III. De l’histoire au roman

Les recherches ont pris presque 9 mois mais j’aurais pu les conduire encore des années. J’ai adoré arpenter les arcanes du passé. Un jour pourtant, il faut bien cesser de musarder et se mettre à l’écriture. C’est un moment un peu intimidant parce que l’histoire « idéale » va subir l’épreuve de la réalité.

La structure

La structure du livre s’est imposée assez naturellement. 6 générations, 6 chapitres. Je n’ai pas cherché l’originalité en la matière, il serait déjà assez compliqué de manier autant de personnages, pas la peine d’en rajouter…

La vraie difficulté a été de trouver une manière différente pour que Charlie découvre les indices qui permettraient de raconter la suite de l’histoire. Que la première révélation soit le fruit du hasard, d’accord. Mais il fallait qu’ensuite ce soit les personnages eux-mêmes qui tirent les fils de l’histoire, de manière intentionnelle et variée pour ne pas lasser la lecture.

L’écriture

EcriturePage après page, l’histoire s’est couchée sur le papier. Parfois dans l’aisance parfois non. J’écris lentement : autour de 350 mots par heure quand certains de mes amis auteurs atteignent 1 000 mots/ heure.

Je vais lentement mais je ne peux pas avancer si je ne suis pas satisfaite des phrases précédentes. Il ne s’agit pas de rechercher la perfection, je sais d’avance qu’il faudra au texte plusieurs réécritures. Mais j’ai besoin que les phrases correspondent à l’atmosphère que je vise.

Atmosphère. Une notion importante pour moi parce qu’elle recouvre à la fois l’action à développer et l’émotion à transmettre.

La période d’écriture a duré environ 1 an. Puis est venu le temps où j’ai dû poser Sans traces apparentes, accepter de le laisser sortir de mon quotidien. Objectif : se séparer pour retrouver un regard neuf.

Les premiers lecteurs

J’ai trouvé très difficile de laisser de côté ce qui m’a occupé pendant près de deux ans. D’abandonner les personnages qui m’ont accompagnée à chaque instant. Ce fut comme un grand vide dans mes entrailles, presque aussi puissant que le jour où nos enfants ont quitté notre maison.

C’est pendant cette période d’intense frustration que j’ai commis une folie. Je me demande encore où j’ai trouvé cette audace. J’ai envoyé mon texte, avec ses imperfections de première version, à un concours de premier roman, Nouvelles Plumes, organisé par France Loisirs.

logo nouvelles plumesSélectionnée parmi les 125 finalistes (sur plus de 1200 textes !), la version  de Sans traces apparentes a été lue par un comité composé de 10 grands lecteurs. Leurs retours ont constitué un bel encouragement. Ils exprimaient ce que j’avais voulu transmettre et plus important que tout, les lecteurs ont été embarqués dans l’histoire.

Ces commentaires m’ont apporté l’élan nécessaire pour retrouver mon texte avec confiance. Ah ! Comment vous dire le plaisir de redécouvrir l’histoire à travers des yeux de lectrice. J’en oubliais parfois que j’étais l’auteur. Par exemple, pour le passage où Charlie trouve Lucas sa valise sur le lit, prêt à quitter la Gaillarde. Je me souviens m’être écriée « Mais qu’est-ce qu’il fait ? Il ne s’en va pas ? Mais non ! ».

La confrontation avec le texte a demandé six mois de plus pour gommer les maladresses, vérifier la cohérence… Avant de l’envoyer en tournée chez les éditeurs.

Je me souviens nettement du jour où Mathilde des éditions de la Rémanence m’a appelée pour me proposer d’éditer mon manuscrit. Mais je serais incapable de vous dire ce que nous nous sommes dit ce jour-là.  Un espace-temps balayé par une émotion puissante, impossible à décrire… Au temps pour mes prétentions d’auteur !

Depuis le 15 juillet 2015

Sans traces apparentes est disponible dans toutes les librairies, grandes surfaces ou petites boutiques, implantées dans les quartiers ou sur le net.

sans traces apparentes une

2 réflexions sur “III. De l’histoire au roman

  1. Comme il est heureux de lire tous ces ressentis 🙂 Comme je suis heureuse de partager avec toi ce que tu écris. La lecture est toute fraîche dans ma mémoire, j’en suis encore imprégnée. Oui je puis comprendre cet attachement aux personnages. Ne serait-ce pas une autre malédiction ? 😉 (bon je ris hein !)

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