F… comme FLINGUER

Vous avez envie d’écrire un thriller mettant en scène un psychopathe sadique ou un récit horrifique où de jeunes adolescents sont assassinés de façon horrible au fond des bois… Oui mais voilà, vos valeurs morales vous empêchent de passer à l’acte, même entre les lignes. Eh oui, tuer n’est pas si facile.

Comment font nos auteurs de thriller préférés pour écrire les pires horreurs et rester humains ?

Lorsque l’on bascule dans le flow de l’écriture, immergé dans l’histoire, connecté à ses personnages, nous vivons ce qu’ils vivent, nous ressentons ce qu’ils ressentent. Comment dans ces conditions, supporter de souffrir ce qu’ils endurent, et dont nous sommes responsables ? D’autant plus que ce flow s’accompagne souvent d’une espèce d’euphorie créatrice, où écrire devient amusant, jubilatoire.

Comment garder cette jubilation alors même que l’on est en train d’écrire des horreurs ?

L’astuce consiste à écrire ces scènes difficiles un jour où vous en ressentez l’envie. Soit parce que vous êtes morose ou d’humeur assassine (en mode : le monde entier m’énerve, je vais le faire péter !), soit parce qu’à l’inverse, vous vous sentez détaché et capable d’assumer.

Ce qui revient à dire que vous êtes capable d’écrire votre roman dans le désordre parce que vous suivez le plan de départ et que vous savez ce qui se passe avant et après la scène en question. Pas évident, pour tout le monde.

Une autre technique est de se constituer une émotithèque.

L’émotithèque, c’est une liste de choses, d’objets, de sons, d’odeurs… capables de déclencher en vous des émotions en tous genres. Cela peut être une play-list de musiques, des photos, un livre dont vous feuillèterez quelques pages, un objet d’enfance, un souvenir, un rituel… Par exemple : un doudou pour une nostalgie d’enfant, un slow de Scorpions pour écrire une scène romantique, la photo d’une plage de Birmanie pour un sentiment d’euphorie…

Peu importe le déclencheur du moment qu’on ait l’émotion.

L’intérêt est de pouvoir s’y abreuver au moment d’écrire une scène à forte intensité alors qu’on n’est pas dans les mêmes dispositions. Et refermer ensuite facilement cette émotion déclenchée artificiellement pour revenir dans la vraie vie.