théoriciens comme Jean Genet). Il y a aussi ces autres qui explorent les territoires et leurs limites (les pionniers tels que les membres de l’Oulipo), et puis ceux qui dérangent l’ordre établi (les voyous comme Virginie Despentes ou Zarca)…

Depuis la naissance du premier alphabet, la littérature a été traversée par de nombreux courants qui s’opposaient au précédent, cassant les règles établies pour en créer d’autres. Chacun a ainsi apporté sa contribution pour former ce qu’on appelle les techniques d’écriture.

Procédés stylistiques, arcanes de la dramaturgie, narratologie, psychologie des personnages… Il existe aujourd’hui un panel impressionnant de techniques efficaces qui permettent à un auteur d’améliorer ses manuscrits.

Des techniques qui, texte après texte, gagnent en puissance, jusqu’à devenir naturelles le jour où l’auteur oublie qu’il les a apprises, le jour où il joue avec elles sans s’en rendre compte ou qu’il invente les siennes.

Techniques ne veut pas dire recette.

Écrire, c’est comme faire du pain. C’est à la fois simple et compliqué.

Le pain, c’est de manière très basique, de la farine, de l’eau, un peu de sel et du levain ou de la levure. Mais pas n’importe lesquels et pas n’importe comment. Chaque geste de pétrin compte et cela peut se terminer avec une baguette bien croustillante ou complètement ramollie.

Écrire une histoire, c’est de manière très basique également, des gentils et des méchants, un soupçon de suspense, quelques grammes d’amour… Mais pas n’importe lesquels et pas n’importe comment. Chaque mot compte et cela peut se terminer par une intrigue haletante ou un récit qui retombe à plat comme un soufflé.

« Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît. »
ironisait William Somerset Maugham.

Ce n’est malheureusement pas ce que pense un groupe de chercheurs des universités d’Oxford et de Yale. En décembre dernier, la revue Courrier International s’est intéressée à leur étude sur l’intelligence artificielle et la suprématie de l’homme sur les machines. Ils ont évalué à 2056, la date à laquelle un robot serait en capacité d’écrire un best-seller.

Ce qui signifierait que les big data arriveraient d’ici 40 ans à décoder la mystérieuse alchimie de l’écriture… Ce qui voudrait dire que le graal de tout auteur, le best-seller lu par des milliers de paires d’yeux, serait à portée d’algorithme…

La part d’humanité

Je ne veux pas y croire. Je n’y crois pas. Et voilà pourquoi…

Je n’y crois pas car propulser un livre au rang de best-seller est une histoire de rencontre entre un objet et un public humain. Humain et Imprévisible. Ou alors nous serions nous-mêmes des robots dotés d’un bouton capable de nous faire perdre notre libre arbitre et de nous pousser à acheter ce que nous dictent les vendeurs. Les publicitaires cherchent la formule sans succès depuis des décennies.

Je n’y crois pas car écrire ne se résume pas à aligner des mots pour construire des phrases. « Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture » (Jean Cocteau). Or les machines sont incapables de sentiments ou d’émotions. Elles ne ressentent pas l’amour passion qui peut vous emporter au bout du monde. Elles ne connaissent pas la peur de la mort, ni la souffrance attachée à la perte…

Je n’y crois pas car depuis les mythes antiques, tout a été dit, toutes les histoires ont déjà été écrites. Et pourtant, les auteurs ne cessent d’inventer et de réinventer. Chacun apportant un regard nouveau, une voix particulière, une émotion inconnue…

Même si les ingénieurs commencent à parler de machines apprenantes, personne ne mentionne de machines capables d’inventer. Aucun créatif n’est capable de vous expliquer d’où viennent ses idées, parfois d’une association inattendue, d’autres fois d’une fulgurance qui enfle comme une évidence… Si un programme informatique sera certes le plus performant pour trier les données et répondre aux commandes, il n’aura pas cette capacité unique d’un auteur humain, de se perdre en cherchant, de trouver sans chercher. Ce qu’on appelle la sérendipité…

Luc de Brabandere, ingénieur belge devenu philosophe d’entreprise et grand ponte de la créativité, adore raconter cette histoire. Il déjeunait dans un restaurant quand, au moment de payer, il voit sur le comptoir deux pots surmontés chacun d’une affichette. La première indique : « Si vous aimez les Beattles, déposez votre pourboire ici ». La seconde : « Si vous préférez les Rolling Stones, mettez votre pourboire ici ».

Il interroge le restaurateur qui lui raconte que l’idée lui est venue par hasard, en entendant une conversation entre ses clients sur leurs préférences musicales. En proposant un choix à ses clients, le restaurateur a joué sur leurs émotions et les a ainsi poussés à l’action, donner un pourboire. Résultat : une augmentation des pourboires de 30%.

Enfin, je n’y crois pas parce que les machines sont incapables d’humour, pour moi la forme de créativité la plus subtile qui existe… Elles ne sont pas non plus capables de mentir, et encore moins de « mentir vrai« , cette qualité chère à Aragon.

Alors continuons à mettre dans nos livres, notre âme, nos imperfections et nos tripes. L’heure de passer la main aux machines n’est pas encore venue… n’est-ce pas ?

Publié dans Astuces d'écriture, Confidences d'auteure

Le top five des conseils d’écrivains

Je viens de lire une interview très intéressante, publiée par enviedecrire.com : « Les conseils de Stephen King pour donner vie à votre récit ».

Les conseils d’écrivains sont les marronniers des rubriques littéraires. Ils fleurissent et foisonnent plusieurs fois par an.

Je les adore, j’avoue.

Dès qu’un article paraît avec un titre comme celui-ci, je me jette dessus. Pourquoi ? Probablement parce que j’espère au fond de moi que l’expérience de ces grands maîtres projettera sa lueur sur ma pratique. Et peut-être que quelque part, je rêve en secret de découvrir la recette magique pour écrire le livre qui tourbillonne dans mes tripes…

Et comme ce n’est pas le cas, j’oublie ces conseils peu après les avoir lus. Ce qui renouvelle mon plaisir de lire les suivants. Vous savez, un peu comme une histoire drôle dont on a oublié la fin mais qui nous fait sourire par anticipation.

Il y a plusieurs types d’auteurs-conseilleurs. Ceux qui sont branchés style et ceux qui sont branchés intrigue. Même s’il arrive que leurs conseils se rejoignent dans le même souci de faire voyager le lecteur.

Enfin, il y a les conseils plus larges sur la vie d’un écrivain, comment il gère son temps, ses phases (ou pannes) d’inspiration, où il écrit, s’il utilise un plan… et même comment il s’habille…

«La robe de chambre dure tout le temps de l’écriture et bien au-delà ! Ce n’est pas moi qui la porte, c’est elle qui me hante. J’essuie tout dessus, mes feutres, mes larmes, mes doigts tachés par le carbone, ma douleur improductive, mes petites joies, tout !» Jeanne Champion

Donc, ils sont nombreux les conseils d’écrivains destinés à ceux que l’écriture titille.

Alors (même si j’ignore pourquoi), je me suis livrée à un petit exercice, une sorte d’étude comparative des 79 conseils donnés par ces 5 écrivains reconnus tant pour leur talent que pour leur générosité. Et voici les 5 conseils qui reviennent le plus fréquemment.

The TOP Five :

1. Écrire !!!
Écrire et lire, régulièrement et souvent. Car pour un auteur, le bonheur est dans la feuille qui noircit.

2. Un style simple et clair. Résister à l’appel des phrases logorrhéiques et multi syntaxiques… hic !

3. Écrire sur ce qui nous tient à cœur, sans chercher à plaire à la planète.

4. Un incipit percutant. Séduire ou intriguer dès les premiers mots.

5. Pas de pitié pour les personnages, même les chouchous. Que les obstacles dressés devant eux révèlent leurs faces, obscure et lumineuse… et votre sadisme d’auteur !

Pour ceux que ça intéresse et en exclusivité mondiale, 79 conseils d’écrivains passés au crible :

79 Conseils d’écrivains passés au crible

Bonne écriture à tous 🙂

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Voies Nouvelles pour l’écriture

Cet article s’adresse plus particulièrement aux lecteurs qui me contactent, à la recherche de conseils pour écrire. Je pense notamment à cette jeune femme qui souhaite reprendre l’écriture après une période blanche et qui ne sait pas très bien comment retrouver le fil.

S’il s’agissait de peinture ou de musique, il serait possible de refaire quelques gammes –pas trop longtemps, avant de se lancer dans de nouvelles créations.

C’est plus compliqué en écriture car nous écrivons rarement « à blanc », couleur de sinistre augure pour tout auteur. Nous écrivons parce que nous avons quelque chose à dire au monde.

Oui mais écrire quoi quand l’inspiration nous fuit ? Il n’y a pas plus fugueur que le génie créatif… Et s’installer devant une page vide pour attendre qu’il revienne ne fonctionne pas.

Certes, on peut se faire plaisir avec des booster d’écriture et jouer avec les mots. Mais s’il s’agit d’une énorme envie de raconter une histoire, le meilleur des stimulants se trouve dans les concours d’écriture de nouvelles. Personnellement, je vais y puiser à chaque période de sécheresse ou quand je n’avance pas dans mes projets.

C’est comme ça que récemment, un concours de nouvelles m’a entraînée sur un chemin où, spontanément je ne serais jamais allée…

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C’était le 29 octobre, nuit la plus longue de l’année. Organisé par les Avocats du diable, un étrange concours : le prix de la nouvelle érotique ! J’ai déjà tellement de mal avec les scènes d’amour, alors écrire une nouvelle érotique ?… Bon ou mauvais, pas vraiment mon genre !

Sauf que… le prix est important à mes yeux. En jeu, une résidence d’écriture avec les éditions du Diable Vauvert. Sauf que… voilà que ma petite voix intérieure -une vraie peste parfois, se met à chuchoter « Sors de ta zone de confort… C’est l’occasion idéale… Vas-y, fonce ! »

Les murmures se sont faits hurlements. Au bord du vide, j’ai sauté.

Samedi 29 octobre, 23h59, le défi est lancé, je le reçois par mail à la volée : écrire une nouvelle avec deux contraintes : un contexte de situation « Tel épris qui croyait prendre » et le mot final « Ricochet ».

Photo Dennis Maitland
Photo Dennis Maitland

Et je l’ai fait ! Cette nuit-là, alors que le monde dormait (en dehors des quelques 400 candidats et des milliers de fêtards néo-halloweenesques), j’ai écrit.

Moi qui progresse lentement et passe mon temps à regarder par-dessus mon épaule pour surveiller mes lignes, en une seule nuit, j’ai écrit un texte entier. Plongée en abîme où tout est permis. Adrénaline à tous les étages. Excitation, vertige. Les mots jaillissent sans tabou, les personnages construisent leurs désirs, l’histoire file dans une course exaltante jusqu’à l’ultime « Ricochet ».

7h00, heure nouvelle. Sous mes yeux, une histoire libertaire créée par la contrainte et sans douleur.

J’ignore si elle retiendra l’attention du jury. Je sais une seule chose : j’ai relevé un immense défi personnel. Absolutely jubilatoire !

***

Pour ceux que l’écriture de nouvelles intéresse, vous trouverez de nombreuses informations sur ces deux sites :

Attention !
Les concours de nouvelles sont nombreux mais ils ne sont pas tous intéressants et certains sont « pré-fléchés » pour des amis  locaux (sic). Comment sélectionner les concours intéressants ? Voici quelques pistes :

  • La gratuité. Hors de question de payer même quelques euros pour participer à un concours.
  • Le thème et le genre. Inutile de proposer des romances à un concours SF ou vice versa. Les codes de genre sont encore plus exigeants dans un format court que dans un roman.
  • L’organisateur. Les concours portés par une mairie ou une médiathèque offrent un gage de sérieux.
  • Enfin, la proximité géographique. L’engagement moral lorsque l’on participe à un concours, c’est d’être présent le jour des résultats si on est lauréat. Or, cela risque d’être difficile si on habite trop loin.

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Si l’aventure vous tente, voici quelques bons conseils glanés ici et là pour écrire une nouvelle efficace :

  1. « La nouvelle est une fiction brève qui doit être lue en une fois » Edgar Allan Poe.
  2. La nouvelle un genre littéraire à part entière où la narration a pour objectif de captiver le lecteur, de susciter en lui des émotions et des réflexions.
  3. La nouvelle est un récit resserré sur une action unique, parfois réduite à un seul événement, ce qui implique de faire des choix. S’il semble se passer peu de choses entre la situation initiale et le dénouement, chacune de ces « petites choses » doit contribuer à l’histoire.
  4. Le nombre de personnages est limité et ils sont traités de façon schématique. Concernant le personnage principal, sa description physique est réduite au minimum (sexe, tranche d’âge, silhouette…) et sa psychologie est révélée par son comportement. À la fin du récit, le « héros » doit sortir de l’histoire transformé. S’il n’a pas évolué, cela signifie que l’aventure n’en valait pas la peine. Et donc, le récit non plus.
  5. Les lieux sont juste esquissés. Ils ont cependant une grande importance car ils contribuent à l’atmosphère, et donc à l’émotion globale de l’histoire.

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Bonne écriture de nouvelles à tous 🙂

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Conseils d’écrivain

Nadia Bourgeois

Les secrets d’écrivain de Joyce Carol Oates

auteur Joyce Carol Oates

Poétesse et romancière américaine, Joyce Carol Oates enseigne la création littéraire à l’université de Princeton. Auteure de plus de soixante-dix titres, elle a figuré deux fois parmi les finalistes du prix Nobel de littérature.
Comment définissez-vous le travail d’écriture ?
L’inspiration, l’énergie et même le génie sont rarement suffisants pour « faire de l’art ». Ecrire est un métier qui s’apprend. Ensuite, le laps de temps entre l’émergence de l’idée et la fin du manuscrit est incalculable. Cela peut prendre des années. Il y a tellement d’éléments à prendre en compte pour écrire un roman. On peut comparer ce processus à des affluents dans une rivière. Vous voyez cette rivière, elle paraît unie. Pourtant, elle est traversée par d’innombrables affluents.
Que faire si écrire devient douloureux ?
Si écrire devient douloureux, terriblement difficile et que le désespoir guette, alors…

Voir l’article original 113 mots de plus

Publié dans Astuces d'écriture, Confidences d'auteure

Les 10 pensées limitantes de l’auteur

Le mythe du poète maudit rôde dans nos vies d’auteurs. Il tournoie tel un oiseau de malheur, apportant sur ses ailes déployées la litanie des pensées stériles : Peut-on écrire en étant heureux ?… Mon manuscrit n’est pas édité, donc il est nul…

Des pensées stériles à double titre. D’abord, parce qu’elles restent sans réponse. Ensuite parce qu’elles peuvent nous paralyser dans notre écriture et dans notre quotidien.

Je voudrais partager ici un article très intéressant du site Eveil Oriental.com sur les pensées cognitives dysfonctionnelles. Il décode les 10 pensées les plus négatives capables de générer en nous une vision très sombre du monde et de nous-mêmes. Je me suis « amusée » à les appliquer aux aléas de la vie d’auteur.

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1/ La pensée dichotomique (tout ou rien)

Le résultat n’est pas à la hauteur des espérances (mêmes irréalistes), il est vécu comme un échec total.

Exemple : J’ai vendu moins de 1000 livres le premier mois, je suis nul !

2/ La surgénéralisation

Un événement négatif induit le traumatisme du « JAMAIS »

  • Soit verticale : un échec isolé remet en question le domaine entier (passé, présent et futur)

Exemple : J’ai reçu un courrier incendiaire de l’éditeur LD…, je n’arriverai jamais à éditer mon manuscrit !

  • Soit horizontale : un échec isolé remet en question tous les domaines de la vie.

Exemple : J’ai reçu un courrier incendiaire de l’éditeur LD…, c’est normal, je rate tout ce que je fais dans la vie !

3/ L’abstraction sélective

Focalisation a posteriori sur un incident ou une erreur qui a émaillé un bon moment et qui le transforme en mauvais souvenir, source de reproches ininterrompus.

Exemple : J’ai rencontré HG… mon modèle en écriture, mon téléphone a sonné pendant qu’elle parlait. J’ai tout gâché !

4/ La disqualification du positif ou l’alchimie inversée

Un événement positif est interprété en négatif. Ou l’art de transformer l’or en plomb.

Exemple : Un proche me dit qu’il a aimé mon histoire. C’est pour me faire plaisir, ça ne compte pas !

5/ Les conclusions hâtives

Un événement produit des scénarios noirs sur la base de deux processus :

  • La télépathie d’autrui : spéculer en négatif sur les actes d’autrui.

Exemple : Le libraire devait me rappeler hier et il ne l’a pas fait. Il a changé d’avis !

  • La voyance erronée : se projeter dans le futur et dans l’échec.

Exemple : Le libraire devait me rappeler hier et il ne l’a pas fait. Je ne serai jamais un auteur.

6/ Dramatisation et minimalisation

Les points faibles sont exagérés et les points forts sont minimisés.

Exemple : J’ai été sélectionnée dans un concours de nouvelle mais c’est un petit concours local !

7/ Le raisonnement émotionnel

Les ressentis sont considérés comme des preuves.

Exemple : J’ai envoyé mon manuscrit à 10 éditeurs et j’angoisse. C’est signe qu’il n’est pas assez bon !

8/ Les fausses obligations (musturbation en anglais !)

Les objectifs pourtant fixés arbitrairement se transformént en reproches lorsqu’ils ne se réalisent pas.

  • Pour soi – Exemple : Je dois écrire 1000 mots par jour !
  • Pour les autres – Exemple : J’ai relu son manuscrit, il pourrait relire le mien !

9/ L’étiquetage indélébile

Un événement ou un ressenti génère un jugement définitif et émotionnellement chargé.

  • Sur soi – Exemple : Je suis nul !
  • Sur un autre – Exemple : C’est un égoïste de première !

10/ La personnalisation

Une situation vécue par un autre provoque chez soi une sur-responsabilisation et une culpabilisation! Il s’agit de la croyance qu’on peut gérer la vie des autres alors qu’on ne peut que l’influencer.

Sur le plan de l’écriture, activité assez solitaire, je n’ai pas trouvé d’exemples. Mais ils ont été nombreux à surgir de ma mémoire pour ce qui concerne ma vie personnelle !

Exemple : Mon enfant ne travaille pas bien à l’école, c’est ma faute, je suis une mauvaise mère !

Plongeon

Pardon pour cette succession de phrases négatives mais j’aime à croire que connaître les pensées qui nous font dysfonctionner permet de les surmonter au moins en partie.

Voulez-vous connaître vos pensées limitantes ?

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D’après un article de Eveil oriental.com

Publié dans Astuces d'écriture, Confidences d'auteure

L’écrivain pèlerin

« Écrire n’est pas un métier, c’est une vocation ». Un appel diraient les plus mystiques. Aussi puissant que le brame du cerf ou un sms de l’ange Gabriel. Impossible de faire la sourde oreille, la voix ne vous laisse pas en paix, ça vibre jusqu’au plus profond de vos entrailles.

Le bon-entendeur n’a pas d’autre salut que de prendre la route :
« Démarrez sur la première ligne, avancez jusqu’au bout de la page, tournez. « Attention à la marge ! Faites demi-tour

Chacun son chemin

 

Certains auteurs aiment savourer le voyage, ils s’attardent sur les horizons nouveaux, explorent leurs sens, respirent profondément… L’histoire germe et mûrit en eux parfois avant même le premier pas.

D’autres veulent un trek à couper le souffle. Ils ont leur propre système pour booster l’histoire, rebondir sur l’obstacle et franchir les abîmes de la création d’un bond. Émotion / Action ! Une course effrénée, les yeux fixés sur l’arrivée.

Les premiers bichonnent leur texte pendant trois ans avant de le livrer au monde ; les seconds publient un ouvrage par an. Mais tous sont logés à la même enseigne : « Écrire demande du temps ».

Élastique selon les continents, les sexes, les cultures, les individus… Le temps est un concept universel et une réalité personnelle.

© agsandrew - Fotolia.com
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À la recherche du temps perdu

 

Aux siècles précédents, les écrivains étaient soutenus par de riches mécènes ou vivaient de leurs rentes. Ils pouvaient consacrer tout leur temps à écrire. Aujourd’hui, qui a les moyens comme Proust, de se cloîtrer dans sa chambre pour écrire ? Et qui en a en envie d’ailleurs ?

L’écriture s’intercale désormais entre les différentes sphères de la vie moderne : travail, famille, amis, vie associative…

Oui, mais… Vous connaissez ces journées où chaque moment ressemble à un combat entre David et Goliath ? Comment trouver l’énergie ensuite pour relever le défi de la page blanche ?

Elisa Tixen, écrire

C’est dans ces moments-là que la procrastination guette, prête à souffler à nos oreilles les bonnes-raisons-pièges-à-cons de ne pas écrire.

« Trop crevé(e), je n’écrirais rien de bon »
« Vivement ce week-end, je serai au top ! »
« Bientôt les vacances, j’écrirai sur la plage »
« Je le ferai à la retraite, j’aurai tout mon temps »

Mais l’été est fait pour se reposer et l’automne pour réduire ses activités en prévision de l’hiver qui arrive ! Quand l’habitude n’est pas prise d’écrire au fil des jours, les projets restent souvent lettres mortes. Dommage, non ?

L’écriture est une passion qui mérite une juste place dans notre espace-temps. Mais c’est à nous et à personne d’autre de la ménager. Envers et contre tous, y compris contre nous. « Car rien n’est plus agréable que de prendre la décision d’écrire et, pour des raisons indépendantes de notre volonté, de ne pas pouvoir la mettre à exécution » (d’après William James).

Un temps pour vivre, un temps pour écrire

 

Amélie Nothomb n’écrit qu’en fin de nuit à partir de trois, quatre heures du matin, François Nourrissier seulement le matin et Françoise Giroud l’après-midi. À chaque écrivain, son espace-temps personnel !

Se donner des rendez-vous d’écriture en fonction de son horloge biologique est un bon moyen pour lutter contre la procrastination. Cet été, j’ai testé mon écriture à plusieurs moments de la journée.

  • Le matin, au réveil

Le demi-sommeil est idéal pour laisser filer son écriture avant que les préoccupations matérielles ne rattrapent le conscient. Les pages se teintent de poésie et de fulgurances oniriques, saupoudrées de quelques flèches introspectives. Des images très intéressantes à retravailler ensuite. Autre gros bonus : avoir commencé la journée par l’écriture, quoiqu’il arrive ensuite, David, Goliath ou la tribu.

2014-08 Lever jour

  • La journée

La lumière du jour apporte un état de conscience éveillé. Le bruit, les mouvements, l’activité bouillonnante sont autant de facteurs qui apportent l’énergie pour écrire. Productivité maximale pour ce créneau horaire, sauf pendant la digestion après le déjeuner.

  • La nuit

L’obscurité altère la conscience. Le monde se nappe de cette atmosphère si particulière où tout est possible. Des instants en dehors du temps, aussi jubilatoires que le spectacle d’un orage déchaîné quand on est à l’abri. Invitation à lâcher la bride à toutes les fantaisies créatrices.

En conclusion, j’ai constaté que les instants nocturnes, aube ou crépuscule, privilégient ma créativité. En revanche, je préfère la lumière du jour pour retravailler mes textes.

Et vous, quels sont vos moments préférés pour écrire ?