Rebelles et forêts

Un auteur ne crée pas à partir de rien. Il crée à partir de ce qu’il voit, entend, goûte, ressent… Témoin subjectif qui partage un petit bout de sa vision du monde.

À vrai dire, j’avais prévu de vous parler de littérature et de nourriture. Mais, mon thème favori étant la liberté et plus précisément le libre-arbitre, le pouvoir de faire et la libération de ses carcans, la lutte actuelle des gilets jaunes ne pouvait que m’interpeller.

Ce billet n’a pas pour objectif de me prononcer sur le bien-fondé de cette lutte (ceci n’est pas un blog politique) ni sur les moyens employés. Je voudrais juste vous parler de l’un de mes livres inspirants, Le traité du Rebelle ou Der Waldgänger de Ernst Jünger. Écrit en 1951, ce livre s’inscrit dans une œuvre qui défend l’individu contre les oppressions.

Il explique comment des individus qui disent non, même s’ils sont en nombre inférieur, peuvent s’opposer aux pouvoirs en place, y compris contre ceux qui usent de la force et de la terreur. Car les dictatures sont aussi puissantes que vulnérables, la violence brutale qu’elles déploient suscitant l’hostilité.

Ces individus sont le cauchemar des potentats car « Si, comme le prétend la propagande, les masses étaient aussi moutonnières, il ne faudrait pas plus de policiers qu’un berger n’a besoin de chiens pour garder son troupeau. Quand des loups épris de liberté se dissimulent au sein du moutonnement grisâtre, le danger subsiste qu’ils communiquent leurs passions à la masse, changeant la troupe en horde furieuse. »

Alors, bien sûr, on n’en est pas là en France. Pas encore. Pas si le dialogue reste ouvert. Si le gouvernement garde à l’esprit qu’un homme acculé dans une situation qui paraît sans issue, doit décider s’il s’avoue vaincu, ou s’il poursuit la partie, armé de sa force la plus secrète et la plus personnelle. Dans ce dernier cas, il peut choisir de se rebeller et d’avoir recours aux forêts.

Est « Rebelle », quiconque est mis par la loi de sa nature en rapport avec la liberté, relation qui l’entraîne à une révolte contre l’automatisme et à un refus d’en admettre la conséquence éthique, la fatalité.

La peur est là car elle fait suite à une époque de grande liberté individuelle où la misère était presque oubliée. Or la misère est revenue, et avec elle, la restriction des libertés.

Ce n’est pas en essayant de faire taire les peurs qu’on les fait disparaître. Et ce n’est pas en essayant de se rendre plus dangereux que l’objet de sa crainte que l’on parvient à une solution. Si la peur est placée en situation d’interlocutrice, alors l’homme peut prendre la parole. Il peut cesser de se croire cerné. Une autre solution que celle de l’automatisme se présentera à son esprit. C’est-à-dire que deux chemins s’ouvriront à lui et, qu’ainsi sa liberté de décision sera restaurée et que la peur s’atténuera.

Dans l’ordre du temps, toute modification du nécessaire entraîne une mutation de la liberté. Mais la liberté, elle, est impérissable, bien qu’elle emprunte toujours les vêtements du temps.

Il n’est pas question de refuser au temps le tribut qu’il exige [ou que la modernité réclame], car le devoir et la liberté peuvent se concilier. Mais l’histoire authentique ne peut être faite que par des hommes libres.

L’histoire est l’empreinte que l’homme libre appose sur son destin.

Un homme qui a peur pour sa liberté au point de ne plus accepter de rester neutre peut décider d’avoir recours aux forêts.

La doctrine des forêts est aussi ancienne que l’histoire de l’homme. La forêt est le lieu où l’homme proclame sa décision de s’affirmer par ses seules forces, où il prend le risque de prendre en main son destin, fut-ce à l’encontre du groupe.

L’imagination, la poésie, sont l’un des recours aux forêts.
Hurler avec les loups et prendre les armes en sont un autre.

C’est parmi les rebelles de la forêt que se forme la petite élite, capable de résister à l’automatisme, qui tiendra en échec le déploiement de la force brute. C’est la liberté ancienne, vêtue à la mode du temps : la liberté substantielle, élémentaire, qui se réveille au cœur des peuples quand la tyrannie des partis ou de conquérants étrangers pèse sur leur pays. Il ne s’agit pas seulement de cette liberté qui proteste ou émigre, mais d’une liberté qui décide d’engager la lutte.

Le Rebelle est un individu concret, agissant dans un cadre concret. Il n’a pas besoin de théories, de lois forgées par des juristes, pour savoir où se trouve le droit. Il descend jusqu’aux sources de la moralité, que n’ont pas encore divisé les canaux des institutions.

La résistance du Rebelle est absolue : elle ne connaît pas de neutralité, ni de grâce ni de détention en forteresse. Il ne s’attend pas à ce que l’ennemi se montre sensible aux arguments, encore moins à ce qu’il s’astreigne à des règles chevaleresques. Il sait aussi qu’en ce qui le concerne, la peine de mort n’est pas supprimée*.

* Cette référence à la peine de mort vient de ce que, dans les coutumes de l’ancienne Norvège, le Waldgänger est à l’origine un proscrit qui, reconnu coupable d’un crime, décide d’avoir « recours aux forêts ». Il s’y réfugie et y vit librement. En revanche, quiconque le rencontre est en droit de l’abattre.

Je pourrais continuer longtemps à citer les mots et les phrases extraits du Traité des Rebelles. De cette lecture d’hier qui m’aide à comprendre les événements d’aujourd’hui, en ce qu’ils débordent de peur, de colère et de combat. Je pourrais aussi vous parler du syndrome de Pinocchio qui insinue dans l’inconscient des enfants le danger à suivre ses désirs.

Mais je n’ai ni l’érudition ni les capacités d’analyse pour dresser un portrait des libertés à préserver. Tout ce que je peux c’est parfois, essayer de porter la plume dans la plaie (Albert Londres).

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Femmes, femmes, femmes…

Clin d’œil à toutes les femmes qui illuminent le monde
Et à tous ceux qui se laissent éclairer, réchauffer, embraser…

Vu sur le blog de Pimpf Drifting somewhere (merci 🙂 )

Écoute plus souvent

Ces derniers temps, j’ai été assaillie de pseudos-commentaires provenant d’un parti politique (à qui je ne ferai pas l’honneur de citer le nom) qui voulait utiliser mon blog pour diffuser ses messages racistes.

Comme WordPress fait bien les choses, j’ai pu bloquer cette propagande nauséabonde et pour bien afficher la couleur de mes convictions, je vais vous parler aujourd’hui du Marché de la poésie à Bordeaux (du 4 au 12 mars 2017 au marché des Chartrons).

Quel rapport ?

Cette année, l’association culturelle des Chartrons donne la parole à la poésie africaine.

Une poésie engagée et charnelle, qui affirme sa liberté par les mots dits. La respiration profonde de peuples asservis qui n’avaient pour relever la tête que la parole, sa beauté et sa puissance. Pour dire qu’ils étaient hommes, femmes, enfants et vivants.

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Souffles
(extrait)
Birago Diop

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.

Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

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Je n’oublie pas que j’habite une ville qui tient sa richesse du commerce du vin et de l’ébène.

Et je n’oublie surtout pas que l’esclavage subsiste encore à travers le monde… ici même en France. Cloîtrées dans des maisons luxueuses, sur des chantiers, des ateliers clandestins, des campagnes, des mariages forcés… Victimes invisibles, silence assourdissant.

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Voix & Silences

Les débuts d’année sont souvent propices aux bilans et aux bonnes résolutions éphémères. Permettez-moi de ne pas suivre la tradition.

Ce qui s’est passé ne peut plus se défaire et ce qui vient n’existe pas encore.

Cette année, je préfère me centrer sur mon essentiel, sur ce qui donne une âme à ma vie. Et réaffirmer pourquoi je vis et pourquoi j’écris.

Je vis entre foule et solitude.

Un réveillon à Londres à m’imprégner du bouillonnement humain, de sa créativité, son énergie. Puis quelques jours deretraite dans la belle Dordogne. À écouter ma voix intérieure et retrouver ma source profonde.

J’écris pour parler aux silences.

Il y a une raison à chacune de mes histoires. Derrière l’intention première de raconter et de divertir, je cherche à faire entendre ma voix sur les sujets qui me tiennent à cœur. Avec des mots qui demandent à ricocher le plus loin possible sur l’étendue du silence.

Quand mon amie Laurence Marino a publié sur son blog sa série des petites musiques –celles qui vous renvoient à qui vous êtes vraiment avant que la vie ne vous oblige aux compromis et aux demi-choix, je me suis demandée quelle chanson m’avait le plus marquée.

Sound of silence a mis du temps à revenir à ma mémoire. Il a fallu le remix de Disturbed pour que je réécoute les paroles. C’est mon gros coup de cœur de ce début d’année, ma promesse de continuer à parler aux silences.

The Sound Of Silence 

Hello darkness, my old friend,
I’ve come to talk with you again
Because a vision softly creeping,
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain, still remains
Within the sound of silence

In restless dreams I walked alone,
Narrow streets of cobblestone
‘Neath the halo of a street lamp,
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light,
That split the night and touched the sound of silence

And in the naked light I saw,
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking,
People hearing without listening
People writing songs that voices never share,
And no one dared disturb the sound of silence

Fools, said I, you do not know,
Silence, like a cancer, grows
Hear my words that I might teach you,
Take my arms that I might reach you
But my words, like silent raindrops fell,
And echoed in the wells of silence

And the people bowed and prayed
To the neon god they made
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
And the sign said : the words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls,
And whispered in the sounds of silence

Le Son Du Silence

Bonsoir ténèbres, mon vieil ami,
Je suis venu discuter encore une fois avec toi
Car une vision s’insinuant doucement en moi,
A semé ses graines durant mon sommeil
Et la vision qui fut plantée dans mon cerveau, demeure encore
A l’intérieur, le son du silence

Dans mes rêves agités j’arpentais seul,
Des rues étroites et pavées
Sous le halo d’un réverbère,
Je tournais mon col à cause du froid et de l’humidité
Lorsque mes yeux furent éblouis par l’éclat de la lumière d’un néon,
Qui déchira la nuit et atteignit le son du silence

Et dans cette lumière pure je vis,
Dix mille personnes, peut être plus
Des personnes qui discutaient sans parler,
Des personnes qui entendaient sans écouter
Des personnes qui écrivaient des chansons qu’aucune voix n’a jamais emprunté,
Et personne n’osa déranger le son du silence

Idiots, dis-je, vous ignorez,
Que le silence, tel un cancer, évolue
Entendez mes paroles que je puisse vous apprendre,
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre
Mais mes paroles tombèrent telles des gouttes de pluie silencieuses,
Et résonnèrent dans les puits du silence

Et ces personnes s’inclinaient et priaient
Autour du dieu de néon qu’ils avaient créé
Et le panneau étincela ses avertissements
A travers les mots qu’il avait formés
Et le signe dit : les mots des prophètes
Sont écrits sur les murs des souterrains
Et des halls d’immeubles,
Et murmurés à travers les sons du silence

Un monde nouveau

Me voici de retour après un séjour fabuleux dans cette Belle-Province dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois. Rassurez-vous. Même si on est mercredi, je ne vais pas vous prendre la soirée et la tête avec les milliers de photos rapportées…

Ce voyage a été une parenthèse hors du monde. Observer les aigles à tête blanche voler par-dessus les hauts sapins, les mouettes voler le poisson aux phoques, les baleines reprendre leur souffle, les ours se chicaner. Et caresser les loups imprégnés. Et  donner notre bannique aux écureuils ou à Margot –jeune femelle raton-laveur… Adorable effrontée 🙂

On a respiré la forêt, goûté la sève d’épinette, flâné en rabaska sur les lacs… Reset total. Déconnexion absolue de la vie moderne. Laisser aller, suivre le temps sans essayer de le précéder… La plénitude, savourée à chaque seconde. Rapportée dans les valises pour la ressortir dans les périodes de stress futures.

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Rapporter du bon-vivre, c’est une chose. Rapporter la bonne histoire en est une autre. Avant mon départ, j’ai travaillé dur pour boucler mes recherches et consolider mon synopsis. Une histoire qui met en scène un jeune homme vivant en Nouvelle-France, au XVIIe siècle.

Quelques incursions dans la civilisation étaient prévues dans notre parcours pour visiter des musées, comparer les fresques avec mes notes, interroger les guides. Un merci tout particulier à Pascal, Pierre, Patrice et Yolande, qui ont répondu à toutes mes questions et elles étaient nombreuses.

J’ai glané des détails qu’on ne trouve pas dans les livres et j’étais super contente de ma récolte quand je me suis aperçue que mon synopsis ne tenait absolument pas la route. Les obstacles que j’avais imaginé faire vivre à mon jeune héros n’étaient pas plus compliqués pour lui qu’une virée en stop dans la Creuse pour nous.

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Ils ont bien raison, ces guides d’écriture qui conseillent d’écrire sur des sujets proches de soi. Le risque de tomber à côté est trop important. Mon synopsis reflétait la vision d’une femme, européenne, urbaine et vivant au XXIe siècle. En total décalage avec les réalités de l’époque de mon histoire.

Alors que faire ? Hors de question d’abandonner. Le thème et le personnage me tiennent trop à cœur. Une seule option : reprendre tous les éléments et concocter un nouveau synopsis qui aura la saveur du Nouveau-Monde… Je n’ai pas fini de me régaler !

Je me souviens, Québec

Il y a quelques années j’ai gagné dans un concours un ticket pour des cours de criminologie à l’Université du Québec de Montréal. Je suis sociologue, bien placée pour savoir qu’ils sont à la pointe des sciences sociales, là-bas. Je suis aussi romancière et fan de polars. Forcément, à la perspective d’un cours avec le Professeur Maurice Cusson, je me sens pousser des ailes !

Mais les manifestations étudiantes contre la hausse des inscriptions m’empêcheront d’assister aux cours. Je suis déçue, mon mari Denis (pas René) est ravi. Il préfère de loin jouer les touristes plutôt que s’enfermer dans une salle de classe.

Arrivée à Montréal et premier coup de coeur. Pour nos cousins. La gentillesse des Québécois n’est pas qu’une légende. Dès que nous sortons notre plan pour nous repérer, il y a toujours quelqu’un pour venir nous proposer son aide, spontanément. Dans les magasins, les vendeurs vous accueillent avec un « Bonjour, ça va bien ? ». Partout, des sourires jusqu’aux yeux.

Nous quittons Montréal, direction Québec, puis le Saint-Laurent. Trajet enchanteur : des plaines immenses à perte de vue, parsemées d’habitations en bois colorés et d’arbres rougeoyants.

Arrivés au fleuve, la température a chuté de moitié, nous enfilons nos polaires et nous embarquons sur le baleinier. Pendant la traversée, des têtes de phoque émergent droites, à la manière de périscopes indiquant le chemin. Quand les baleines apparaissent, j’oublie aussitôt mon rendez-vous raté avec les psychopathes.

C’est le coup de foudre ! Je suis tombée en amour.

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Extraits de mon carnet de voyage

Je me souviens…

De cet hôtel luxueux en bordure du quartier latin, où junkies maléfiques et transsexuels faméliques croisent leurs corps décharnés pour quelques dollars.

Je me souviens…

De la basilique Notre-Dame et de cette lumière bleue baignant les travées, comme si un morceau de ciel était resté à l’intérieur. Il paraît qu’on ne peut pas prier Marie car elle ne fait pas partie des saints. Il paraît qu’on peut juste lui demander d’intercéder pour nous. Alors pourquoi tant de cathédrales, églises et autres maisons du Seigneur sont-elles appelées « Notre-Dame » ?

Dans cette église toute bleue, je me suis sentie libre de m’adresser à qui je voulais. Je sentais mes prières s’envoler, je sentais l’amour m’envelopper.

Je me souviens…

Du Mont-Royal, des castors et des écureuils. Les roux, les gris… dans l’herbe, sur les tables, à l’affût de la moindre miette à chaparder. Une gamine avec une queue de cheval passe en courant, bondissante et rapide comme cet écureuil qui regagne son arbre avec son butin.

Je me souviens…

De l’oratoire et de l’histoire de Frère André. Un petit homme malingre et souffreteux devenu un saint parce qu’il savait écouter les souffrances des autres. Sa foi n’a pas soulevé des montagnes, il en a pris une pour y poser son lieu de prières. Aujourd’hui, reste un mausolée implorant le ciel et un cœur mort dans un bocal de formol.

Je me souviens…

De ce voyage au-delà des remparts de Québec, vers les courbes sinueuses du Saint-Laurent. Les blancs belugas filent dans l’eau en lignes gracieuses, ballet fantôme, hymne de vie. Rarement, je me suis sentie aussi intensément au monde, respirant son souffle, écoutant ses battements, goûtant ses secrets que nul mot ne peut prononcer.

Je me souviens…

Je me souviens de toi Québec. Et je reviens.

February feel good…

Février !

Les bonnes résolutions sont reléguées aux souvenirs de l’année dernière, déjà loin. Pourtant cette année, je m’étais juré que c’était pour de vrai. La preuve, j’avais déjà pris mon abonnement à la piscine… (ça marche aussi pour la salle de gym, la bibliothèque et les associations).

Et puis, je n’étais pas seule. Sur les rayonnages des libraires, les ouvrages sur le développement personnel abondent, feuilletage tout prêt pour aider.

Est-ce que, comme moi, vous vous laissez parfois tenter par ces petits guides à la couverture accrocheuse ?

« 1500 recettes dont l’une d’elle va sauver votre ligne »

« Embrassez une carrière, pas vos collègues »

etc, etc…

Et est-ce que comme moi, vous trouvez souvent le contenu assez décevant ?

Il y a tant de pages à tourner avant d’en arriver au vif du sujet. Oui c’est important de nous expliquer à quel point la problématique nous pourrit la vie, et combien nous en sommes prisonniers, incapables de nous en extraire…

Mais…
megaphone–Message pour messieurs et mesdames qui rédigez des guides de développement personnel : « On le sait qu’on ne fait pas ce qu’il faut, sinon on n’aurait pas acheté votre livre ! ».

Alors s’il-vous-plaît, laissez l’épouvantail s’agiter tout seul et consacrez plus de pages à nous présenter les solutions promises par votre titre si accrocheur. Quand on en arrive à cette partie, il reste si peu à lire.

Janvier est passé… Mes bonnes résolutions se ramassent à la pelle. L’abonnement piscine a pris l’eau mais je ne renonce pas !

Considérant que les habitudes, bonnes ou mauvaises, se prennent en 21 jours, les 29 jours de février me semblent largement suffisants.

29 jours pour ancrer 5 ré-solutions résolument POSITIVES sans passer par la case « CULPABILISATION » !

  1. M’entourer de gens qui m’entraînent vers le haut, y compris moi-même
    – Prendre mes distances avec les personnes négatives.
    – Basculer dans le positif chaque petite voix intérieure limitante.
  2. Me ménager un nid douillet, une zone paisible au sein de « chez-moi ».
    Trier, ranger et faire de la place pour ce qui viendra.
  3. Prendre soin de mon corps. C’est grâce à lui que je ressens le plaisir de vivre ce que je vis.
    – Respecter mes besoins en sommeil : alterner nuits blanches et nuits noires (je n’ai plus 20 ans).
    – Choisir des activités physiques qui me plairont assez pour faire passer les contraintes au second plan.
    – Ajouter à chacun de mes repas des aliments que j’aime.
  4. Choisir un travail où il est possible de s’amuser ou de sourire.
    Chercher jusqu’à le trouver. Encore et encore…
  5. Sortir de ma zone de confort.
    Bouger et expérimenter, partir à la découverte de nouveaux horizons ou aller plus loin dans le voyage déjà engagé.

Et vous, comment passerez-vous Février ?

Bonnes 29 journées à tous 🙂

Elisa

fevrier-crepes