Initiation Polar

Alors, voilà l’article du lundi, nouvelle version… Bon d’accord, on est mercredi. Mais j’ai une excuse en béton, lundi j’étais encore plongée dans ce premier des trois ateliers d’écriture auxquels je me suis inscrite. « Initiation POLAR », c’est son titre. Tout un programme n’est-ce pas ? Clairement affiché : « apprendre les ficelles du genre (polar donc) et être placé en situation d’écrire le noir ».

Les plus qui m’ont fait choisir cet atelier :

1/ Il est organisé en stage sur 3 jours consécutifs, un format que j’aime beaucoup car on est plongé en immersion, protégée des petits tracas du quotidien. J’allais pouvoir apprendre à tuer sans être dérangée, car tuer n’est pas naturel chez moi et me demande beaucoup de concentration.

2/ L’atelier est animé par Sébastien Gendron, écrivain publié chez Albin Michel, scénariste et réalisateur. J’avais lu Le tri sélectif des ordures dont le style est très éloigné du mien. J’aime confronter des univers différents.

3/ L’organisateur est l’un des deux mastodontes des ateliers d’écritures avec ceux fondés par Elisabeth Bing. S’il y en a qui méritent le nom d’école d’écriture, c’est bien Aleph-écriture. Leurs ateliers reposent sur des méthodes pédagogiques solides, à partir d’extraits d’œuvres littéraires et d’apports théoriques, en alternance avec des temps d’échanges avec le groupe.

Un atelier d’écriture, c’est d’abord une aventure humaine. Les protagonistes arrivent de Bordeaux, de Charente, de Paris… Nous sommes 11 dans la salle, 11 femmes, les hommes brillent par leur absence mais c’est un phénomène courant. Autre caractéristique ordinaire, je ne vois personne âgé de moins de 30 ans. L’écriture a cette habitude bizarre de sauter directement de l’adolescence à la maturité libérée des contraintes familiales, surtout pour les femmes. Mais ceci est une autre histoire… Revenons ici et maintenant.

Quand on assiste à un atelier, chacun vient avec des attentes plus ou moins précises. Une fois évacué le mythe qu’une formation ou un atelier ne donne pas de recettes magiques, chacun exprime ce qu’il est venu chercher. Il y a d’abord deux auteures jeunesse qui ont envie de visiter un genre très éloigné du leur, une auteure de polar confirmée qui vient respirer une bouffée d’air noir, une auteure qui vient de finir son premier roman et qui attend très impatiemment la réponse des éditeurs, et quelques autres qui veulent voir si elles peuvent booster leurs écrits avec les ficelles du polar.

Mon objectif à moi, c’était d’explorer le genre polar, d’en démystifier les codes et d’apprendre à jouer avec. L’enjeu derrière l’objectif, m’assurer que la littérature policière est bien la meilleure façon de raconter l’histoire qui me trotte dans les tripes.

Chacun est installé, attendant que les choses démarrent. La surface de la table a disparu dès les premiers instants. Feuilles blanches volantes, écrans, cahiers petits formats grands carreaux, blocs grands formats petits carreau. Certains abusent, ils ont à la fois un écran et du papier (c’est moi, j’avoue !). Stylos, crayons, feutres… Verres d’eau, tasses de café ou de thé, bouteilles rouges coca, à chacun sa drogue pour rester concentré. Demain, j’apporterai des gâteaux.

Car un atelier d’écriture consomme beaucoup d’énergie. Pour absorber les contenus apportés par l’animateur, pour écrire des textes à l’impromptu, pour oser les lire à voix haute ensuite… Allez, on se tutoie et on se détend.

Les exercices s’enchaînent. Le temps d’écriture est volontairement contraint pour aller à l’essentiel et forcer les participants à lâcher prise. Sébastien insiste sur les consignes. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas que nous écrivions une histoire bouclée mais que nous expérimentions la situation d’écriture qu’il nous propose.

Certains écrivent lentement. Quelques lignes raturées. D’autres noircissent des pages. Chacun se rassure comme il peut. C’est intimidant de lire ce qu’on vient d’écrire, sans filtre, sans se relire. Quand on écrit, on s’expose. Forcément, à quelques exceptions près (là, je pense au quincaillier de G., notre magicienne des mots), forcément, nos textes ne sont pas très bons. Les phrases sont bancals, les mots se répètent ou se heurtent… La recherche de perfection est mise à mal, flinguée sans sommation.

C’est parfois difficile à accepter. Certains renâclent devant l’obstacle. Laissent leur page blanche. Se disent que la consigne ne les a pas inspirés. Il faut se forcer pour écrire les premiers mots, mêmes s’ils n’ont rien à voir, même si c’est juste recopier la consigne, pour que cette satanée inspiration ramène le bout de son nez. Car ce qui est en cause n’est pas le manque d’inspiration, mais la peur du regard de l’autre. Quand on écrit, on s’expose.

Parmi les textes livrés aux oreilles du groupe, il y a les structurés, les rebelles, les inventifs, les envoûtants… Chacun a sa voix propre. Dès la première journée, les univers de chacun se dessinent.

Ce que j’aime dans les ateliers d’écriture, c’est la force du groupe, cette espèce d’énergie créatrice qui se met en branle quand on empoigne nos stylos. Ce lien qui se crée quand on a dépassé nos peurs et qu’on découvre la richesse des autres.

Je pensais aussi vous partager mes étonnements, mes découvertes sur le monde du polar… Et là, je suis vraiment embêtée. Car du point de vue de Sébastien Gendron, il n’y a pas de réelle différence entre l’écriture de littérature blanche et l’écriture de littérature noire. Pour lui, c’est une question de curseur à pousser plus ou moins loin.

Il a donc peu abordé les codes du genre que j’attendais et les différentes structures de narration associés et il a préféré orienter le contenu de l’atelier vers l’exploration des techniques d’écriture les plus importantes en faisant des liens avec le monde du polar….

Ce que je retiens, à chaud, c’est sa façon de nous partager son expérience et sa vision du genre, avec générosité et sans nous imposer de dogme. Il a répondu avec patience à toutes les questions, notamment sur le monde mystérieux de l’édition.

Ce n’était pas un atelier à la mode Aleph, avec sa pédagogie habituelle basée sur le décryptage de l’héritage littéraire ouvrant sur de nouveaux horizons à écrire. C’est vrai. Pour autant, le contenu apporté par Sébastien m’a permis de recueillir quelques pistes qui résonnent dans ma tête comme une alarme clignotante et hurlante. Un truc horrible qui ne s’éteindra que lorsque j’appuierai sur le bouton d’arrêt et que je me déciderai à agir ou que je balancerai par la fenêtre…

Je vous raconte tout ça lundi prochain, promis.

Bises et bonne écriture à tous, Élisa

Publicités

Rentrée d’écriture

Quand j’ai ouvert ce blog, j’avais juste envie de partager mes textes et de rencontrer d’autres auteurs pour parler d’écriture et de lectures. C’était en 2014 et depuis cette date, il s’est passé beaucoup de choses.

La publication de mon premier roman tout d’abord et ces deux prix qu’il a reçus. Quelle émotion quand les jurys l’ont désigné entre tous… Cet automne, c’est un recueil d’histoires courtes « La désobéissance des pouces » qui sortira, publié par les Editions du Vénasque.

Entre les deux livres, j’ai co-créé deux jeux de société à raconter des histoires, écrit un cahier de vacances spécial auteurs « Tongs & Stylos », animé des ateliers d’écriture, accompagné des auteurs sur leur manuscrit…

Tant de belles expériences vécues et de belles rencontres ! Mais il était temps que je me recentre. Et c’est chose faite puisque me voilà plongée dans l’écriture d’un thriller urbain. J’aime les histoires à suspense et « Le silence à l’ombre des pins » a parfois été catalogué comme thriller mais cette fois, j’ai envie d’y aller à fond.

Et le blog dans tout ça ? Je vous avouerai franchement que depuis quelques temps j’avais beaucoup de doutes. Après plus de trois ans à poster mes billets d’humeur, il y avait comme une impression de tourner en rond.

Embarquement pour l’écriture

J’en étais là de mes réflexions quand j’ai eu l’idée, ou plutôt l’envie, de réorienter le blog. L’idée, c’était de vous embarquer avec moi dans le parcours d’écriture de ce nouveau roman. Pas pour dévoiler l’histoire semaine après semaine  à la manière d’un feuilleton mais pour partager les grandes étapes de l’écriture d’un roman.

Il y en a tellement : le choix d’un sujet, les recherches, l’élaboration des personnages –comment ils me choisissent, les premiers jets d’écriture –forcément  mauvais pour ne pas dire m…, la phase de réécriture que personnellement j’adore. C’est pour moi dans cette phase que se noue la relation véritable entre un auteur et son texte.

Mais en même temps, je n’avais pas envie que ce partage tourne à la démonstration. En clair, je ne voulais pas me donner en exemple en prodiguant des conseils d’écriture qui ne conviendront qu’à ce projet. Pour éviter de tomber dans ce travers, j’ai donc ouvert un autre blog « Le LABB’auteurs » qui lui, traitera des techniques d’écriture et des questions d’identité d’auteur. Si ces sujets vous intéressent, n’hésitez pas à vous inscrire. Chaque mois, j’aborderai en profondeur un thème essentiel lié à l’écriture.

Mais refermons cette parenthèse et revenons à ce que je vous propose pour la rentrée. Il s’avère que j’adore les ateliers d’écriture. Loin d’adhérer au mythe de l’auteur solitaire, je suis une grande fan de l’expérience d’écrire en groupe. J’y trouve souvent le plaisir de partager la même passion et une atmosphère inspirante.

Pour la rentrée, je me suis inscrite à trois ateliers d’écriture choisis dans les catalogues automne / hiver des écoles d’écriture parisiennes. J’ai bien sûr écarté les ateliers de Gallimard et du Figaro Littéraire qui proposent un atelier sur 6 séances pour la modique somme de 1 600€. Un peu cher pour écrire une nouvelle…

Canon à trois voix

Les trois ateliers que j’ai choisis reposent repose chacun sur une philosophie et des modalités différentes et tous sont en lien avec mon projet de thriller urbain :

  • Le premier est un stage Aleph organisé en formule intensive sur 3 jours. Sébastien Gendron nous propose une « Initiation au polar». Le titre du stage est un peu réducteur puisqu’il aborde également le roman noir, thriller et le récit à suspense. L’objectif, à la fin de ces trois jours, est de nous avoir appris les ficelles du genre et de nous avoir placés en situation d’écrire le noir. À l’issue des trois jours, chacun des participants doit être en mesure de se lancer dans l’écriture de son propre projet.
  • Le deuxième atelier « L’art du suspense» s’échelonne en 10 séances de 2 heures à partir de fin septembre. Organisé par Les Mots, l’atelier est animé par Ingrid Desjours et il traitera de la mise en tension d’une histoire. L’objectif : faire de son histoire un véritable page-turner, c’est-à-dire un livre qu’on n’arrive pas à lâcher, en faisant frissonner son lecteur, en visant à la fois son cerveau et son cœur…
  • Le troisième mais non le moindre est animé par Eric-Emmanuel Schmitt en format masterclass à distance. Ce MOOC séquencé en 20 vidéos promet aux quelques 3 000 participants de leur faire vivre une expérience unique en leur donnant accès à tous les secrets ou presque de ce maître en écriture.

J’aurai donc le privilège cette année de bénéficier de l’expérience de trois écrivains connus et reconnus qui acceptent de partager une partie de leurs secrets pour nous permettre d’avancer un peu plus loin sur notre chemin d’auteur. Les trois ateliers reposent sur trois méthodes différentes et affichent trois objectifs différents, qui correspondent à mon projet d’écriture.

Avec Sébastien Gendron, j’explorerai les codes du genre. À moi ensuite de choisir de les respecter ou de les contourner. Avec Ingrid Desjours, j’approfondirai les techniques d’écriture liées au suspense et avec Éric-Emmanuel Schmitt, c’est l’ensemble de mon projet que j’aurai l’occasion de questionner.

Rendez-vous semaine prochaine

Au final, ce que je vous propose sur ce blog à partir de la rentrée, ce n’est pas de dévoiler le contenu des cours car il appartient à leurs auteurs. Ce que je vous propose, c’est de partager l’avancée de l’écriture d’un roman au travers de ma participation à ces trois ateliers. Et au fil de l’eau, de découvrir ce que les ateliers d’écriture peuvent réellement apporter.

Tous les lundis, partagez le quotidien d’un roman, la vie d’une auteure en apnée et explorez l’univers des ateliers d’écriture animés par de grands écrivains…

Si l’aventure vous intéresse, rendez-vous chaque semaine, même lieu, même heure.

Premier épisode semaine prochaine.

Tongs & Stylos

J’ai le grand plaisir de vous présenter mon dernier ouvrage,
Tongs & Stylos.

Tongs & Stylos,
c’est un booster d’écriture pour les vacances.

– 21 jeux d’écriture inspirants et faciles (mais pas toujours)
– 20 minutes par jour pour relever le défi
– Des tas d’astuces d’écrivains…

 

 

Avec Tongs & Stylos, je n’ai pas la prétention de vous former à toutes les techniques d’écriture créative, ni de vous apprendre à écrire, en un été, le futur best-seller de la rentrée.

Ce que je vous propose, c’est un booster spécialement conçu pour ceux qui écrivent de temps en temps, mais pas assez à leur goût et qui veulent profiter de ce bel été pour se faire plaisir à raconter et à écrire. Il est aussi dédié à ceux qui voudraient bien écrire mais qui n’osent pas parce qu’ils ne savent pas par quel bout de feuille commencer.

Si vous êtes dans ces situations, Tongs & Stylos va vous offrir l’occasion d’installer un rituel d’écriture et vous aider à franchir le cap pour aller vers une écriture-plaisir.

Tongs & Stylos est disponible sur Amazon en version numérique pour l’emporter partout avec vous sur votre tablette ou votre liseuse et très bientôt en version papier…

Bel été et bonne écriture 🙂

« Concentrez-vous plus sur votre désir que sur votre doute,
et le rêve prendra soin de lui-même »
Mark Twain

Sunshine Blogger Award

Haley du blog « Écrire des petits mots » m’a fait l’amitié de relever mon petit défi d’écrire 1,30 minute un joli texte sur une tomate. Alors, quand elle me défie à son tour de répondre au Sunshine Blogger Award, je ne pouvais pas refuser.

Les questions du TAG

1) Pourquoi as-tu ouvert ce blog ?

L’écriture est une activité super solitaire. Notre entourage a beau être bienveillant, c’est difficile de partager des textes. J’avais commencé à publier sur des forums mais je n’ai pas aimé les échanges. Alors, j’ai ouvert ce blog comme une porte ouverte et j’y ai fait de si belles rencontres.

2) Quel blog t’inspire le plus ?

Ce qui m’inspire dans la blogosphère c’est de pouvoir papillonner parmi tous les blogs. Il y en a tellement et si intéressants. Il y a les blogs des autres auteurs, ceux des lecteurs passionnés, des chroniqueurs d’art, des fans absolus de séries, des amoureux de la nature, de la cuisine… Je les aime tous, je ne peux pas choisir.

3) Quel est ton livre préféré ?

Inconnu à cette adresse est mon livre préféré parce qu’il m’a bouleversée. Il raconte avec une telle simplicité pour des émotions si puissantes. C’est grâce à lui que j’ai découvert comment je voulais écrire.

4) Quel est le voyage de tes rêves ?

Je rêve du Québec. J’y ai déjà fait plusieurs séjours et à chaque fois, quelque chose me parle. J’aimerais tellement y vivre une expérience plus longue et peut-être comprendrai-je ce qu’il me chuchote.

5) Quel est ton plus beau souvenir ?

Mon plus beau souvenir ? Tu veux dire en dehors du jour de mon mariage, de celui de la naissance de mes enfants, ou de la fois où j’ai vu nager les baleines près de notre bateau… ? Alors c’est probablement aujourd’hui, mais je ne le sais pas encore.

6) Es-tu plutôt café ou plutôt thé ?

Ni l’un ni l’autre. Je déteste boire de l’eau chaude mais j’adore le chocolat et la soupe de légumes.

7) Es-tu plutôt chien ou plutôt chat ?

Chien résolument. Personne ne vous accueille à la maison comme un chien. Ils sont là, la queue qui bat et les yeux emplis d’amour. Sans une ombre de reproche. Un chien, c’est de l’amour inconditionnel à l’état pur. J’en ai eu deux et j’y pense régulièrement. Ils me manquent.

8) Que penses-tu de l’utilisation d’un pseudo en écriture ?

Élisa Tixen est un pseudonyme. Quand je l’ai choisi, j’avais plein de raisons que je croyais bonnes. En réalité, j’ai voulu me protéger tout simplement. Montrer ses textes, c’est s’exposer et il m’a fallu du temps pour l’accepter. Aujourd’hui, je me sens bien avec ce choix mais si c’était à refaire, je garderais mon nom.

9) Quel est ton rituel d’écriture ?

J’avoue, j’ai un rituel. J’adore écrire le matin, très tôt, si tôt même que personne n’est encore levé. Tout le monde dort, mon monde est en paix. Je me lève, je me lave les dents et je pars dans mon bureau. J’allume l’ordinateur, je sors mes carnets puis je ferme la porte. Le monde extérieur attendra, j’écris.

10) As-tu déjà été publié ou t’es-tu autopublié ?

Je suis ce qu’on appelle une auteure hybride. J’ai publié un guide pratique en auto-édition : Comment immigrer au Québec après 35 ans. Et j’ai eu l’immense bonheur de voir mon premier roman publié par les éditions Terres de l’Ouest sous le titre Le silence à l’ombre des pins. Un recueil de nouvelles La désobéissance des pouces paraîtra fin septembre aux éditions du Vénasque.

Si l’auto-édition a de nombreux avantages, comme l’indépendance, la relation avec un éditeur qui croit en vous et qui se tient à vos côtés pour porter le livre auprès des lecteurs est irremplaçable.

11) À quoi ressemblera ta vie dans dix ans ?

Dans dix ans, il paraît que j’aurai l’âge de la retraite. Je me vois passer l’été au Québec avec mon mari à écrire mes histoires pendant qu’il fait la promotion du soccer. Et l’hiver, nous revenons en France, près de nos enfants et de nos petits-enfants devenus ados. Je ne comprendrai qu’un mot sur deux de ce qu’ils me raconteront mais l’important n’est pas là, l’important est qu’ils me racontent.

Et voilà ! À mon tour de lancer d’autres blogueurs dans ce beau projet ! La règle du jeu, c’est de poser onze questions à onze participants. Voici les onze questions et les nominés sont les onze premiers blogueurs que ça amuse.

  1. Pourquoi ce blog, pour qui ?
  2. Quel est le livre qui t’a le plus marqué ?
  3. Et quel est celui que tu ne liras jamais ?
  4. Quelle est la musique que tu écoutes en boucle en ce moment ?
  5. Une soirée idéale pour toi, ça ressemble à quoi ?
  6. Quel est le rêve que tu serais très malheureux de réaliser ?
  7. Écriture à l’instinct ou planifiée ?
  8. Un ange te rend visite, il te dit quoi ?
  9. Resto gastro ou plutôt bistrot ?
  10. Ton endroit préféré pour écrire ?
  11. Après toutes ces vérités, un petit mensonge ?

Des traces s’effacent, d’autres apparaissent…

Quand j’ai ouvert ce blog il y a trois ans, j’étais loin de me douter de tout ce qui allait se passer. Je voulais juste partager quelques textes, parler d’écriture et de lecture… Et je dois dire que j’ai été comblée au-delà de mes attentes. J’ai fait de si belles rencontres, des auteurs, des lecteurs et aussi tellement d’autres passionnés !

Aujourd’hui, j’ai de grandes nouvelles à partager.

Sans traces apparentes, mon premier roman, va être réédité par les éditions Terres de l’Ouest sous le titre Le silence à l’ombre des pins. Benjamin, mon éditeur, a concocté une super couverture. Dès le mois de mai, le livre sera sur les rayons des librairies du Sud-Ouest et je repartirai bientôt sur les routes des Landes pour aller le porter au plus près des lecteurs.

La désobéissance des pouces sortira le 30 septembre aux éditions du Vénasque. C’est Mary qui accueille mon recueil dans son catalogue et le travail sur le manuscrit va démarrer très prochainement.

Je suis très fière de faire partie du catalogue de ces deux maisons, très proches de leurs auteurs et qui font un vrai travail de diffusion des livres.

Et cerise sur le gâteau, vous vous souvenez du petit tour que j’ai fait à Cannes avec mon amie Cécile ? Et bien, un éditeur de jeux (que je ne peux pas encore nommer mais que j’adore pour sa ligne éditoriale) a été touché par notre projet. Ensemble nous allons travailler pour faire entrer ce jeu dans son catalogue.

Sans compter le polar que je suis en train d’écrire…

BREF ! Depuis quelques temps, j’ai bien essayé de jouer les Wonder Woman et d’être au top sur tous les sujets mais j’avoue que je commence à fatiguer. Et puis les lassos, c’est pas mon truc… Alors je vais devoir lever le pied pour descendre de mon piédestal de femme parfaite.

Voilà pourquoi je serai un peu moins présente sur le blog, même si je reste dans le coin. Je viendrai vous retrouver pour continuer à vous lire et partager avec vous l’avancée de tous ces projets. Juste un peu moins souvent.

Dans l’intervalle, si vous voulez suivre de près mes aventures d’auteure, une seule adresse : ma page facebook !

Alors à très vite !

🙂

Du temps pour écrire

« Écrire n’est pas un métier, c’est une vocation ».

Un appel diraient les plus mystiques. Aussi puissant que le brame du cerf ou un sms de l’ange Gabriel. Impossible de faire la sourde oreille, la voix ne vous laisse pas en paix, ça vibre jusqu’au plus profond de vos entrailles.

Le bon-entendeur n’a pas d’autre salut que de prendre la route :
« Démarrez sur la première ligne, avancez jusqu’au bout de la page, tournez. « Attention à la marge ! Faites demi-tour

Chacun son chemin

Écrire est un voyage. Certains auteurs aiment savourer la route, ils s’attardent sur les horizons nouveaux, explorent leurs sens, respirent profondément… L’histoire germe et mûrit en eux en chemin.

D’autres veulent un trek à couper le souffle. Dans leur sac à dos, tout pour booster l’histoire, rebondir sur l’obstacle et franchir les abîmes de la création d’un bond. Émotion / Action ! Une course effrénée, les yeux fixés sur l’arrivée.

Les premiers bichonnent leur texte pendant trois ans avant de le livrer au monde ; les seconds publient un ouvrage par an. Mais tous sont logés à la même enseigne : « Écrire demande du temps ».

Élastique selon les continents, les sexes, les cultures, les individus…

Le temps est un concept universel et une réalité personnelle.

© agsandrew - Fotolia.com

© agsandrew – Fotolia.com

À la recherche du temps perdu

Aux siècles précédents, les écrivains étaient soutenus par de riches mécènes ou vivaient de leurs rentes. Ils pouvaient consacrer tout leur temps à écrire. Aujourd’hui, qui a les moyens comme Proust, de se cloîtrer dans sa chambre pour écrire ? Et qui en a en envie d’ailleurs ?

L’écriture s’intercale désormais entre les différentes sphères de la vie moderne : travail, famille, amis, vie associative…

Oui, mais… Vous connaissez ces journées où chaque moment ressemble à un combat entre David et Goliath ? Des combats à mener qui vous laissent épuisé. Comment trouver l’énergie ensuite pour relever le défi de la page blanche ?

Elisa Tixen, écrire

C’est dans ces moments-là que la procrastination guette, prête à souffler à nos oreilles toutes les bonnes-raisons-pièges-à-cons de ne pas écrire.

« Trop crevé(e), je n’écrirais rien de bon »
« Vivement ce week-end, je serai au top ! »
« Bientôt les vacances, j’écrirai sur la plage »
« Je le ferai à la retraite, j’aurai tout mon temps »

Mais l’été est fait pour se reposer et l’automne pour se préparer à hiberner en vue de l’hiver qui arrive. Quand l’habitude n’est pas prise d’écrire au fil des jours, les projets ont toutes les (mal)chances de rester lettres mortes. Dommage, non ?

L’écriture est une passion qui mérite une juste place dans notre espace-temps. Mais c’est à nous et à personne d’autre de la ménager. Envers et contre tous, y compris contre nous. « Car rien n’est plus agréable que de prendre la décision d’écrire et, pour des raisons indépendantes de notre volonté, de ne pas pouvoir la mettre à exécution » (d’après William James).

Un temps pour vivre,
un temps pour écrire

Amélie Nothomb n’écrit qu’en fin de nuit à partir de trois, quatre heures du matin, François Nourrissier seulement le matin et Françoise Giroud l’après-midi. À chaque écrivain, son espace-temps d’écriture !

Se donner des rendez-vous d’écriture en fonction de son horloge biologique est un bon moyen pour lutter contre la procrastination.

  • Le matin, au réveil

Le demi-sommeil est idéal pour laisser filer son écriture avant que les préoccupations matérielles ne rattrapent le conscient. Les pages se teintent de poésie et de fulgurances oniriques, saupoudrées de quelques flèches introspectives. Des images très intéressantes à retravailler ensuite. Autre gros bonus : le plaisir jubilatoire d’avoir commencé la journée par l’écriture, quoiqu’il arrive ensuite, David, Goliath ou la tribu. Plus personne ne pourra vous l’enlever.

2014-08 Lever jour

  • La journée

La lumière du jour apporte un état de conscience éveillé. Le bruit, les mouvements, l’activité bouillonnante sont autant de facteurs qui apportent l’énergie pour écrire. Productivité maximale pour ce créneau horaire, sauf pendant la digestion après le déjeuner.

  • La nuit

L’obscurité altère la conscience. Le monde se nappe de cette atmosphère si particulière où tout est possible. Des instants en dehors du temps, aussi jubilatoires que le spectacle d’un orage déchaîné quand on est à l’abri. Invitation à lâcher la bride à toutes les fantaisies créatrices. Mais aussi à plonger au coeur de nos peurs et de nos émotions profondes.

En conclusion, je dirais que les instants nocturnes, aube ou crépuscule, privilégient la créativité. En revanche, la lumière du jour est idéal pour retravailler ses textes.

Comment conjuguer l’idée de rendez-vous réguliers avec son horloge biologique ?

Quand je m’éveille le matin, avant de penser au boulot et à la longue liste des choses à faire, je me pose une question. Simple, basic.

Comment va ma part d’auteure ?

Si l’énergie pulse dans mes neurones, je me lève et je file prendre mon carnet ou mon ordi et je laisse filer les mots.

Si au contraire je me sens pesante, l’esprit embrumé et les muscles douloureux, j’éteins le réveil et je me m’enveloppe dans la couette en soupirant. La contrepartie ? Consacrer ma pause déjeuner à une balade ou un sandwich dans un café pour relire ou noircir des pages. Autre option : renoncer à la énième diffusion de la 7ème Compagnie pour m’isoler en musique dans mon univers.

Dans tous les cas, écrire tous les jours, le plus possible.

L’important est de ne pas culpabiliser, ni lâcher l’affaire !

Si cela fait plusieurs jours que vous n’avez rien écrit et que l’inspiration semble avoir pris quelques vacances au soleil, utilisez des boosters d’écriture créative. Il y en a plein : prendre un mot au hasard dans le dico ou dans un livre, prendre une phrase et poursuivre l’histoire, faire la liste de vos envies…

En voici un que j’utilise souvent. J’écris pendant 1,30 minute sans lever mon stylo à partir d’un mot, de ce qu’il représente pour moi, de tout ce qu’il m’évoque… Aujourd’hui, j’ai hésité avec chocolat mais j’ai finalement choisi TOMATE. Le défi vous tente ?

Bonne écriture à tous,
Dans le plaisir et la créativité
Élisa 🙂

 

L’écriture « instinct »

Margaux Gilquin, je l’ai rencontrée d’abord à Bordeaux, dans un charmant petit restaurant à Mériadeck. Ce fut un de ces moments magiques où les paroles de l’une font écho aux pensées de l’autre. Nous nous sommes découvert plein de points communs, mais aussi des visions très différentes, notamment sur l’écriture.

Et que se disent deux auteurs quand ils se rencontrent ? Ils parlent de leurs projets bien sûr, des réponses des éditeurs qu’ils attendent mais aussi de leur manuscrit en cours, de leurs difficultés, de leurs petites manies… On pourrait même parler de nos petits rituels.

Margaux fait partie des auteures qui m’ont donné l’idée de proposer une fenêtre sur les différentes façons d’écrire. Elle inaugure cette série aujourd’hui.

Margaux Gilquin a publié son premier ouvrage aux éditions XO « Le dernier salaire« . Le témoignage d’une femme de 50 ans qui, après une belle carrière, se retrouve exclue du marché du travail et tombe dans la trappe à chômage avec son cortège de contrats précaires et de minimas sociaux. Un cri de colère puissant et sincère qui lui a valu le Prix du Meilleur Ouvrage sur le Monde du Travail 2017, catégorie “Salariés”.

En mars 2017, paraît son nouvel ouvrage « Apprendre à danser sous la pluie« , l’histoire de Laure qui depuis son premier livre phénomène, se partage entre ce Paris flamboyant qu’elle aime tant où elle côtoie journalistes, auteurs, politiques… et la Grande Maison de la douce tante Marthe, le lieu dont elle a besoin pour se ressourcer. Dans ce lieu, Laure va remonter le temps de son enfance jusqu’à ce certain jour de juillet où sa vie a basculé. Une autofiction empreinte de gaieté, de tendresse et d’humour. Une plume sensible et vibrante qui résonne encore, la dernière page tournée.

Car Margaux écrit comme elle courait, très intensément.

Margaux Gilquin, l’auteure « instinct »

Margaux, tu as publié d’abord un témoignage, puis une autofiction. Tu m’as confiée que ces deux livres avaient été écrits « d’un jet » en quelques jours. Peux-tu me raconter comment tu écris ? Tu t’enfermes, tu t’en vas… ?

Comment j’écris… J’écris d’abord dans ma tête. Je fais le plan. J’organise mes chapitres. Je mets tout dans des petites cases là haut 🙂 Ensuite j’écris sur des tas de bouts de papiers, des carnets, des tickets de métro, des facturettes de courses. J’écris sur tout ce que je trouve. Et puis un jour, ne me demande pas pourquoi, je m’assieds à la table, j’ouvre l’ordi et j’écris. Je sors ce que j’ai dans la tête d’un coup, puis je lis mes notes et j’écris au kilomètre. Tout est prêt là haut de toute façon.

Je ne m’enferme pas particulièrement sauf dans ma tête. Je ne m’en vais pas non plus même si je rêve d’écrire dans cette maison que j’ai tant aimée là-bas au bord de la mer, très loin d’ici le long d’une corniche depuis laquelle je voyais mon père partir pêcher avec son petit bateau de plaisancier.

Que se passe-t-il ensuite, après l’écriture ? Est-ce que tu réécris, un peu pas du tout ?

Après l’écriture, je suis malade physiquement parce que sur 10 ou 15 jours, j’ai tout donné de moi, un peu comme l’ancienne coureuse à pieds que j’étais. Je me donne corps et âme. Je suis en état second tu sais. Je sais que je me lave, que je m’habille, que je mange un peu, que je bois beaucoup de thé et de café mais je ne sais plus qui je suis, où je suis, ni si je vis avec quelqu’un ou pas. Je suis absente. Vraiment. Et désagréable. Beaucoup. L’écriture me vide de mon énergie et physiquement quand j’écris le mot « fin », je suis nauséeuse, malade, j’ai les jambes qui tremblent. J’ai besoin de me reconnecter.

As-tu d’autres projets d’écriture ou bien est-ce que tu te laisses porter par tes fulgurances ?

Les deux. J’ai des fulgurances qui font des romans que je qualifie de courts. Des romans de la vie de tous les jours.

Et j’ai un gros projet de livre. Une saga familiale.

J’ai envie de te dire que pour la saga je prends le temps qu’il faut et que peut-être que si je le peux, je m’enfermerai et oui je partirai loin, très loin.

5 questions sur Margaux

 

Dans la peau de quelle personnalité aimerais-tu vivre une journée ? Celle du Président de la République.

Et que ferais-tu ? J’agirai.

Quelle est la question qui te tourmente le matin au réveil ? Pourquoi mon père est il mort ? Où est-il ?

Où étais-tu avant ta naissance ? Dans un château médiéval, j’attendais mon chevalier.

Que dirais-tu à la jeune Margaux le jour où elle a écrit la première page de sa première histoire ? Pourquoi n’as tu pas cru en toi ? Pourquoi as tu écouté les autres, ceux qui te dictaient ta conduite ?

Une citation qui te touche ? « Si vous courez aussi vite que je vous ignore, vous aurez mal aux jambes ». Bon c’est pas très élégant… mais c’est du brut quand je suis agacée par les gens… je n’ai pas de citation tu sais. J’aime certains versets de la Bible et je m’y réfère souvent.

Mon salon du livre 2018

Il était une fois, dans un hangar merveilleux, quelques milliers de visiteurs pressés dans des allées recouvertes de moquette rouge qui colle aux chaussures. Tous ces visiteurs venaient :

  • voir les 4ème de couverture s’animer,
  • côtoyer des écrivains pas morts,
  • respirer le bon air de l’encre et du papier,
  • faire quelques expériences inédites dans l’univers des mots,
  • agrandir sa collection de signatures…

Je n’ai fait la chasse ni aux dédicaces ni aux selfies. Mais j’ai exploré les livres, je me suis perdue dans les allées, quelque part entre le Québec et l’Afrique, j’ai parlé aux gens, les connus les pas connus… et vécu des merveilles ! Allez, je vous raconte tout !

Épisode 1 – Rencontre avec le nouvel éditeur de Sans traces apparentes

Ma première visite a été pour mon nouvel éditeur bien sûr !
Sans traces apparentes va de nouveau être disponibles dans toutes les librairies et j’en suis super heureuse.

Mais chut… c’est un secret ! Et c’est super dur de ne rien pouvoir vous dire encore. Mais promis, dès que je peux, je vous dis tout !

 

Épisode 2 – L’Afrique au coin d’une allée

Danse au son des djembés
Gaieté fulgurante,
improvisée,
profonde…

Épisode 3 – Poésie québécoise

Écouter de la poésie québécoise, plongée au cœur des forêts d’érable enneigées, grâce à la magie de la réalité virtuelle en 360° panoramique. MAGIQUE !!!

Épisode 4 – Conférences et tables rondes

Des conférences sur plein de sujets, sur les faits divers en écriture, sur l’acte d’écrire posé dans le monde, sur les évolutions du livre… Et aussi des tables rondes même quand elles sont carrées, comme a plaisanté Grégoire Delacourt ! Carrément passionnant ! Avec un gros coup de coeur pour le témoignage de Kamel Daoud.

Épisode 5 – Atelier d’écriture

Le TOP ! Venir à une conférence sur l’écrivain à sa table et le syndrome de la page blanche… et se retrouver plongée dans un atelier d’écriture animé par Grégoire Delacourt et Mohammed Aïssaoui !!!

La consigne : écrire un texte à partir de 8 mots choisi par le public.

Mon texte
Delphine

Delphine était née dans la colère.

Une grande poussée un soir
à l’ombre d’une Tour Eiffel libérée.

Dans un même élan, sa mère lui donnait la vie et son père tuait le chat.
Au cas où quelqu’un l’entendrait l’appeler Pétain dans un moment d’enthousiasme éthylique.

Leur grande terreur était d’être traînés sur le boulevard Haussmann devant le peloton. Ils voulaient bien tout subir, la tonsure, les chaînes, le fouet… mais ils ne voulaient pas mourir.

Alors, ce chat ils l’avaient tué et cette enfant, ils l’avaient gardée.
L’habillant de violet pour ne jamais oublier comment elle avait été conçue.

Pour moi, le meilleur moment du salon !!!
Je n’ai pas assez de points d’exclamation pour le dire !!!

Épisode 6 – La dictée

À l’heure où l’on taille les livres à la serpe pour supprimer passés simples et descriptions, la dictée 2018 en appelle aux aïeux…

Animée par Daniel Picouly, écrite par Jean-Joseph Julaud (Cahier de dictée pour les nuls)
avec un titre en hommage à Johnny Hallyday :

« Quoi l’aïeul ? Qu’est-ce qu’il a l’aïeul ? »

Voilà mille trente et un ans, en neuf cent quatre-vingt-sept, dans l’édifice cathédral de Noyon, Hugues Capet recevait des mains d’un archevêque les insignes choisis pour qu’il devînt roi des Francs : les régalia sacrés.

La même année, à deux mille cinq cents kilomètres à l’est de Paris, dans la ville de Kiev, le grand-prince Vladimir Ier au truculent bagou épousait la sœur de deux empereurs byzantins, Anna. C’était la seule femme qui, selon lui, rassemblât autant de qualités que les quelque huit cents volubiles concubines desquelles il se séparait.

Kiev fut, dès l’an neuf cent, la halte favorite des Scandinaves qui, descendant le fleuve Dniepr, allaient échanger leurs ambres jaune mordoré jusqu’à la mer Noire, chez les Byzantins, contre des pièces de soierie, ivoire et carrées, de l’or et du miel. Ces rameurs d’eau douce, nommés « rus » dans leur langue, ont donné leur nom à la Russie.

Suite de la dictée pour les adultes :

Revenons à Vladimir. On sait qu’avant Anna s’étaient succédé dans ses amours multipliées force jeunes élues, dont l’une donna naissance au nouveau grand-prince de Kiev. Celui-ci épousa une princesse suédoise aux yeux mauves. Trois nouveaux-nées à la chevelure auburn et cendrée égayèrent bientôt leur ménage. À la plus belle qui fût échut le prénom Anne.

Pendant ce temps, Hugues Capet et son épouse Adélaïde, après avoir rangé les régalia, s’étaient empressés d’assurer leur postérité au sein de leur royaume. Robert fut le prénom de leur seul garçon qui lui-même engendra un fils sur la tête duquel fut déposée, lors de son sacre en 1027, la couronne à spinelle purpuracé, aux rubis corallins et rubescents : Henri Ier.

Et qui donc épousa Henri à l’apogée mérité de sa gloire en 1051 ? Vous le devinâtes à l’instant : Anne de Kiev, de sorte que tous les rois de France jusqu’au dernier, depuis cette reine russe, ont pour aïeul Vladimir Ier !

J’avoue, j’aurais fait plein de fautes. Et vous ?

Voilà, c’est déjà fini ! Derniers bisous aux copains et aux copines qui étaient en visite ou en dédicace…

Vivement l’année prochaine !!!

 

Pourquoi écrire des nouvelles ?

Nous sommes nombreux à écrire des nouvelles.
J’avoue, j’adore écrire ces textes courts. Ce sont mes récréations. Alors qu’écrire un roman nécessite de suivre une ligne pour ne pas perdre le fil, écrire une nouvelle permet toutes les libertés. Même si la nouvelle est un genre très exigeant.

La nouvelle est un genre avant d’être un format.

Pour Émile Zola, « la nouvelle est une nouvelle, qu’elle ait cinquante pages ou qu’elle en ait trois cents ». Pour Edgar Allan Poe, la nouvelle est un récit qui doit se lire en deux heures maximum. Charles Baudelaire a écrit dans sa préface des « Nouvelles histoires extraordinaires de Poe » que la nouvelle « a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. Cette lecture, qui peut être accomplie d’une traite, laisse dans l’esprit un souvenir bien plus puissant qu’une lecture brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des intérêts mondains« .

Le vrai défi de l’écriture de nouvelles, c’est cette double exigence de brièveté et d’intensité.

Dans un roman, vous avez le temps de développer l’intrigue et de placer vos personnages dans des situations multiples. Dans une nouvelle, le récit se cristallise sur un moment clé de l’histoire d’un personnage. Un instant crucial où son destin se joue tout entier.

Rien, en dehors de ce moment, n’a d’importance. Il n’y a pas de place pour les envolées lyriques. Chaque action doit contribuer à l’intrigue, chaque mot doit porter et claquer.

Pareille à un round de boxe, l’intrigue est intense, elle ne laisse pas le lecteur respirer. Jusqu’à la chute, percutante, qui éclaire d’un jour nouveau tout ce qui s’est passé avant. À la fin de la lecture, la nouvelle laisse le lecteur en vie mais étourdi, presque sonné.

La nouvelle est quelque chose qui peut se lire en une heure et se souvenir une vie entière. Stephen Vincent Benet

Et vous, est-ce que vous aimez écrire des nouvelles ?

Instant poésie

La poésie a longtemps été l’une de mes compagnes de jeu et il y avait un moment que je ne l’avais pas revue. Mais le week-end dernier, mon amie Laurence Marino m’a embarquée dans un instant poésie. Un atelier animé par Didier des éditions Bleu du ciel.

Jouer avec les mots et les sons, sans se soucier du sens, en apparence… Voici mes strophes nées sous consignes, en modestie, Merci Laurence 🙂

Fusutu

Avancer sans regarder
Pieds sautés, bandés

Femme au point zéro, labyrinthe ouvert
Perdue
Sans vue

Tour de béton gratté
Ciel quadrillé

Femme aux yeux clos, hors lumière
Brèche
Pupille sèche

Plumes déployées
Oiseaux empaillés

Femme, tête en haut, cherche l’air
Traces
S’espacent

Rêves à router
Routes à rêver
Fils d’eau
Chemins de terre
Corps battus
Seins nus
Poings tordus

Femme s’est tue.