7 bonnes raisons de jouer

Noël arrive à grands pas, les rayons des magasins se garnissent de jouets. Dans ma vie professionnelle, je construis des formations qui s’appuient souvent sur la mécanique du jeu. Aux ateliers polar, je m’amuse comme une folle à semer des indices que personne ne trouvera, sauf l’enquêteur ! Et je ne vous raconte pas avec mes petits enfants, nous jouons avec tout ce qui nous tombe sous la main, parfois rien…

Bref, je joue… de plus en plus, dans tous les compartiments de ma vie et je ne voudrais plus vivre autrement. Parce que jouer, c’est important. Et on l’oublie trop souvent en grandissant.

7 bonnes raisons de se rappeler qu’il faut continuer à jouer

1. Jouer fait oublier les soucis du quotidien et apporte de la joie (les Romains le savaient bien et le succès des jeux télés le démontre encore aujourd’hui).

2. Le jeu fédère et crée du lien. Il libère le plaisir à être ensemble et à partager.

3. Les enjeux du jeu font exploser les barrières sociales. Quel que soit l’âge ou le statut, il n’y a plus autour du jeu que des joueurs qui s’expriment pour défendre leurs choix, qui s’affrontent ou s’entraident. Les plus gros contrats ne se négocient-ils pas sur les terrains de golf ?

4. Grâce au jeu, petits et grands apprennent. Tout simplement et sans s’en rendre compte, les joueurs sollicitent leurs connaissances, développent leurs capacités de logique et de concentration, inventent des stratégies nouvelles…

5. Grâce au jeu, petits et grands apprennent sans pression. La part du hasard atténue la crainte de l’erreur qui pourrait conduire à l’échec.

6. Le jeu favorise l’émulation et la collaboration. C’est particulièrement vrai pour les jeux coopératifs qui amènent les joueurs à se dépasser, naturellement. On gagne ensemble ou on perd ensemble. Donc on va s’aider.

7. Enfin, le jeu est un outil de valorisation et d’intégration. Chaque joueur devient un membre à part entière d’une communauté (que ce soit autour d’une table ou sur les réseaux), un être reconnu et apprécié pour sa contribution dans le jeu.

L’occupation préférée, la plus intensive de l’enfant est le jeu.
Il serait alors injuste de dire qu’il ne prend pas ce monde au sérieux. 
Sigmund Freud

Et vous ? Depuis quand n’avez-vous pas libéré l’enfant en vous ? Quelle est la dernière fois où vous avez joué, pour de vrai, sérieusement ?

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Deux maux à vous dire

Je pourrais vous dire comme Voltaire que je suis prête à me battre jusqu’à la mort pour que chacun puisse exprimer ses idées, même si je ne suis pas d’accord avec elles. Mais ce serait faux.

D’abord, un combat à mort sera toujours un dernier recours. Ensuite, mes valeurs de liberté d’expression s’arrêtent devant les incitations à la haine et les bonnes-raisons-pièges-à-cons qui asservissent les uns au profit de quelques autres.

Dimanche prochain, nous allons élire l’homme ou la femme qui nous dirigera, représentera notre pays, et incarnera notre culture, nos valeurs.

Dans quelques minutes, les deux candidats vont s’affronter face à face.

L’un est susceptible de mettre le feu aux poudres à tout moment, l’autre peut s’avérer toxique. Alors que faire ?

J’avoue. Devant cette situation, je suis à courts de mots et d’idées. Je n’arrive pas à visualiser la fin de cette histoire et aucun des synopsis que j’entrevois ne tend vers un happy end.

Le vote blanc n’a pas d’autre poids que celui de cautionner le système et le futur élu. Pourtant, j’irai voter dimanche. Même si ce bulletin pèsera lourd dans ma main. Je penserai  très fort à mes enfants, mes petits-enfants… À cette vie que je leur ai donnée. À ce monde meilleur que je crains de ne pouvoir leur offrir…

Ce blog est une tribune dédiée à l’écriture. Si, contrairement à mes habitudes, j’ai décidé de m’exprimer sur un sujet politique, c’est parce qu’il est aussi l’écho de ma voix d’habitante de la planète Terre, de citoyenne de ce monde de fou.

Je suis auteure et j’écris parce que sinon, quelque chose va mal en moi. J’invente des histoires pour réenchanter le monde. Et parfois, je brandis mes mots bien haut.

Comme aujourd’hui.

Non pour me positionner « pour » ou « contre » (encore que…) ni dicter ce qu’il faut faire, mais pour porter, à mon humble niveau, la plume dans la plaie.

Écoute plus souvent

Ces derniers temps, j’ai été assaillie de pseudos-commentaires provenant d’un parti politique (à qui je ne ferai pas l’honneur de citer le nom) qui voulait utiliser mon blog pour diffuser ses messages racistes.

Comme WordPress fait bien les choses, j’ai pu bloquer cette propagande nauséabonde et pour bien afficher la couleur de mes convictions, je vais vous parler aujourd’hui du Marché de la poésie à Bordeaux (du 4 au 12 mars 2017 au marché des Chartrons).

Quel rapport ?

Cette année, l’association culturelle des Chartrons donne la parole à la poésie africaine.

Une poésie engagée et charnelle, qui affirme sa liberté par les mots dits. La respiration profonde de peuples asservis qui n’avaient pour relever la tête que la parole, sa beauté et sa puissance. Pour dire qu’ils étaient hommes, femmes, enfants et vivants.

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Souffles
(extrait)
Birago Diop

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.

Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

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Je n’oublie pas que j’habite une ville qui tient sa richesse du commerce du vin et de l’ébène.

Et je n’oublie surtout pas que l’esclavage subsiste encore à travers le monde… ici même en France. Cloîtrées dans des maisons luxueuses, sur des chantiers, des ateliers clandestins, des campagnes, des mariages forcés… Victimes invisibles, silence assourdissant.

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Les jours des merveilles

Hier, vendredi 13.

J’adore ces journées. Elles ont une atmosphère envoûtante, apporteuses de chance pour les uns, donneuses de malheur pour les autres.

Sources de toutes les superstitions, elles sont pour moi sources d’inspirations. Elles me rappellent combien la magie ordinaire nous entoure. Invisible et présente, pour les yeux du cœur… ou ceux de l’imaginaire.

Hier donc, je comptais écrire un article sur ce merveilleux inexpliqué dans lequel nous vivons. Et rien… De manière inexplicable, mon stylo est resté sec. Ni l’encre ni les mots ne coulaient. Partis sans laisser d’adresse.

Fatiguée par ma semaine de reprise dans ce monde de fous, je n’avais pas envie de batailler. Si les mots préféraient aller à l’aqua-poney… je n’allais pas leur courir après. J’ai laissé ma page pâlir de dépit et je me suis choisie un film : Le goût des merveilles.

Les merveilles, vous savez, ce sont ces petits beignets gras et sucrés qui réconfortent les cœurs d’enfants. Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé avec ce film.

Oui, l’histoire est cousue de fil blanc. Il y a bien quelques rebondissements mais ils ne trompent personne. On sait dès les premières minutes du film comment tout ça finira bien. Et c’est tant mieux ! Ce film est un petit bijou lumineux capable d’ensoleiller n’importe quelle journée grisouillarde.

Les personnages, à la fois ordinaires et hors normes, m’ont embarquée dans un monde profondément humain. Les relations entre les personnages sont ponctuées de jolis mots, qui sont aussi des mots vrais, dénués de tricherie. Des mots pour s’émerveiller du monde et de l’autre.

Alors on se dit que des gens comme ça, on ne les voit qu’au cinéma. Que ça n’existe pas. Que cet émerveillement naïf ne peut pas se vivre dans le monde réel.

Et pourtant… Et si… Et si, en cherchant bien, on pouvait vivre chaque jour quelques minutes d’émerveillement ?

D’ailleurs, il paraît que ce film a été inspiré d’une fée réelle…

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Le PitchAu cœur de la Drôme provençale, Louise élève seule ses deux enfants et tente de préserver l’exploitation familiale. Un soir, elle manque d’écraser un inconnu au comportement singulier. Cet homme se révèle vite différent de la plupart des gens. Et sa capacité d’émerveillement pourrait bien changer la vie de Louise et de sa famille.

Voix & Silences

Les débuts d’année sont souvent propices aux bilans et aux bonnes résolutions éphémères. Permettez-moi de ne pas suivre la tradition.

Ce qui s’est passé ne peut plus se défaire et ce qui vient n’existe pas encore.

Cette année, je préfère me centrer sur mon essentiel, sur ce qui donne une âme à ma vie. Et réaffirmer pourquoi je vis et pourquoi j’écris.

Je vis entre foule et solitude.

Un réveillon à Londres à m’imprégner du bouillonnement humain, de sa créativité, son énergie. Puis quelques jours deretraite dans la belle Dordogne. À écouter ma voix intérieure et retrouver ma source profonde.

J’écris pour parler aux silences.

Il y a une raison à chacune de mes histoires. Derrière l’intention première de raconter et de divertir, je cherche à faire entendre ma voix sur les sujets qui me tiennent à cœur. Avec des mots qui demandent à ricocher le plus loin possible sur l’étendue du silence.

Quand mon amie Laurence Marino a publié sur son blog sa série des petites musiques –celles qui vous renvoient à qui vous êtes vraiment avant que la vie ne vous oblige aux compromis et aux demi-choix, je me suis demandée quelle chanson m’avait le plus marquée.

Sound of silence a mis du temps à revenir à ma mémoire. Il a fallu le remix de Disturbed pour que je réécoute les paroles. C’est mon gros coup de cœur de ce début d’année, ma promesse de continuer à parler aux silences.

The Sound Of Silence 

Hello darkness, my old friend,
I’ve come to talk with you again
Because a vision softly creeping,
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain, still remains
Within the sound of silence

In restless dreams I walked alone,
Narrow streets of cobblestone
‘Neath the halo of a street lamp,
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light,
That split the night and touched the sound of silence

And in the naked light I saw,
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking,
People hearing without listening
People writing songs that voices never share,
And no one dared disturb the sound of silence

Fools, said I, you do not know,
Silence, like a cancer, grows
Hear my words that I might teach you,
Take my arms that I might reach you
But my words, like silent raindrops fell,
And echoed in the wells of silence

And the people bowed and prayed
To the neon god they made
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
And the sign said : the words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls,
And whispered in the sounds of silence

Le Son Du Silence

Bonsoir ténèbres, mon vieil ami,
Je suis venu discuter encore une fois avec toi
Car une vision s’insinuant doucement en moi,
A semé ses graines durant mon sommeil
Et la vision qui fut plantée dans mon cerveau, demeure encore
A l’intérieur, le son du silence

Dans mes rêves agités j’arpentais seul,
Des rues étroites et pavées
Sous le halo d’un réverbère,
Je tournais mon col à cause du froid et de l’humidité
Lorsque mes yeux furent éblouis par l’éclat de la lumière d’un néon,
Qui déchira la nuit et atteignit le son du silence

Et dans cette lumière pure je vis,
Dix mille personnes, peut être plus
Des personnes qui discutaient sans parler,
Des personnes qui entendaient sans écouter
Des personnes qui écrivaient des chansons qu’aucune voix n’a jamais emprunté,
Et personne n’osa déranger le son du silence

Idiots, dis-je, vous ignorez,
Que le silence, tel un cancer, évolue
Entendez mes paroles que je puisse vous apprendre,
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre
Mais mes paroles tombèrent telles des gouttes de pluie silencieuses,
Et résonnèrent dans les puits du silence

Et ces personnes s’inclinaient et priaient
Autour du dieu de néon qu’ils avaient créé
Et le panneau étincela ses avertissements
A travers les mots qu’il avait formés
Et le signe dit : les mots des prophètes
Sont écrits sur les murs des souterrains
Et des halls d’immeubles,
Et murmurés à travers les sons du silence

Mi estas la mondo

Je suis Paris, Je suis Bruxelles, Ich bin ein Berliner…

J’ai pensé cette phrase en tant de langues : en égyptien, en camerounais, en turc, en côte d’ivoirien, en alepien… Tant de pays touchés par tant d’attentats. La liste est interminable.

L’année 2016 aura été endeuillée, encore, par la violence aveugle d’actions terroristes, et malgré certains événements personnels joyeux, elle restera dans ma mémoire empreinte de tristesse.

Il paraît que 2017 ouvre un nouveau cycle.

Je ne peux qu’espérer très fort que le cercle de violence se referme ici et maintenant.

Que l’histoire ne gomme pas dans quelques années la réalité de ces tragédies. Qu’elle ne transforme pas ces terroristes en combattants héroïques par la grâce de victoires guerrières.

Que l’homme cesse enfin de vouloir ériger la vision de sa vérité en loi universelle.

Que nous puissions tous vivre ensemble, côte à côte.

Alors je fais un voeu pour 2017, dans la langue de l’esperanto :

Paco sur la mondo

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Joyeuses fêtes à tous 

Un monde nouveau

Me voici de retour après un séjour fabuleux dans cette Belle-Province dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois. Rassurez-vous. Même si on est mercredi, je ne vais pas vous prendre la soirée et la tête avec les milliers de photos rapportées…

Ce voyage a été une parenthèse hors du monde. Observer les aigles à tête blanche voler par-dessus les hauts sapins, les mouettes voler le poisson aux phoques, les baleines reprendre leur souffle, les ours se chicaner. Et caresser les loups imprégnés. Et  donner notre bannique aux écureuils ou à Margot –jeune femelle raton-laveur… Adorable effrontée 🙂

On a respiré la forêt, goûté la sève d’épinette, flâné en rabaska sur les lacs… Reset total. Déconnexion absolue de la vie moderne. Laisser aller, suivre le temps sans essayer de le précéder… La plénitude, savourée à chaque seconde. Rapportée dans les valises pour la ressortir dans les périodes de stress futures.

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Rapporter du bon-vivre, c’est une chose. Rapporter la bonne histoire en est une autre. Avant mon départ, j’ai travaillé dur pour boucler mes recherches et consolider mon synopsis. Une histoire qui met en scène un jeune homme vivant en Nouvelle-France, au XVIIe siècle.

Quelques incursions dans la civilisation étaient prévues dans notre parcours pour visiter des musées, comparer les fresques avec mes notes, interroger les guides. Un merci tout particulier à Pascal, Pierre, Patrice et Yolande, qui ont répondu à toutes mes questions et elles étaient nombreuses.

J’ai glané des détails qu’on ne trouve pas dans les livres et j’étais super contente de ma récolte quand je me suis aperçue que mon synopsis ne tenait absolument pas la route. Les obstacles que j’avais imaginé faire vivre à mon jeune héros n’étaient pas plus compliqués pour lui qu’une virée en stop dans la Creuse pour nous.

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Ils ont bien raison, ces guides d’écriture qui conseillent d’écrire sur des sujets proches de soi. Le risque de tomber à côté est trop important. Mon synopsis reflétait la vision d’une femme, européenne, urbaine et vivant au XXIe siècle. En total décalage avec les réalités de l’époque de mon histoire.

Alors que faire ? Hors de question d’abandonner. Le thème et le personnage me tiennent trop à cœur. Une seule option : reprendre tous les éléments et concocter un nouveau synopsis qui aura la saveur du Nouveau-Monde… Je n’ai pas fini de me régaler !

Je me souviens, Québec

Il y a quelques années j’ai gagné dans un concours un ticket pour des cours de criminologie à l’Université du Québec de Montréal. Je suis sociologue, bien placée pour savoir qu’ils sont à la pointe des sciences sociales, là-bas. Je suis aussi romancière et fan de polars. Forcément, à la perspective d’un cours avec le Professeur Maurice Cusson, je me sens pousser des ailes !

Mais les manifestations étudiantes contre la hausse des inscriptions m’empêcheront d’assister aux cours. Je suis déçue, mon mari Denis (pas René) est ravi. Il préfère de loin jouer les touristes plutôt que s’enfermer dans une salle de classe.

Arrivée à Montréal et premier coup de coeur. Pour nos cousins. La gentillesse des Québécois n’est pas qu’une légende. Dès que nous sortons notre plan pour nous repérer, il y a toujours quelqu’un pour venir nous proposer son aide, spontanément. Dans les magasins, les vendeurs vous accueillent avec un « Bonjour, ça va bien ? ». Partout, des sourires jusqu’aux yeux.

Nous quittons Montréal, direction Québec, puis le Saint-Laurent. Trajet enchanteur : des plaines immenses à perte de vue, parsemées d’habitations en bois colorés et d’arbres rougeoyants.

Arrivés au fleuve, la température a chuté de moitié, nous enfilons nos polaires et nous embarquons sur le baleinier. Pendant la traversée, des têtes de phoque émergent droites, à la manière de périscopes indiquant le chemin. Quand les baleines apparaissent, j’oublie aussitôt mon rendez-vous raté avec les psychopathes.

C’est le coup de foudre ! Je suis tombée en amour.

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Extraits de mon carnet de voyage

Je me souviens…

De cet hôtel luxueux en bordure du quartier latin, où junkies maléfiques et transsexuels faméliques croisent leurs corps décharnés pour quelques dollars.

Je me souviens…

De la basilique Notre-Dame et de cette lumière bleue baignant les travées, comme si un morceau de ciel était resté à l’intérieur. Il paraît qu’on ne peut pas prier Marie car elle ne fait pas partie des saints. Il paraît qu’on peut juste lui demander d’intercéder pour nous. Alors pourquoi tant de cathédrales, églises et autres maisons du Seigneur sont-elles appelées « Notre-Dame » ?

Dans cette église toute bleue, je me suis sentie libre de m’adresser à qui je voulais. Je sentais mes prières s’envoler, je sentais l’amour m’envelopper.

Je me souviens…

Du Mont-Royal, des castors et des écureuils. Les roux, les gris… dans l’herbe, sur les tables, à l’affût de la moindre miette à chaparder. Une gamine avec une queue de cheval passe en courant, bondissante et rapide comme cet écureuil qui regagne son arbre avec son butin.

Je me souviens…

De l’oratoire et de l’histoire de Frère André. Un petit homme malingre et souffreteux devenu un saint parce qu’il savait écouter les souffrances des autres. Sa foi n’a pas soulevé des montagnes, il en a pris une pour y poser son lieu de prières. Aujourd’hui, reste un mausolée implorant le ciel et un cœur mort dans un bocal de formol.

Je me souviens…

De ce voyage au-delà des remparts de Québec, vers les courbes sinueuses du Saint-Laurent. Les blancs belugas filent dans l’eau en lignes gracieuses, ballet fantôme, hymne de vie. Rarement, je me suis sentie aussi intensément au monde, respirant son souffle, écoutant ses battements, goûtant ses secrets que nul mot ne peut prononcer.

Je me souviens…

Je me souviens de toi Québec. Et je reviens.

SOS Océans

8 juin, journée mondiale de l’océan

Nos plus grands poètes ont rendu hommage aux océans indomptés : Victor Hugo et son célèbre Oceano nox , Émile Verhaeren (Vers la mer, Vers la côte), Théophile Gautier…

Plus près de nous, Renaud ou Pierre Desproges dont le cynisme se teinte de poésie quand il célèbre les océans dans sa « Pensée du jour » :

« La vraie mer. Atlantique. Pas la mer sans marée, stagnante et soupe aux moules, qui lèche le Sud à petit clapotis mièvres, où l’Anglaise dorée finissante fait frémir ses varices. Je vous parle de la mer venue d’Ouest qui claque aux sables vierges, et va et vient, monte et descend comme un amant formidable. La mer tour à tour miroir de plomb mort ou furie galopante. La mer. »

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Sans eau pas de Terre.
Nos océans sont menacés. Le danger est connu : le plastique, si pratique et si nocif, produit par l’activité humaine