Écrire en atelier

Écrire est une activité solitaire, le mythe de l’auteur-Bernard car ermite n’est pas sans fondement. Et si nos idées proviennent bien de notre source intérieure, nous tournerions vite au narcissisme si nous ne nourrissions pas de l’extérieur. D’un regard croisé, un mot attrapé au vol sur la terrasse d’un café, une musique au vent…

Et puis, il y a les ateliers d’écriture !

Si décriés en France, pays du mythe du génie créatif (on en a déjà parlé de celui-là mais il revient sans cesse… !). Décriés même par des auteurs comme Leïla Slimani qui a pourtant suivi l’atelier Gallimard… Je ne reviendrai pas sur ses propos de savoir si on peut devenir auteur en participant à un atelier ou non, ce sera pour une prochaine fois.

Aujourd’hui, je voudrais simplement vous parler du plaisir qu’il y a d’écrire en groupe, de partager des textes, de confronter des univers… de s’enrichir les uns les autres.

Cette année, je me suis inscrite à l’atelier Les Mots pour un cycle animé par Karim Miské « Le monde est un polar ». Atelier qui promettait de s’inspirer : « Des jeux vidéos au darknet en passant par youtube et l’ensemble des réseaux sociaux. D’un statut facebook, on peut faire une histoire. Derrière une story sur snapchat se cache le plus terrible des assassinats. La culture hip-hop aussi sera une grande source d’inspiration. Comment écrire la ville contemporaine sans avoir recours au rap, aux grafs ou aux danses de rue ? Si l’on sait écouter, deux lignes de Booba ou de PNL contiennent la matrice d’un polar hardcore et mélancolique. »

Bref ! Un univers contemporain théoriquement mais en réalité très éloigné de mon petit monde. Comment j’aurais pu résister plus longtemps ?

Pour la première séance, Karim ne nous a pas trop bousculés. Il nous a laissés nous habituer à l’idée que nous allions devoir tuer quelqu’un à un moment ou un autre. Dans cette première séance donc, nous sommes partis d’une photo avec comme consigne, d’écrire un meurtre.

Comment vous dire que tous les textes étaient très différents les uns des autres, avec chacun leur univers et leur mécanique propre… mais que nous étions nombreux à ne pas être passés à l’acte ce soir-là. Car vraiment, ce n’est pas si facile de tuer, même entre les lignes.

Pour lire deux des textes issus de cette séquence en atelier (dont le mien) cliquez ici !

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La désobéissance des pouces

J’avais dit pouce cet été pour faire un break mais aussi pour consacrer plus de temps à l’écriture.

Et voici le résultat, il vient d’arriver.

Un beau bébé de 140 pages. La couverture, que j’adore, a été dessinée par Cécile Brunet, mon amie et complice dans de nombreux projets, mais ceci est une autre histoire…

Allez, je vous fait le pitch ?

« Naître suspendu à un cordon ombilical dont il faut être délivré pour pouvoir respirer, voilà une bien étrange façon d’arriver dans un monde soi-disant libre.

Carmadoc, Sophir, Mira, Anthony, Kham, Théo…

Au travers de sept récits courts comme la vie, ce recueil raconte l’histoire de femmes et d’hommes qui, chacun à leur manière, ont bravé les règles imposées pour suivre leur voie. Quel que soit le prix à payer… »

Pourquoi la symbolique du pouce ? Après la station debout, c’est le pouce qui nous a donné la capacité de saisir ce dont nous avions besoin. Or, qu’y a-t-il de plus précieux que de prendre en mains notre vie ?

Le pouvoir d’agir

Dans ce recueil, j’ai exploré la notion de liberté dans le sens de « pouvoir agir » et son évolution à travers le temps. Depuis l’an zéro jusqu’à… bien après nous.

Ce qui m’a intéressée, en tant qu’auteur, ce n’est pas seulement d’observer si nos latitudes s’étaient agrandies, une cage reste une cage, quelle que soit sa taille. Non ce qui m’a intéressée plus particulièrement, c’est de voir si les sanctions à dévier des routes préétablies s’étaient estompées sous l’effet de ce que l’on appelle, la civilisation.

Des histoires d’aventure et d’amour

Ces notions de liberté et de pouvoir d’agir n’ont pas donné naissance à un recueil d’essais. Je n’ai aucune prétention philosophique. Mais elles m’ont inspirée des histoires où les personnages passent à l’action et prennent leurs libertés en mains. Aventures, romances… Certaines histoires sont des nouvelles, d’autres sont des mini-romans. Toutes ont un point commun : vous proposer des lectures d’évasion !

Le recueil est disponible en version brochée et dédicacée, en me contactant en message privé OU en version numérique sur Amazon.

Bonne lecture 🙂

 

 

PS : Si vous avez aimé le recueil, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur Amazon, Babelio, où vous voulez… Merci d’avance 

La saison des Late Bloomers

« Trouver sa voie, il n’est jamais trop tard »

Ce titre est celui de l’article écrit par Camille Perlès dans le PRIMA d’octobre (p58) où elle dresse le portrait des Late Bloomers. Avec beaucoup de sensibilité, la journaliste met en lumière les personnes qui prennent le temps avant de choisir leur voie.

Si je vous parle de cet article c’est que le sujet m’intéresse bien sûr (cf. mon billet précédent) mais aussi parce qu’il retrace, parmi d’autres, le parcours de Sans traces apparentes, premier roman publié après 50 ans.

En plus des témoignages, l’article s’appuie aussi sur le livre de Catherine Taret « Il n’est jamais trop tard pour éclore » qui donne trois conseils précieux pour trouver sa voie :

  1. Avoir confiance en la vie
  2. Garder à l’esprit que nous avons toujours prise sur nous
  3. Se souvenir que c’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus (d’après Nelson Mandela que j’adoooore).

Cela peut paraître simple à dire et difficile à faire, mais l’auteure témoigne  avec un enthousiasme pragmatique qui donne envie, au moins, d’essayer.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire
l’article de Camille Perlès.


Un bel article et une belle rencontre, merci Camille 🙂

Allez, je vous laisse, car si je suis une late bloomer, depuis la rentrée je suis surtout une busy bloomer.

Amitiés 🙂

Du danger d’attendre les vacances pour écrire…

Hello tout le monde ! Les mois d’été se terminent et nous reprenons tous, plus ou moins vite, le chemin de notre quotidien.

Puisque je ne partais pas en voyage cette année, je m’étais prévu des vacances farniente pour me reposer, m’amuser et écrire. Et je m’étais fait un super programme : en profiter et écrire un roman de 200 pages en trois semaines…

 

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je n’en sais rien. Le temps a filé incognito, sans laisser d’adresse.

Pourtant j’y croyais et mon roman aussi…

Et voilà… Résultat, j’ai à peine réussi à écrire la quatrième de couv de mon recueil de nouvelles !

Mais finalement, ce n’est pas très important. Car l’écriture fait partie de ma vie au quotidien alors quelque part il n’était pas absurde qu’elle se repose elle aussi de son côté pour revenir en septembre en pleine forme.

Allez, je vous laisse.

J’ai un programme de rentrée à écrire,
À bientôt 😉

 

 

 

 

Autopsie d’un stage POLAR

Vous mouriez d’envie de savoir ce qui s’est passé lors de ce stage POLAR ? Allez j’avoue, c’était une tuerie. Et je vous dis tout.

Ce tout a commencé par une question très simple.

POLAR, Thriller… Quelle différence ?

Au-delà des définitions conceptuelles, j’ai aimé la distinction que fait Nadia Bourgeois : le polar est une enquête criminelle menée par un enquêteur officiel alors que dans le thriller, un citoyen lambda (vous, moi, mais plutôt vous je préfère), un citoyen ordinaire donc, attire l’attention d’un criminel contre lequel il devra lutter, seul, pour s’extirper de ses griffes maléfiques.

La mécanique du POLAR

Si j’ai abandonné dans un vieux tiroir mes brouillons de polar ou de thriller, c’est que j’ai un gros problème avec la mort et la torture. Je devrais demander à Jean-Christophe Grangé ou à Franck Thilliez comment ils font pour écrire ces scènes avec tant de précision.

Quand j’écris, je me mets dans la peau des personnages, je vis leurs émotions. Or, m’incarner en psychopathe qui prend plaisir à tuer ou en victime qui subit des tortures, c’est plus fort que moi, je n’y arrivais pas…

Je craignais ce blocage mais lors du stage, nous nous sommes surtout intéressés à la mécanique du POLAR : le trio infernal ENQUÊTEUR-CRIMINEL-VICTIME(S), l’enquête, les fausses pistes, les suspects, les mobiles, les témoignages, les mensonges, le faux coupable, le vrai coupable…

La mécanique du POLAR est bien connue par tous les amateurs du genre. Pourtant, ce serait trop simple s’il suffisait d’assembler tous ces ingrédients pour écrire un polar efficace. EFFICACE ! Voilà le maître mot.

Qu’est-ce qui fait la différence entre un polar qui nous tient en haleine et celui qui est cousu de fil blanc ?

Damned… Je dévoile tout trop vite et la réponse est dans la question bien sûr ! Bâtir une histoire noire avec du fil blanc est aussi visible qu’un feu d’artifice dans la nuit.

L’art du POLAR

L’art de l’auteur de polar réside en grande partie dans sa capacité à camoufler le fil de son intrigue au milieu d’un écheveau fluorescent qu’il agite sous le nez du lecteur pour l’entraîner dans la mauvaise direction, c’est-à-dire loin du vrai coupable.

L’art du lecteur de polar est de tirer le bon fil, celui qui relie au coupable.

Entre l’auteur et le lecteur, le contrat est tacite mais réel : désorienter oui, mais ne rien dissimuler de majeur, ce qui empêcherait de démasquer le coupable avant la fin. Ce serait considéré comme une tricherie qui enverrait directement le polar dans un trou sombre au fond du jardin.

C’est là le grand intérêt que j’ai trouvé dans l’écriture du polar : cette connivence avec le lecteur sur l’information à lui donner, sur la meilleure façon de faire monter le suspense, de dévoiler peu à peu le mystère pour qu’il s’exclame à la fin « Mais c’est bien sûr ! ».

Pour moi, un bon POLAR est un puzzle où s’affrontent les noirceurs de l’âme humaine dans un duel qui monte crescendo, où rien n’arrive par hasard ni par la magie des nouvelles technologies.

Portrait robot d’un auteur de polar

La première noirceur humaine avec laquelle l’auteur de polar joue, c’est avec la sienne. Plus machiavélique que l’assassin et l’enquêteur réunis, il tue de manière préméditée, prend plaisir à manipuler les autres, à mentir, à transgresser les lois et la morale… Ce qu’il ne fait pas dans la vraie vie, bien sûr.

Écrire, c’est avoir le droit de vie ou de mort sur ses personnages. Écrire un polar, c’est avoir le devoir de décider qui vit et qui meurt.

Et j’avoue, c’est franchement jubilatoire de jouer les Parques, sang froid et cœur noir, comme j’ai pu l’expérimenter ce week-end.

Le stage POLAR, une tuerie !

Participer à un stage d’écriture, c’est s’extraire de son quotidien, s’accorder du temps pour soi, pour écrire. C’est partager avec d’autres cette passion somme toute solitaire qu’est l’écriture. D’autres qui comprennent ce que vous vivez. Un stage d’écriture, c’est aussi l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques pour mieux écrire, de découvrir d’autres horizons.

Vous l’aurez compris, je suis fan des stages d’écriture et je participe dès que je peux. Celui-là est l’un des meilleurs que j’ai vécus. J’y ai vécu une expérience qu’aucun livre ou guide d’écriture ne peut apporter. Je vous raconte.

Nous voilà 4 apprentis-criminolologues sous la houlette de Nadia Bourgeois. Par ses questions, par nos échanges, nous avons été poussés chacun dans nos retranchements pour laisser émerger le meilleur de notre histoire.

Pas question de tuer propre ou sans raison ! Nous avons mis en scène de vrais méchants au cœur tendre et de vrais gentils border line. Tricoté des neurones pour semer de faux cailloux blancs, disséqué les mobiles, découvert les poisons et l’importance des projections de sang…

Avant ce fameux samedi, nous ignorions tout de cette histoire que nous allions construire. Nous avons passé deux jours à : « essayer de nous imprégner de tout ce monde que nous ne connaissions pas la veille et qui venait de surgir dans notre vie » (d’après Simenon).

Et nous nous sommes beaucoup amusés, sans même avoir l’impression de travailler. Pourtant, le dimanche soir, nous sommes repartis chacun avec notre synopsis et une énorme envie d’aller au bout de ce POLAR.

Albane, Stéphanie, Christophe, je récidive quand vous voulez 🙂

Stage POLAR Nadia Bourgeois

Un meurtre sera commis le…

Un meurtre sera commis le…

Vous connaissez ce titre ? C’est celui d’un des romans d’Agatha Christie. Je les ai tous lus et je n’ai jamais réussi à découvrir l’assassin avant la fameuse explication finale, ces cinq dernières pages où tout s’éclaire.

Jamais je n’ai trouvé le petit détail qui aurait pu me faire sortir de la peau de Watson pour me connecter aux neurones de Poirot.

Agatha Christie 82 – Élisa 0.

Écrire du Polar

Quand j’ai commencé à inventer mes premières histoires, c’était avec l’ambition d’écrire un polar.

Alors j’ai commencé à écrire un thriller (mais oui c’est logique et admirez au passage cet art d’éviter de me confronter à l’objet direct de mes désirs…). J’ai vite abandonné cet univers sanglant. Incapable de plonger dans la peau de mes personnages qu’ils soient victimes ou bourreaux. Trop torturé pour moi.

Au final et même si mes histoires contiennent souvent une part de suspense, je ne me suis jamais confrontée à ce genre.

C’est alors que je découvre que ce week-end à Bordeaux, Nadia Bourgeois organise un stage POLAR.

48 heures chrono pour écrire une nouvelle mettant en scène un crime, un enquêteur, des suspects et des indices –les vrais, les faux ; tout ça pour orchestrer la révélation du coupable, le vrai pas le faux…

Impossible de laisser passer cette occasion de revenir à mes premières amours !

Alors ce week-end, prenez garde.

Il y aura tout un groupe de faiseurs de crimes, en liberté dans les rues de Bordeaux… et vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !

Terra Incognita

Dans les temps anciens, les cartographes dessinaient le monde connu et désignaient les autres territoires Terra incognita.

Dans l’imaginaire collectif, ces zones inexplorées étaient peuplées de monstres et de créatures puissantes qui terrifiaient les uns et fascinaient les autres.

Au fil des siècles, il semblerait que nous ayons parcouru chaque parcelle de notre terre. Il nous reste les grands fonds pollués et une voie lactée de plus en plus embouteillée (oui je sais elle était facile).

Alors, aujourd’hui, 21e siècle de notre aire ère, que reste-t-il à explorer ? Que reste-t-il pour nous fasciner et nous faire rêver ?

Ma réponse fuse, évidente : la page blanche bien sûr…

Le point de départ de chacun de mes voyages dans les synapses frétillants de mon cerveau. Mon camp de base pour partir en exploration, à la découverte de nouvelles histoires à inventer. Au programme : aventure et inconnu…

Et vous, quel est le territoire insoupçonné que vous explorez ?

Le top five des conseils d’écrivains

Je viens de lire une interview très intéressante, publiée par enviedecrire.com : « Les conseils de Stephen King pour donner vie à votre récit ».

Les conseils d’écrivains sont les marronniers des rubriques littéraires. Ils fleurissent et foisonnent plusieurs fois par an.

Je les adore, j’avoue.

Dès qu’un article paraît avec un titre comme celui-ci, je me jette dessus. Pourquoi ? Probablement parce que j’espère au fond de moi que l’expérience de ces grands maîtres projettera sa lueur sur ma pratique. Et peut-être que quelque part, je rêve en secret de découvrir la recette magique pour écrire le livre qui tourbillonne dans mes tripes…

Et comme ce n’est pas le cas, j’oublie ces conseils peu après les avoir lus. Ce qui renouvelle mon plaisir de lire les suivants. Vous savez, un peu comme une histoire drôle dont on a oublié la fin mais qui nous fait sourire par anticipation.

Il y a plusieurs types d’auteurs-conseilleurs. Ceux qui sont branchés style et ceux qui sont branchés intrigue. Même s’il arrive que leurs conseils se rejoignent dans le même souci de faire voyager le lecteur.

Enfin, il y a les conseils plus larges sur la vie d’un écrivain, comment il gère son temps, ses phases (ou pannes) d’inspiration, où il écrit, s’il utilise un plan… et même comment il s’habille…

«La robe de chambre dure tout le temps de l’écriture et bien au-delà ! Ce n’est pas moi qui la porte, c’est elle qui me hante. J’essuie tout dessus, mes feutres, mes larmes, mes doigts tachés par le carbone, ma douleur improductive, mes petites joies, tout !» Jeanne Champion

Donc, ils sont nombreux les conseils d’écrivains destinés à ceux que l’écriture titille.

Alors (même si j’ignore pourquoi), je me suis livrée à un petit exercice, une sorte d’étude comparative des 79 conseils donnés par ces 5 écrivains reconnus tant pour leur talent que pour leur générosité. Et voici les 5 conseils qui reviennent le plus fréquemment.

The TOP Five :

1. Écrire !!!
Écrire et lire, régulièrement et souvent. Car pour un auteur, le bonheur est dans la feuille qui noircit.

2. Un style simple et clair. Résister à l’appel des phrases logorrhéiques et multi syntaxiques… hic !

3. Écrire sur ce qui nous tient à cœur, sans chercher à plaire à la planète.

4. Un incipit percutant. Séduire ou intriguer dès les premiers mots.

5. Pas de pitié pour les personnages, même les chouchous. Que les obstacles dressés devant eux révèlent leurs faces, obscure et lumineuse… et votre sadisme d’auteur !

Pour ceux que ça intéresse et en exclusivité mondiale, 79 conseils d’écrivains passés au crible :

79 Conseils d’écrivains passés au crible

Bonne écriture à tous 🙂

Voix & Silences

Les débuts d’année sont souvent propices aux bilans et aux bonnes résolutions éphémères. Permettez-moi de ne pas suivre la tradition.

Ce qui s’est passé ne peut plus se défaire et ce qui vient n’existe pas encore.

Cette année, je préfère me centrer sur mon essentiel, sur ce qui donne une âme à ma vie. Et réaffirmer pourquoi je vis et pourquoi j’écris.

Je vis entre foule et solitude.

Un réveillon à Londres à m’imprégner du bouillonnement humain, de sa créativité, son énergie. Puis quelques jours deretraite dans la belle Dordogne. À écouter ma voix intérieure et retrouver ma source profonde.

J’écris pour parler aux silences.

Il y a une raison à chacune de mes histoires. Derrière l’intention première de raconter et de divertir, je cherche à faire entendre ma voix sur les sujets qui me tiennent à cœur. Avec des mots qui demandent à ricocher le plus loin possible sur l’étendue du silence.

Quand mon amie Laurence Marino a publié sur son blog sa série des petites musiques –celles qui vous renvoient à qui vous êtes vraiment avant que la vie ne vous oblige aux compromis et aux demi-choix, je me suis demandée quelle chanson m’avait le plus marquée.

Sound of silence a mis du temps à revenir à ma mémoire. Il a fallu le remix de Disturbed pour que je réécoute les paroles. C’est mon gros coup de cœur de ce début d’année, ma promesse de continuer à parler aux silences.

The Sound Of Silence 

Hello darkness, my old friend,
I’ve come to talk with you again
Because a vision softly creeping,
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain, still remains
Within the sound of silence

In restless dreams I walked alone,
Narrow streets of cobblestone
‘Neath the halo of a street lamp,
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light,
That split the night and touched the sound of silence

And in the naked light I saw,
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking,
People hearing without listening
People writing songs that voices never share,
And no one dared disturb the sound of silence

Fools, said I, you do not know,
Silence, like a cancer, grows
Hear my words that I might teach you,
Take my arms that I might reach you
But my words, like silent raindrops fell,
And echoed in the wells of silence

And the people bowed and prayed
To the neon god they made
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
And the sign said : the words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls,
And whispered in the sounds of silence

Le Son Du Silence

Bonsoir ténèbres, mon vieil ami,
Je suis venu discuter encore une fois avec toi
Car une vision s’insinuant doucement en moi,
A semé ses graines durant mon sommeil
Et la vision qui fut plantée dans mon cerveau, demeure encore
A l’intérieur, le son du silence

Dans mes rêves agités j’arpentais seul,
Des rues étroites et pavées
Sous le halo d’un réverbère,
Je tournais mon col à cause du froid et de l’humidité
Lorsque mes yeux furent éblouis par l’éclat de la lumière d’un néon,
Qui déchira la nuit et atteignit le son du silence

Et dans cette lumière pure je vis,
Dix mille personnes, peut être plus
Des personnes qui discutaient sans parler,
Des personnes qui entendaient sans écouter
Des personnes qui écrivaient des chansons qu’aucune voix n’a jamais emprunté,
Et personne n’osa déranger le son du silence

Idiots, dis-je, vous ignorez,
Que le silence, tel un cancer, évolue
Entendez mes paroles que je puisse vous apprendre,
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre
Mais mes paroles tombèrent telles des gouttes de pluie silencieuses,
Et résonnèrent dans les puits du silence

Et ces personnes s’inclinaient et priaient
Autour du dieu de néon qu’ils avaient créé
Et le panneau étincela ses avertissements
A travers les mots qu’il avait formés
Et le signe dit : les mots des prophètes
Sont écrits sur les murs des souterrains
Et des halls d’immeubles,
Et murmurés à travers les sons du silence

Femmes et engagements

La médiathèque de Carbon Blanc près de Bordeaux organisait en novembre une série d’événements consacrés à Federica Montseny, militante anarchiste, première femme espagnole à devenir ministre.

Un seul semestre à la tête du ministère de la Santé entre 1936 et 1937 mais pendant ce court laps de temps, Federica Montseny instaure des lieux d’accueil pour orphelins, des cantines pour femmes enceintes, des liberatorios (maisons de reconversion) pour les prostituées, une liste de professions ouvertes aux handicapés… Elle demande aussi au docteur Félix Martí Ibáñez de rédiger le premier projet de loi en faveur de l’avortement.

Toutes ses actions ne seront pas mises en œuvre à grande échelle mais elle a donné une impulsion historique pour les politiques sociales futures.federica_montseny_l_indomptable

Dans le cadre de cet hommage, Marie-Laure Fray m’a invitée à animer un atelier d’écriture sur le thème « Femmes et engagement ».

J’adore les ateliers d’écriture. Dès que l’occasion se présente, je fonce. C’est l’occasion de sortir de ses schémas, de découvrir d’autres horizons. L’occasion aussi de partager entre pratiquants d’une activité parfois bien solitaire.

Je n’ai pas réfléchi, j’ai dit oui. Une expérience nouvelle, sur un sujet passionnant, dans un cadre où je prends génératlement beaucoup de plaisir…

J’avais juste oublié que cette fois-ci, c’était à moins de créer les conditions du plaisir d’écrire. Que de nombreux et prestigieux auteurs se sont succédé pour animer les ateliers de la médiathèque dont Hervé Le Corre, Renaud Borderie, Lionel Germain, critique littéraire spécialiste du polar au journal Sud-Ouest…

Non je n’ai pas le trac !

20h. Ils sont là, ils sont venus. Hommes, femmes, jeunes de 16 à 71 ans. Curieux ou écrivants avertis, habitués des ateliers. Il y a même un animateur confirmé. Pas moins de seize personnes, leurs regards braqués sur moi, cahiers ouverts, prêtes à dégainer leur stylo.peur_fuir

Là, j’ai le trac ! Vite ma couette, courir, fuir, disparaître…

Nous nous présentons, vous vous présentez… Tout le monde sourit, contents d’être là. Je respire.

Et puis la magie de l’écriture se met en mouvement. Première consigne pour dérouiller les neurones, les stylos hésitent, puis s’animent. Deuxième consigne, le tempo est donné. Troisième, ah ah… on monte crescendo vers l’objectif.

Enfin, on y est. Écrire un texte mettant en scène un personnage féminin qui affirme son engagement envers et contre tous. Deux scénarios au choix pour guider la créativité, une ou deux contraintes pour le fun… C’est parti !

Un moment de réflexion puis les stylos s’activent. Le temps s’écoule, fébrile, les feuilles se noircissent sans faiblir. 20 minutes c’est court pour écrire un texte, on n’a pas le temps de réfléchir. Tant mieux, se laisser porter par son intuition, par le flux créatif qui donne naissance aux personnages, qui façonne l’histoire…

Le dernier temps de l’atelier est arrivé. Celui du partage. Tous ceux qui le souhaitent lisent leurs textes, les offrent en cadeau aux autres. Prendre conscience de la diversité des voix, du pouvoir de transmettre des émotions fortes, de la performance à construire un récit même imparfait en si peu de temps…

Une sauterelle ninja du 9-3, Loya l’indienne se libérant par l’œil d’un Olympus, une jeune mongole prisonnière d’une vie de yourte, des personnages s’engageant vers l’humanitaire pour de bonnes ou de mauvaises raisons, une capitaine de police, des femmes qui se battent pour leur enfant, Pénélope au cœur de la rue…

Il s’est raconté de si belles histoires mardi à Carbon Blanc. Bravo à tous !

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