B(r)ouillons & Création

L’écriture manuscrite séduit à nouveau. Des boutiques Moleskine fleurissent un peu partout, aussi élégantes que les magasins Apple. Les carnets à écrire arrivent d’Italie, du Japon…

Mais qu’il est difficile de lutter contre les logiciels de traitement de textes à l’efficacité redoutable. Grâce au clavier, plus de ratures, reprises, corrections et autres annotations. C’est un texte tout propre qui accueille l’auteur à chacune de ses visites. Un texte tout propre et une mémoire toute vide…

Loin de moi l’idée de dire que c’était mieux avant, quand la plume glissait sur le papier velin. Mais l’écriture sur informatique pourrait tuer la critique génétique, cette discipline qui s’intéresse aux manuscrits et aux brouillons. À quoi sert, me direz-vous, de s’intéresser à des brouillons tout moches ? Eh bien cette étude a pour objectif d’étudier le processus d’élaboration d’une œuvre et au-delà, de toutes les autres.

Si les carnets raturés de Pascal Quignard ou de Georges Pérec disparaissent… S’il ne reste plus de traces des versions intermédiaires d’un texte, de la genèse des personnages, des pérégrinations de l’imaginaire du créateur… Cette discipline se retrouvera sans une rature à analyser, sans une chance de percer les mystères de la création.

Quelques auteurs, comme Jean-Philippe Toussaint, nous livrent quelques bribes de leurs travaux sur leurs blogs. Mais la mésaventure de Quentin Tarantino qui s’est fait piller son scénario n’encourage pas à partager son œuvre si elle n’est pas aboutie. Il y a aussi la méthode d’Eric-Emmanuel Schmitt qui livre quelques extraits de ses carnets d’écriture à la fin de ses livres… Personnellement, j’adore les lire mais c’est peut-être parce que j’écris.

Au moment où j’attaque l’écriture de mon 3ème livre, j’avais envie de vous demander si vous, en tant que lecteurs, l’histoire de la création du livre vous intéresse ?

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Les trois poupées

Suite à l’article de la semaine dernière, le lien qui amenait vers les textes écrits lors de l’atelier de Karim Miské s’est révélé peu fiable.

Pour ceux qui n’ont pas eu accès au texte, le voici en intégralité.

Bonne semaine à tous 🙂

Les trois poupées

Comme tous les ans, le quartier avait été envahi par un déballage de vieilleries. Je n’ai jamais compris comment ces trucs cabossés et puant le mal-lavé pouvaient intéresser autant de monde. Moi, je serais plutôt du genre à payer pour qu’on me débarrasse de ces saletés.

J’étais pressé. En retard comme tous les samedis, marre de me lever quand les autres pouvaient rester au lit… Je me frayais un chemin à travers les cartons et les dos penchés quand j’ai entendu une voix qui disait :

– Tu vas vraiment vendre tes trois poupées ?

Mes yeux se sont rivés sur le panier. Un vieux panier en osier tressé, avec une anse noircie d’avoir été portée par trop de mains. Rien d’extraordinaire, juste un vieux panier contenant trois poupées. Deux blondes dont l’une avec la bouche ouverte, ce qui lui gonflait les joues et une plus petite, toute rouquine. Nues, le ventre gonflé de l’enfance.

Ces poupées, je les connaissais. Vous pouvez me dire que je me trompais, que ce n’était que des poupées banales, comme il s’en vend des milliers à Noël. Mais je savais au fond de moi, que c’était elles. Les trois poupées.

C’était leur surnom. Les trois poupées. Jolies et lumineuses, elles semaient la joie comme d’autres éteignent les bougies. Il y avait les deux blondes, celle qui bavardait avec sa bouche et celle qui parlait avec ses yeux, et puis la petite rouquine qui semblait toujours sur le point d’éclater de rire. Elles n’étaient pas sœurs ; elles étaient juste nées le même jour au même endroit, presque à la même heure. Dans un petit village comme le nôtre, elles sont rapidement devenues jumelles de cœur. Là on l’on voyait l’une, on voyait les autres. Inséparables.

Dès leur naissance, les trois familles avaient décidé de se rassembler pour qu’elles puissent fêter ensemble leur anniversaire. C’est l’année des 10 ans qu’elles ont reçu leurs poupées. Je crois bien que c’est la grand-mère qui avait eu l’idée. Offrir à chacune une poupée qui leur ressemblait. Ce qui donnait une poupée blonde avec la bouche ouverte, une autre blonde avec des yeux peints qui ne se fermaient pas et une troisième, rousse avec l’air malicieux.

Les trois fillettes ont aussitôt vidé un vieux panier pour y coucher leurs trois poupées. Elles avaient décidé que rien ne les séparerait. Elles resteraient ensemble, il n’y aurait qu’à changer de maison et de maman chaque semaine.

Jusqu’au jour où la première poupée disparut. La blonde aux grands yeux. Le village la chercha pendant des heures, les gendarmes, les chiens, les hommes… Pendant ce temps, dans les maisons, les femmes veillaient sur leurs petits, retenant leur souffle et masquant leur soulagement d’avoir été épargnées.

On la retrouva complètement désarticulée dans le bas d’une coulée, nue, le ventre souillé de terre molle et grasse. Je ne sais pas ce qu’on a dit aux deux autres mais depuis lors, la blonde ne parla plus et la rousse garda son rire fermé. On ne voyait plus que leur ombre. Elles s’accrochaient l’une à l’autre et disparaissaient de longues heures dès qu’elles le pouvaient.

Quand la rousse revint seule, un soir, les collants déchirés, le visage couvert de boue, chacun sut qu’un nouveau drame était arrivé. On la retrouva vite, celle-là, près de la voie ferrée. Aussi nue que la première, le ventre en travers des rails.

La peur se larva au cœur du village, les vieilles ne cessaient de chuchoter, les vieux se taisaient en levant leur verre. À l’enterrement, il y avait plus de sourcils froncés que de larmes.

Les parents de la rousse ont quitté le village pendant la mise en terre, sans avertir personne.

Et voilà que je tombais sur ces trois poupées dans leur vieux panier. J’ai levé les yeux. Une jolie femme qui s’approchait de la quarantaine, toute menue avec la peau claire parsemée de taches de rousseur regardait les poupées d’un air hésitant. D’une voix douce, elle répondit :

– Oui, je… j’ai passé l’âge de m’y accrocher. Il est temps que je tourne la page, non ?

J’avais retrouvé la troisième poupée. Ici, aux buttes Chaumont, à 500 km de notre village… Qui sait depuis combien de temps nous habitions l’un à côté de l’autre, sans nous en douter.

Ce n’était pas un hasard, ce connard n’existe pas. C’était un signe. Je ne suis pas allé au boulot ce matin-là. Je suis resté là et j’ai attendu.

Écrire en atelier

Écrire est une activité solitaire, le mythe de l’auteur-Bernard car ermite n’est pas sans fondement. Et si nos idées proviennent bien de notre source intérieure, nous tournerions vite au narcissisme si nous ne nourrissions pas de l’extérieur. D’un regard croisé, un mot attrapé au vol sur la terrasse d’un café, une musique au vent…

Et puis, il y a les ateliers d’écriture !

Si décriés en France, pays du mythe du génie créatif (on en a déjà parlé de celui-là mais il revient sans cesse… !). Décriés même par des auteurs comme Leïla Slimani qui a pourtant suivi l’atelier Gallimard… Je ne reviendrai pas sur ses propos de savoir si on peut devenir auteur en participant à un atelier ou non, ce sera pour une prochaine fois.

Aujourd’hui, je voudrais simplement vous parler du plaisir qu’il y a d’écrire en groupe, de partager des textes, de confronter des univers… de s’enrichir les uns les autres.

Cette année, je me suis inscrite à l’atelier Les Mots pour un cycle animé par Karim Miské « Le monde est un polar ». Atelier qui promettait de s’inspirer : « Des jeux vidéos au darknet en passant par youtube et l’ensemble des réseaux sociaux. D’un statut facebook, on peut faire une histoire. Derrière une story sur snapchat se cache le plus terrible des assassinats. La culture hip-hop aussi sera une grande source d’inspiration. Comment écrire la ville contemporaine sans avoir recours au rap, aux grafs ou aux danses de rue ? Si l’on sait écouter, deux lignes de Booba ou de PNL contiennent la matrice d’un polar hardcore et mélancolique. »

Bref ! Un univers contemporain théoriquement mais en réalité très éloigné de mon petit monde. Comment j’aurais pu résister plus longtemps ?

Pour la première séance, Karim ne nous a pas trop bousculés. Il nous a laissés nous habituer à l’idée que nous allions devoir tuer quelqu’un à un moment ou un autre. Dans cette première séance donc, nous sommes partis d’une photo avec comme consigne, d’écrire un meurtre.

Comment vous dire que tous les textes étaient très différents les uns des autres, avec chacun leur univers et leur mécanique propre… mais que nous étions nombreux à ne pas être passés à l’acte ce soir-là. Car vraiment, ce n’est pas si facile de tuer, même entre les lignes.

Pour lire deux des textes issus de cette séquence en atelier (dont le mien) cliquez ici !

La désobéissance des pouces

J’avais dit pouce cet été pour faire un break mais aussi pour consacrer plus de temps à l’écriture.

Et voici le résultat, il vient d’arriver.

Un beau bébé de 140 pages. La couverture, que j’adore, a été dessinée par Cécile Brunet, mon amie et complice dans de nombreux projets, mais ceci est une autre histoire…

Allez, je vous fait le pitch ?

« Naître suspendu à un cordon ombilical dont il faut être délivré pour pouvoir respirer, voilà une bien étrange façon d’arriver dans un monde soi-disant libre.

Carmadoc, Sophir, Mira, Anthony, Kham, Théo…

Au travers de sept récits courts comme la vie, ce recueil raconte l’histoire de femmes et d’hommes qui, chacun à leur manière, ont bravé les règles imposées pour suivre leur voie. Quel que soit le prix à payer… »

Pourquoi la symbolique du pouce ? Après la station debout, c’est le pouce qui nous a donné la capacité de saisir ce dont nous avions besoin. Or, qu’y a-t-il de plus précieux que de prendre en mains notre vie ?

Le pouvoir d’agir

Dans ce recueil, j’ai exploré la notion de liberté dans le sens de « pouvoir agir » et son évolution à travers le temps. Depuis l’an zéro jusqu’à… bien après nous.

Ce qui m’a intéressée, en tant qu’auteur, ce n’est pas seulement d’observer si nos latitudes s’étaient agrandies, une cage reste une cage, quelle que soit sa taille. Non ce qui m’a intéressée plus particulièrement, c’est de voir si les sanctions à dévier des routes préétablies s’étaient estompées sous l’effet de ce que l’on appelle, la civilisation.

Des histoires d’aventure et d’amour

Ces notions de liberté et de pouvoir d’agir n’ont pas donné naissance à un recueil d’essais. Je n’ai aucune prétention philosophique. Mais elles m’ont inspirée des histoires où les personnages passent à l’action et prennent leurs libertés en mains. Aventures, romances… Certaines histoires sont des nouvelles, d’autres sont des mini-romans. Toutes ont un point commun : vous proposer des lectures d’évasion !

Le recueil est disponible en version brochée et dédicacée, en me contactant en message privé OU en version numérique sur Amazon.

Bonne lecture 🙂

 

 

PS : Si vous avez aimé le recueil, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur Amazon, Babelio, où vous voulez… Merci d’avance 

La saison des Late Bloomers

« Trouver sa voie, il n’est jamais trop tard »

Ce titre est celui de l’article écrit par Camille Perlès dans le PRIMA d’octobre (p58) où elle dresse le portrait des Late Bloomers. Avec beaucoup de sensibilité, la journaliste met en lumière les personnes qui prennent le temps avant de choisir leur voie.

Si je vous parle de cet article c’est que le sujet m’intéresse bien sûr (cf. mon billet précédent) mais aussi parce qu’il retrace, parmi d’autres, le parcours de Sans traces apparentes, premier roman publié après 50 ans.

En plus des témoignages, l’article s’appuie aussi sur le livre de Catherine Taret « Il n’est jamais trop tard pour éclore » qui donne trois conseils précieux pour trouver sa voie :

  1. Avoir confiance en la vie
  2. Garder à l’esprit que nous avons toujours prise sur nous
  3. Se souvenir que c’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus (d’après Nelson Mandela que j’adoooore).

Cela peut paraître simple à dire et difficile à faire, mais l’auteure témoigne  avec un enthousiasme pragmatique qui donne envie, au moins, d’essayer.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire
l’article de Camille Perlès.


Un bel article et une belle rencontre, merci Camille 🙂

Allez, je vous laisse, car si je suis une late bloomer, depuis la rentrée je suis surtout une busy bloomer.

Amitiés 🙂

Du danger d’attendre les vacances pour écrire…

Hello tout le monde ! Les mois d’été se terminent et nous reprenons tous, plus ou moins vite, le chemin de notre quotidien.

Puisque je ne partais pas en voyage cette année, je m’étais prévu des vacances farniente pour me reposer, m’amuser et écrire. Et je m’étais fait un super programme : en profiter et écrire un roman de 200 pages en trois semaines…

 

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je n’en sais rien. Le temps a filé incognito, sans laisser d’adresse.

Pourtant j’y croyais et mon roman aussi…

Et voilà… Résultat, j’ai à peine réussi à écrire la quatrième de couv de mon recueil de nouvelles !

Mais finalement, ce n’est pas très important. Car l’écriture fait partie de ma vie au quotidien alors quelque part il n’était pas absurde qu’elle se repose elle aussi de son côté pour revenir en septembre en pleine forme.

Allez, je vous laisse.

J’ai un programme de rentrée à écrire,
À bientôt 😉

 

 

 

 

Autopsie d’un stage POLAR

Vous mouriez d’envie de savoir ce qui s’est passé lors de ce stage POLAR ? Allez j’avoue, c’était une tuerie. Et je vous dis tout.

Ce tout a commencé par une question très simple.

POLAR, Thriller… Quelle différence ?

Au-delà des définitions conceptuelles, j’ai aimé la distinction que fait Nadia Bourgeois : le polar est une enquête criminelle menée par un enquêteur officiel alors que dans le thriller, un citoyen lambda (vous, moi, mais plutôt vous je préfère), un citoyen ordinaire donc, attire l’attention d’un criminel contre lequel il devra lutter, seul, pour s’extirper de ses griffes maléfiques.

La mécanique du POLAR

Si j’ai abandonné dans un vieux tiroir mes brouillons de polar ou de thriller, c’est que j’ai un gros problème avec la mort et la torture. Je devrais demander à Jean-Christophe Grangé ou à Franck Thilliez comment ils font pour écrire ces scènes avec tant de précision.

Quand j’écris, je me mets dans la peau des personnages, je vis leurs émotions. Or, m’incarner en psychopathe qui prend plaisir à tuer ou en victime qui subit des tortures, c’est plus fort que moi, je n’y arrivais pas…

Je craignais ce blocage mais lors du stage, nous nous sommes surtout intéressés à la mécanique du POLAR : le trio infernal ENQUÊTEUR-CRIMINEL-VICTIME(S), l’enquête, les fausses pistes, les suspects, les mobiles, les témoignages, les mensonges, le faux coupable, le vrai coupable…

La mécanique du POLAR est bien connue par tous les amateurs du genre. Pourtant, ce serait trop simple s’il suffisait d’assembler tous ces ingrédients pour écrire un polar efficace. EFFICACE ! Voilà le maître mot.

Qu’est-ce qui fait la différence entre un polar qui nous tient en haleine et celui qui est cousu de fil blanc ?

Damned… Je dévoile tout trop vite et la réponse est dans la question bien sûr ! Bâtir une histoire noire avec du fil blanc est aussi visible qu’un feu d’artifice dans la nuit.

L’art du POLAR

L’art de l’auteur de polar réside en grande partie dans sa capacité à camoufler le fil de son intrigue au milieu d’un écheveau fluorescent qu’il agite sous le nez du lecteur pour l’entraîner dans la mauvaise direction, c’est-à-dire loin du vrai coupable.

L’art du lecteur de polar est de tirer le bon fil, celui qui relie au coupable.

Entre l’auteur et le lecteur, le contrat est tacite mais réel : désorienter oui, mais ne rien dissimuler de majeur, ce qui empêcherait de démasquer le coupable avant la fin. Ce serait considéré comme une tricherie qui enverrait directement le polar dans un trou sombre au fond du jardin.

C’est là le grand intérêt que j’ai trouvé dans l’écriture du polar : cette connivence avec le lecteur sur l’information à lui donner, sur la meilleure façon de faire monter le suspense, de dévoiler peu à peu le mystère pour qu’il s’exclame à la fin « Mais c’est bien sûr ! ».

Pour moi, un bon POLAR est un puzzle où s’affrontent les noirceurs de l’âme humaine dans un duel qui monte crescendo, où rien n’arrive par hasard ni par la magie des nouvelles technologies.

Portrait robot d’un auteur de polar

La première noirceur humaine avec laquelle l’auteur de polar joue, c’est avec la sienne. Plus machiavélique que l’assassin et l’enquêteur réunis, il tue de manière préméditée, prend plaisir à manipuler les autres, à mentir, à transgresser les lois et la morale… Ce qu’il ne fait pas dans la vraie vie, bien sûr.

Écrire, c’est avoir le droit de vie ou de mort sur ses personnages. Écrire un polar, c’est avoir le devoir de décider qui vit et qui meurt.

Et j’avoue, c’est franchement jubilatoire de jouer les Parques, sang froid et cœur noir, comme j’ai pu l’expérimenter ce week-end.

Le stage POLAR, une tuerie !

Participer à un stage d’écriture, c’est s’extraire de son quotidien, s’accorder du temps pour soi, pour écrire. C’est partager avec d’autres cette passion somme toute solitaire qu’est l’écriture. D’autres qui comprennent ce que vous vivez. Un stage d’écriture, c’est aussi l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques pour mieux écrire, de découvrir d’autres horizons.

Vous l’aurez compris, je suis fan des stages d’écriture et je participe dès que je peux. Celui-là est l’un des meilleurs que j’ai vécus. J’y ai vécu une expérience qu’aucun livre ou guide d’écriture ne peut apporter. Je vous raconte.

Nous voilà 4 apprentis-criminolologues sous la houlette de Nadia Bourgeois. Par ses questions, par nos échanges, nous avons été poussés chacun dans nos retranchements pour laisser émerger le meilleur de notre histoire.

Pas question de tuer propre ou sans raison ! Nous avons mis en scène de vrais méchants au cœur tendre et de vrais gentils border line. Tricoté des neurones pour semer de faux cailloux blancs, disséqué les mobiles, découvert les poisons et l’importance des projections de sang…

Avant ce fameux samedi, nous ignorions tout de cette histoire que nous allions construire. Nous avons passé deux jours à : « essayer de nous imprégner de tout ce monde que nous ne connaissions pas la veille et qui venait de surgir dans notre vie » (d’après Simenon).

Et nous nous sommes beaucoup amusés, sans même avoir l’impression de travailler. Pourtant, le dimanche soir, nous sommes repartis chacun avec notre synopsis et une énorme envie d’aller au bout de ce POLAR.

Albane, Stéphanie, Christophe, je récidive quand vous voulez 🙂

Stage POLAR Nadia Bourgeois

Un meurtre sera commis le…

Un meurtre sera commis le…

Vous connaissez ce titre ? C’est celui d’un des romans d’Agatha Christie. Je les ai tous lus et je n’ai jamais réussi à découvrir l’assassin avant la fameuse explication finale, ces cinq dernières pages où tout s’éclaire.

Jamais je n’ai trouvé le petit détail qui aurait pu me faire sortir de la peau de Watson pour me connecter aux neurones de Poirot.

Agatha Christie 82 – Élisa 0.

Écrire du Polar

Quand j’ai commencé à inventer mes premières histoires, c’était avec l’ambition d’écrire un polar.

Alors j’ai commencé à écrire un thriller (mais oui c’est logique et admirez au passage cet art d’éviter de me confronter à l’objet direct de mes désirs…). J’ai vite abandonné cet univers sanglant. Incapable de plonger dans la peau de mes personnages qu’ils soient victimes ou bourreaux. Trop torturé pour moi.

Au final et même si mes histoires contiennent souvent une part de suspense, je ne me suis jamais confrontée à ce genre.

C’est alors que je découvre que ce week-end à Bordeaux, Nadia Bourgeois organise un stage POLAR.

48 heures chrono pour écrire une nouvelle mettant en scène un crime, un enquêteur, des suspects et des indices –les vrais, les faux ; tout ça pour orchestrer la révélation du coupable, le vrai pas le faux…

Impossible de laisser passer cette occasion de revenir à mes premières amours !

Alors ce week-end, prenez garde.

Il y aura tout un groupe de faiseurs de crimes, en liberté dans les rues de Bordeaux… et vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !

Terra Incognita

Dans les temps anciens, les cartographes dessinaient le monde connu et désignaient les autres territoires Terra incognita.

Dans l’imaginaire collectif, ces zones inexplorées étaient peuplées de monstres et de créatures puissantes qui terrifiaient les uns et fascinaient les autres.

Au fil des siècles, il semblerait que nous ayons parcouru chaque parcelle de notre terre. Il nous reste les grands fonds pollués et une voie lactée de plus en plus embouteillée (oui je sais elle était facile).

Alors, aujourd’hui, 21e siècle de notre aire ère, que reste-t-il à explorer ? Que reste-t-il pour nous fasciner et nous faire rêver ?

Ma réponse fuse, évidente : la page blanche bien sûr…

Le point de départ de chacun de mes voyages dans les synapses frétillants de mon cerveau. Mon camp de base pour partir en exploration, à la découverte de nouvelles histoires à inventer. Au programme : aventure et inconnu…

Et vous, quel est le territoire insoupçonné que vous explorez ?

Le top five des conseils d’écrivains

Je viens de lire une interview très intéressante, publiée par enviedecrire.com : « Les conseils de Stephen King pour donner vie à votre récit ».

Les conseils d’écrivains sont les marronniers des rubriques littéraires. Ils fleurissent et foisonnent plusieurs fois par an.

Je les adore, j’avoue.

Dès qu’un article paraît avec un titre comme celui-ci, je me jette dessus. Pourquoi ? Probablement parce que j’espère au fond de moi que l’expérience de ces grands maîtres projettera sa lueur sur ma pratique. Et peut-être que quelque part, je rêve en secret de découvrir la recette magique pour écrire le livre qui tourbillonne dans mes tripes…

Et comme ce n’est pas le cas, j’oublie ces conseils peu après les avoir lus. Ce qui renouvelle mon plaisir de lire les suivants. Vous savez, un peu comme une histoire drôle dont on a oublié la fin mais qui nous fait sourire par anticipation.

Il y a plusieurs types d’auteurs-conseilleurs. Ceux qui sont branchés style et ceux qui sont branchés intrigue. Même s’il arrive que leurs conseils se rejoignent dans le même souci de faire voyager le lecteur.

Enfin, il y a les conseils plus larges sur la vie d’un écrivain, comment il gère son temps, ses phases (ou pannes) d’inspiration, où il écrit, s’il utilise un plan… et même comment il s’habille…

«La robe de chambre dure tout le temps de l’écriture et bien au-delà ! Ce n’est pas moi qui la porte, c’est elle qui me hante. J’essuie tout dessus, mes feutres, mes larmes, mes doigts tachés par le carbone, ma douleur improductive, mes petites joies, tout !» Jeanne Champion

Donc, ils sont nombreux les conseils d’écrivains destinés à ceux que l’écriture titille.

Alors (même si j’ignore pourquoi), je me suis livrée à un petit exercice, une sorte d’étude comparative des 79 conseils donnés par ces 5 écrivains reconnus tant pour leur talent que pour leur générosité. Et voici les 5 conseils qui reviennent le plus fréquemment.

The TOP Five :

1. Écrire !!!
Écrire et lire, régulièrement et souvent. Car pour un auteur, le bonheur est dans la feuille qui noircit.

2. Un style simple et clair. Résister à l’appel des phrases logorrhéiques et multi syntaxiques… hic !

3. Écrire sur ce qui nous tient à cœur, sans chercher à plaire à la planète.

4. Un incipit percutant. Séduire ou intriguer dès les premiers mots.

5. Pas de pitié pour les personnages, même les chouchous. Que les obstacles dressés devant eux révèlent leurs faces, obscure et lumineuse… et votre sadisme d’auteur !

Pour ceux que ça intéresse et en exclusivité mondiale, 79 conseils d’écrivains passés au crible :

79 Conseils d’écrivains passés au crible

Bonne écriture à tous 🙂