2019, devenir auteure

Je vous souhaite à tous une année magnifique, pleine de pages à écrire, à lire et surtout à vivre.

2019 sera pour moi l’année où je vais oser donner une réalité à mes rêves, sur le plan personnel comme sur celui de l’écriture. C’est plus qu’une résolution de début d’année qui s’évanouira sans traces comme un flocon au soleil, plus qu’un choix. C’est une promesse que je fais à moi-même, un serment signé sous la lune de sang de janvier.

Fin 2018, je me suis beaucoup investie dans plusieurs ateliers d’écriture pour découvrir, apprendre et rencontrer.

D’abord, il y a eu ce stage polar avec Sébastien Gendron, édité aux éditions Albin Michel. Une plongée au pays des assassins et des victimes. Faire une parenthèse a cet avantage de pouvoir s’immerger en profondeur dans un sujet ; cela a aussi cet inconvénient de s’arrêter brusquement sans négocier de transition avec le retour au réel. Et ce qui se passait dans le stage reste alors dans le stage.

Ensuite a commencé la masterclass animée par Éric-Emmanuel Schmitt, en mode plateforme à distance. Nous étions plus de 3 000 inscrits je crois, 3 000 à avoir écouté les 20 heures de cours filmées par l’auteur, lui aussi publié aux éditions Albin Michel. Si la modalité permet de rendre accessible le cours quel que soit l’endroit où vous habitez, participer à une formation dématérialisée demande autonomie et discipline pour aller jusqu’au bout. D’autant que les échanges sur la plateforme étaient sporadiques. Néanmoins, la qualité des vidéos était excellente, le contenu m’a ouvert des horizons nouveaux dès le début avec cette question : « Voulez-vous écrire un livre ou voulez-vous devenir écrivain ? ». Bouleversant !

La troisième formule était un atelier sur dix semaines sur le thème du suspense animé par Ingrid Desjours, auteure de thrillers édités aux éditions Robert Laffont. L’objectif d’Ingrid était de nous aider à nous constituer une boite à outils dans laquelle puiser en fonction de nos besoins. Pari réussi, un grand merci Ingrid pour ta joie de vivre, ta générosité et ton appui.

Enfin, dernière modalité. Une journée à la carte animée par Martine Paulais, conseil littéraire et fondatrice de l’atelier Alice et les Mots, elle intervient aussi comme formatrice pour le site enviedecrire.com. Lors de chaque journée, vous expliquez à Martine les difficultés que vous rencontrez et elle vous concocte des propositions d’écriture personnalisées pour mettre au travail le point précis que vous souhaitiez. Une belle rencontre sur le plan humain et surtout un contenu immédiatement mobilisable dans mon projet d’écriture. Chaque dimanche était un booster formidable.

Pour résumer par rapport à ces expériences, je conseillerais le stage et l’atelier pour travailler un point technique, comme le suspense, le story telling, la construction de personnages ; la plateforme à distance pour partager la vision macro d’un grand auteur sur les points principaux à prendre en compte dans l’écriture mais lorsque l’on est engagé dans un projet d’écriture, les formules à la carte, sans parler réellement de coaching sont les modalités idéales.

Pour autant, la formation n’a d’intérêt que si on investit les apprentissages dans un ouvrage, en l’occurrence, un livre à écrire. J’ai le sentiment que ce deuxième roman qui frappe dans ma tête sera celui qui décidera si je veux vraiment devenir auteure.

Cette année 2019 sera donc celle où je me consacrerai toute entière à cette histoire. Et le premier prix à payer sera de prendre un peu de recul avec le monde et notamment avec ce blog grâce auquel j’ai fait de si belles rencontres.

Je vous dis à bientôt et je vous laisse en compagnie d’une nouvelle, dernière récréation avant le grand saut dans le roman : « Celui qui avait dit non ».

Prenez soin de vous et dites oui à vos projets.

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Je ne m’amuse pas, j’écris

Je viens de feuilleter un hors série de Psychologie positive consacré aux ateliers d’écriture et notamment l’Atelier Les Mots, auquel je participe régulièrement. Un numéro vraiment très riche, avec de nombreux articles sur des préoccupations d’écriture telles la construction d’une structure ou des personnages, des propositions pour expérimenter certaines techniques et des interviews d’écrivains, d’agents littéraires ou d’éditeurs.

Parmi les interviews adressés aux auteurs, tous identiques, une question m’a interpellée :

Vous amusez-vous en écrivant ?

Sur les 5 auteurs interrogés, 3 confient qu’ils s’amusent en écrivant. Mais deux d’entre eux évoquent aussitôt après toutes les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et qui peuvent venir amoindrir ce plaisir d’écrire.

Les deux auteurs qui affirment ne pas s’amuser en écrivant, mettent plutôt en avant la joie qu’ils peuvent ressentir à écrire, parfois, en dehors des moments de découragement. Une joie qu’ils différencient du jeu ou du divertissement.

Si la question m’a interpellée, les réponses m’ont laissée perplexe. Pourquoi cette distinction entre plaisir, amusement, joie ? Je sais que les auteurs aiment jouer avec les mots, mais dans le cas présent, s’agissait-il de les couper en quatre ou de trouver le mot juste ?

J’ai décidé d’interroger de mon côté deux amies auteures, Nadia Bourgeois et Laurence Marino. Toutes les deux font partie du camp des auteures qui s’amusent en écrivant, mais pas toujours, cela dépend du sujet. Là encore, je reçois des réponses en « Oui, mais… »


Me voici donc avec un panel de 7 auteurs dont une seule affirme sans équivoque qu’elle s’amuse en écrivant.

Pourquoi cette retenue ? Parce qu’écrire est difficile et que le plaisir s’approche du masochisme ? Ou parce qu’écrire ne fait pas sérieux ? Alors si en plus, on dit qu’on s’amuse… Parce que le terme amusement semble faible ?

Moi, quand j’écris, je suis heureuse. L’écriture est mon terrain de jeu, et la difficulté qui survient fait partie de la chose. Dans cet univers encré, je peux être tour à tour angélique, sauvant mes personnages ou machiavélique voire démoniaque, les plongeant dans l’enfer. Je joue, je badine, je risque, je spécule, je jongle… et toujours je vibre et jubile.

Et vous, que ressentez-vous quand vous écrivez ?

Rentrée d’écriture

Quand j’ai ouvert ce blog, j’avais juste envie de partager mes textes et de rencontrer d’autres auteurs pour parler d’écriture et de lectures. C’était en 2014 et depuis cette date, il s’est passé beaucoup de choses.

La publication de mon premier roman tout d’abord et ces deux prix qu’il a reçus. Quelle émotion quand les jurys l’ont désigné entre tous… Cet automne, c’est un recueil d’histoires courtes « La désobéissance des pouces » qui sortira, publié par les Editions du Vénasque.

Entre les deux livres, j’ai co-créé deux jeux de société à raconter des histoires, écrit un cahier de vacances spécial auteurs « Tongs & Stylos », animé des ateliers d’écriture, accompagné des auteurs sur leur manuscrit…

Tant de belles expériences vécues et de belles rencontres ! Mais il était temps que je me recentre. Et c’est chose faite puisque me voilà plongée dans l’écriture d’un thriller urbain. J’aime les histoires à suspense et « Le silence à l’ombre des pins » a parfois été catalogué comme thriller mais cette fois, j’ai envie d’y aller à fond.

Et le blog dans tout ça ? Je vous avouerai franchement que depuis quelques temps j’avais beaucoup de doutes. Après plus de trois ans à poster mes billets d’humeur, il y avait comme une impression de tourner en rond.

Embarquement pour l’écriture

J’en étais là de mes réflexions quand j’ai eu l’idée, ou plutôt l’envie, de réorienter le blog. L’idée, c’était de vous embarquer avec moi dans le parcours d’écriture de ce nouveau roman. Pas pour dévoiler l’histoire semaine après semaine  à la manière d’un feuilleton mais pour partager les grandes étapes de l’écriture d’un roman.

Il y en a tellement : le choix d’un sujet, les recherches, l’élaboration des personnages –comment ils me choisissent, les premiers jets d’écriture –forcément  mauvais pour ne pas dire m…, la phase de réécriture que personnellement j’adore. C’est pour moi dans cette phase que se noue la relation véritable entre un auteur et son texte.

Mais en même temps, je n’avais pas envie que ce partage tourne à la démonstration. En clair, je ne voulais pas me donner en exemple en prodiguant des conseils d’écriture qui ne conviendront qu’à ce projet. Pour éviter de tomber dans ce travers, j’ai donc ouvert un autre blog « Le LABB’auteurs » qui lui, traitera des techniques d’écriture et des questions d’identité d’auteur. Si ces sujets vous intéressent, n’hésitez pas à vous inscrire. Chaque mois, j’aborderai en profondeur un thème essentiel lié à l’écriture.

Mais refermons cette parenthèse et revenons à ce que je vous propose pour la rentrée. Il s’avère que j’adore les ateliers d’écriture. Loin d’adhérer au mythe de l’auteur solitaire, je suis une grande fan de l’expérience d’écrire en groupe. J’y trouve souvent le plaisir de partager la même passion et une atmosphère inspirante.

Pour la rentrée, je me suis inscrite à trois ateliers d’écriture choisis dans les catalogues automne / hiver des écoles d’écriture parisiennes. J’ai bien sûr écarté les ateliers de Gallimard et du Figaro Littéraire qui proposent un atelier sur 6 séances pour la modique somme de 1 600€. Un peu cher pour écrire une nouvelle…

Canon à trois voix

Les trois ateliers que j’ai choisis reposent repose chacun sur une philosophie et des modalités différentes et tous sont en lien avec mon projet de thriller urbain :

  • Le premier est un stage Aleph organisé en formule intensive sur 3 jours. Sébastien Gendron nous propose une « Initiation au polar». Le titre du stage est un peu réducteur puisqu’il aborde également le roman noir, thriller et le récit à suspense. L’objectif, à la fin de ces trois jours, est de nous avoir appris les ficelles du genre et de nous avoir placés en situation d’écrire le noir. À l’issue des trois jours, chacun des participants doit être en mesure de se lancer dans l’écriture de son propre projet.
  • Le deuxième atelier « L’art du suspense» s’échelonne en 10 séances de 2 heures à partir de fin septembre. Organisé par Les Mots, l’atelier est animé par Ingrid Desjours et il traitera de la mise en tension d’une histoire. L’objectif : faire de son histoire un véritable page-turner, c’est-à-dire un livre qu’on n’arrive pas à lâcher, en faisant frissonner son lecteur, en visant à la fois son cerveau et son cœur…
  • Le troisième mais non le moindre est animé par Eric-Emmanuel Schmitt en format masterclass à distance. Ce MOOC séquencé en 20 vidéos promet aux quelques 3 000 participants de leur faire vivre une expérience unique en leur donnant accès à tous les secrets ou presque de ce maître en écriture.

J’aurai donc le privilège cette année de bénéficier de l’expérience de trois écrivains connus et reconnus qui acceptent de partager une partie de leurs secrets pour nous permettre d’avancer un peu plus loin sur notre chemin d’auteur. Les trois ateliers reposent sur trois méthodes différentes et affichent trois objectifs différents, qui correspondent à mon projet d’écriture.

Avec Sébastien Gendron, j’explorerai les codes du genre. À moi ensuite de choisir de les respecter ou de les contourner. Avec Ingrid Desjours, j’approfondirai les techniques d’écriture liées au suspense et avec Éric-Emmanuel Schmitt, c’est l’ensemble de mon projet que j’aurai l’occasion de questionner.

Rendez-vous semaine prochaine

Au final, ce que je vous propose sur ce blog à partir de la rentrée, ce n’est pas de dévoiler le contenu des cours car il appartient à leurs auteurs. Ce que je vous propose, c’est de partager l’avancée de l’écriture d’un roman au travers de ma participation à ces trois ateliers. Et au fil de l’eau, de découvrir ce que les ateliers d’écriture peuvent réellement apporter.

Tous les lundis, partagez le quotidien d’un roman, la vie d’une auteure en apnée et explorez l’univers des ateliers d’écriture animés par de grands écrivains…

Si l’aventure vous intéresse, rendez-vous chaque semaine, même lieu, même heure.

Premier épisode semaine prochaine.

Plaisir d’écrire

Peut-on apprendre à écrire ?

Aux Etats-Unis, les cours de creative writing (création littéraire) existent  depuis longtemps. Flannery O’Connor, Raymond Carver, John Irving ou encore Philip Roth ont suivi ceux de la très célèbre université d’Iowa.

En France, seules de rares universités proposent des programmes de création littéraire. Au pays de Voltaire et des Lumières, le mythe du génie créateur est soigneusement entretenu. Peu d’écrivains « avouent » avoir suivi des cours d’écriture.

J’ai eu la chance de participer à de nombreux ateliers. Sur le style, la dramaturgie, la description… et bien d’autres.

Aujourd’hui encore, j’appartiens à un collectif d’auteurs. L’écriture est une activité très solitaire. Ensemble, nous écrivons, nous rions, nous parlons de nos textes, nous rions…

Pas de théorie ou de diktats. Des passionnés avec un grand monsieur pour nous accompagner, Pascal Perrat. Et un seul mot d’ordre : plaisir et partage (je sais, ça fait deux mais quand on aime, on ne compte pas).

Dans notre groupe : Agnès la spécialiste des polars mortels (Eclats de rage), Laurence notre girly poète (Ne rien oublier), Nadia fille spirituel de Ionesco et de Foresti (Bouge ton cube, actuellement au théâtre Victoire à Bordeaux), Anne-Marie envoyée spéciale dans la Révolution russe et Christophe, trublion des fourmilières.

Si votre stylo vous démange, essayez les exercices d’écriture créative que propose Pascal tous les 15 jours. Mais attention ! Votre génie créateur pourrait bien s’inviter à la fête.

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