Femme libre qui écrit

Aujourd’hui, je pense tout particulièrement à la jeune policière lâchement abattue dans le dos. Je pense aussi à Elsa, assassinée lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. Juste avant que le terroriste affirme ne pas tuer les femmes. Sa seule exigence ? Qu’elles se convertissent et portent le voile.

Je ne saurai pas quoi faire d’un crayon à dessin, mais je peux prendre mon stylo. Pour exprimer en liberté ce que je suis et ce que je pense.

Aujourd’hui, je marque mon opposition à toutes les dictatures qui veulent asservir les corps et les esprits.

Aujourd’hui, je suis femme, je suis libre et j’en suis fière.

Aujourd’hui et pour toujours, je suis Charlie.

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F… comme Fléau

Ferveur de Furieux aux Fondements d’une Foi Falsifiée
Fourragent les Frustrations de Fidèles Fourvoyés, 
Fomentent des Factions de Forcenés Fanatiques

Fustigent la Féminité, Flagellent sa Fierté
Figent ses Formes sous une Forteresse de Fichus et Foulards
Femmes Forçats par Faute d’être Femmes Fertiles

Que personne ne s’y trompe, ce n’est pas un pamphlet contre les musulmans et les musulmanes dont je respecte les croyances. Il s’agit d’un cri contre ceux qui massacrent des innocents et contraignent les femmes, allant jusqu’à les avilir au rang d’esclaves sexuelles dédiées au plaisir de guerriers inhumains.
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Freddie, Franckie, Charlie et les autres

Quand j’ai ouvert ce blog, je voulais partager ma vision du monde avec d’autres passionnés d’écriture et de lecture. Exprimer des idées oui, c’est pour ça que j’écris. En aucun cas, je n’aurais imaginé en faire une tribune politique.

Mais ça c’était avant. Avant l’attentat contre Charlie Hebdo. Parce que cette semaine en France des gens sont morts d’écrire, je ne pouvais pas ne pas réagir.

Je pleure ceux qui ont perdu la vie, tous. Passants, policiers, dessinateurs… Je pleure avec ceux qui les ont connus et aimés et à qui ils vont cruellement manquer.

Je pleure et je ne trouve plus les mots. Réduite au silence, j’écoute.

Avec fierté les citoyens de mon pays applaudir des deux mains dans la dignité pour marquer leur soutien et leur compassion.

Avec crainte les discours nationalistes et les tentatives de récupération politique.

Avec amour les musulmans de France dire NON, ces actes ne sont pas de notre religion et citer le Coran :  » Celui qui tue un homme, c’est comme s’il tuait toute l’humanité. De même celui qui le sauve, c’est comme s’il sauvait tout le genre humain  » (Sourate 5, 32).

Avec de sérieux grincements de dents quand j’entends ou je lis qu’on ne s’attaque pas impunément à des terroristes et qu’ils l’ont bien cherché.

Les mots soudain reviennent. Envie de crier pour dire à tous ceux qui partagent cette opinion que les caricatures de Charlie Hebdo jouaient le rôle de fou de la république. Depuis le temps des rois, c’est une fonction salutaire capable de faire entendre aux puissants la voix du peuple et celle de la raison.

La liberté de penser et de s’exprimer passe aussi par la voix de la caricature. Il y a certaines situations qui sont trop pesantes et qui ont besoin de la dérision pour pouvoir être dites.

Les fous de dieu ne peuvent tuer ni les fous du roi ni les croyances individuelles. Plus que jamais dans cette époque difficile, nous avons besoin de vivre dans le rire et la spiritualité.

Parce qu’un penseur qu’on fait taire, c’est la démocratie qu’on bâillonne.

Je suis Freddy, Franckie et Charlie… Et dimanche je marcherai main dans la main avec tous ceux qui manifesteront leur envie de vivre en liberté et en fraternité.

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Projets 2015 et suivants…

Certes, j’ai promis de ne pas prendre de bonnes résolutions. Ce n’est pas une raison pour ne pas vous parler de mes projets d’écriture.

Certains sont bien avancés.

Mon premier roman « Sans traces apparentes » devrait être publié cette année. Oui 2015, je vous en reparlerai très bientôt. Une quête psycho-généalogique dans les forêts landaises. Pour frémir sur la plage cet été.

En ce moment, je mets la dernière main à la réécriture d’un recueil de nouvelles historiques « Le syndrome de Pinocchio ». Mais c’est vraiment la dernière parce que sinon ce ne sera jamais terminé. Il existe un syndrome d’auteur réel qui consiste à avoir du mal à laisser partir son « bébé » avant qu’il ne soit parfait. Autant dire que la tentation est grande de le garder à ses côtés pour toujours, à l’abri des critiques extérieures…

Ce qui revient aussi à se priver des autres regards et des partages avec les lecteurs. Cette année, par exemple, j’ai osé publié un texte court sur la plateforme de Short édition. « Terrain de jeu » a été lu par près de 200 lecteurs et a donné lieu à des échanges particulièrement riches ensuite. Une belle expérience qui participe au plaisir d’écrire pour donner à lire.

Pour tout savoir sur les projets à venir, cliquez ici.

Très bonne future lecture,
Elisa

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C R I S

Cauchemar, Rêve, Insomnie, Sommeil…

Quelques élucubrations dans la grisaille de novembre…

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Tueur en série de rêves éveillés

Insomnie

Insomnie : tapage nocturne des pensées
(Sylvain Tesson)

L’insomnie est la face sombre de l’imagination
(Delphine de Vigan)

Frayeurs noires

Certaines nuits, je prends plaisir à garder les yeux ouverts, à savourer la plénitude dans des draps frais, en sécurité dans mon lit. Un non-mouvement où la créativité bouillonne. Un entre-deux où tout est possible.

D’autres nuits en revanche, la terreur surgit et m’envahit. Elle se propage lente et visqueuse, s’attarde dans chaque muscle, circule dans chaque artère. Paresseuse et meurtrière. Mon corps en territoire  à conquérir, bastion après bastion. Impossible d’enrayer l’expansion, vaincue d’avance. Une enfant impuissante à chasser les monstres tapis dans l’esprit et sous le lit.

J’oublie que je suis adulte, que j’ai le droit d’allumer sans me faire gronder. Que je peux me lever et faire front au danger comme j’ai appris à le faire depuis que j’ai grandi.

J’oublie l’écriture. Par son pouvoir, nommer les terreurs nourries de l’indicible. À la lumière des mots, gommer les ténèbres.

***

Jeu d’ombres tordues se penchent qui frôlent et affolent. Fermer les yeux, si on ne les voit pas ça n’existe pas.

Se guider sur les sons, silence respiration trop forte résonne dans la nuit noire, trou, happée, arrêter de respirer, on souffle doucement on se calme.

Bâillement. Mettre la main devant la bouche, ne pas laisser d’interstice, préserver la langue, besoin pour hurler. Ne pas donner prise rien ne doit dépasser, recroqueviller les jambes, cacher les oreilles sous les paumes doigts repliés, position œuf rond, couette rouge placenta, ne plus bouger.

Crisser-grincer dans l’escalier. Sursaut cœur course membres figés, oreilles dressées, aux armes les paupières, rouvrir les yeux. D’urgence. Les refermer. Vite.

Trouver un coin vital, deux parois accrochées l’une à l’autre. S’adosser, y nicher les flancs protégés, pallier l’absence de rétines derrière le crâne. Devenir une mouche, le champ de vision restreint, les angles morts en alerte. Guetter les mouvements, ne pas se laisser surprendre, acculée.

Un froissement sous le lit, espace béant sur le vide, prise directe sur l’enfer, viser le salut  là-haut mains jointes : laisse-moi vivre laisse-moi laisse…

On marchande n’importe quoi dossier à boucler vaisselle câlin inachevé tant de choses à peine amorcées, demain on compte sur moi, laisse laisse-moi laisse-moi vivre…

La sueur serpent colle dans le dos frissons froid envie de pipi. Tournicoton dans le lit impossible de tenir, on pose un pied par terre, mollet découvert vite, remonter la jambe ne pas réveiller les démons aplatis.

Se retenir encore vessie comprimée risque de draps mouillés survie en danger la balance est mal réglée.

***

« Maman ! »

La plainte me réveille. Les enfants !

Je tâtonne, trouve l’interrupteur, crève l’obscurité. Me lever, pied au plancher. Crisser-grincer dans l’escalier. Un lambeau de cauchemar s’accroche aux épaules. Éjecté d’un haussement, mes enfants ont besoin de moi.

J’entrouvre la porte. Respirations paisibles, doux ronflements. Ça ne me suffit pas, besoin de toucher pour y croire. Je m’approche.

Je me penche sur ma fille, pose une main sur son front, caresse sa joue, chaleur de la vie. Mon fils dort sur le lit du dessus. Son grand plaisir tous les soirs, jouer les acrobates. Je grimpe à l’échelle, rate une marche, dégringole fracas dans la nuit.

Dans un mouvement d’horloger, les deux petits soupirent, activent leur pouce dans leur bouche et se tournent vers le mur. Des anges heureux, loin de tout danger. Loin de cette peur panique irraisonnée du noir et des ombres qui s’y dissimulent. Inconscients des menaces du monde. Si on ne les voit pas, ça n’existe pas.

© Élisa Tixen – Novembre 2014

Conseils d’écrivain

nadia bourgeois

Les secrets d’écrivain de Joyce Carol Oates

auteur Joyce Carol Oates

Poétesse et romancière américaine, Joyce Carol Oates enseigne la création littéraire à l’université de Princeton. Auteure de plus de soixante-dix titres, elle a figuré deux fois parmi les finalistes du prix Nobel de littérature.
Comment définissez-vous le travail d’écriture ?
L’inspiration, l’énergie et même le génie sont rarement suffisants pour « faire de l’art ». Ecrire est un métier qui s’apprend. Ensuite, le laps de temps entre l’émergence de l’idée et la fin du manuscrit est incalculable. Cela peut prendre des années. Il y a tellement d’éléments à prendre en compte pour écrire un roman. On peut comparer ce processus à des affluents dans une rivière. Vous voyez cette rivière, elle paraît unie. Pourtant, elle est traversée par d’innombrables affluents.
Que faire si écrire devient douloureux ?
Si écrire devient douloureux, terriblement difficile et que le désespoir guette, alors…

Voir l’article original 113 mots de plus

L’écrivain pèlerin

« Écrire n’est pas un métier, c’est une vocation ». Un appel diraient les plus mystiques. Aussi puissant que le brame du cerf ou un sms de l’ange Gabriel. Impossible de faire la sourde oreille, la voix ne vous laisse pas en paix, ça vibre jusqu’au plus profond de vos entrailles.

Le bon-entendeur n’a pas d’autre salut que de prendre la route :
« Démarrez sur la première ligne, avancez jusqu’au bout de la page, tournez. « Attention à la marge ! Faites demi-tour

Chacun son chemin

 

Certains auteurs aiment savourer le voyage, ils s’attardent sur les horizons nouveaux, explorent leurs sens, respirent profondément… L’histoire germe et mûrit en eux parfois avant même le premier pas.

D’autres veulent un trek à couper le souffle. Ils ont leur propre système pour booster l’histoire, rebondir sur l’obstacle et franchir les abîmes de la création d’un bond. Émotion / Action ! Une course effrénée, les yeux fixés sur l’arrivée.

Les premiers bichonnent leur texte pendant trois ans avant de le livrer au monde ; les seconds publient un ouvrage par an. Mais tous sont logés à la même enseigne : « Écrire demande du temps ».

Élastique selon les continents, les sexes, les cultures, les individus… Le temps est un concept universel et une réalité personnelle.

© agsandrew - Fotolia.com

© agsandrew – Fotolia.com

À la recherche du temps perdu

 

Aux siècles précédents, les écrivains étaient soutenus par de riches mécènes ou vivaient de leurs rentes. Ils pouvaient consacrer tout leur temps à écrire. Aujourd’hui, qui a les moyens comme Proust, de se cloîtrer dans sa chambre pour écrire ? Et qui en a en envie d’ailleurs ?

L’écriture s’intercale désormais entre les différentes sphères de la vie moderne : travail, famille, amis, vie associative…

Oui, mais… Vous connaissez ces journées où chaque moment ressemble à un combat entre David et Goliath ? Comment trouver l’énergie ensuite pour relever le défi de la page blanche ?

Elisa Tixen, écrire

C’est dans ces moments-là que la procrastination guette, prête à souffler à nos oreilles les bonnes-raisons-pièges-à-cons de ne pas écrire.

« Trop crevé(e), je n’écrirais rien de bon »
« Vivement ce week-end, je serai au top ! »
« Bientôt les vacances, j’écrirai sur la plage »
« Je le ferai à la retraite, j’aurai tout mon temps »

Mais l’été est fait pour se reposer et l’automne pour réduire ses activités en prévision de l’hiver qui arrive ! Quand l’habitude n’est pas prise d’écrire au fil des jours, les projets restent souvent lettres mortes. Dommage, non ?

L’écriture est une passion qui mérite une juste place dans notre espace-temps. Mais c’est à nous et à personne d’autre de la ménager. Envers et contre tous, y compris contre nous. « Car rien n’est plus agréable que de prendre la décision d’écrire et, pour des raisons indépendantes de notre volonté, de ne pas pouvoir la mettre à exécution » (d’après William James).

Un temps pour vivre, un temps pour écrire

 

Amélie Nothomb n’écrit qu’en fin de nuit à partir de trois, quatre heures du matin, François Nourrissier seulement le matin et Françoise Giroud l’après-midi. À chaque écrivain, son espace-temps personnel !

Se donner des rendez-vous d’écriture en fonction de son horloge biologique est un bon moyen pour lutter contre la procrastination. Cet été, j’ai testé mon écriture à plusieurs moments de la journée.

  • Le matin, au réveil

Le demi-sommeil est idéal pour laisser filer son écriture avant que les préoccupations matérielles ne rattrapent le conscient. Les pages se teintent de poésie et de fulgurances oniriques, saupoudrées de quelques flèches introspectives. Des images très intéressantes à retravailler ensuite. Autre gros bonus : avoir commencé la journée par l’écriture, quoiqu’il arrive ensuite, David, Goliath ou la tribu.

2014-08 Lever jour

  • La journée

La lumière du jour apporte un état de conscience éveillé. Le bruit, les mouvements, l’activité bouillonnante sont autant de facteurs qui apportent l’énergie pour écrire. Productivité maximale pour ce créneau horaire, sauf pendant la digestion après le déjeuner.

  • La nuit

L’obscurité altère la conscience. Le monde se nappe de cette atmosphère si particulière où tout est possible. Des instants en dehors du temps, aussi jubilatoires que le spectacle d’un orage déchaîné quand on est à l’abri. Invitation à lâcher la bride à toutes les fantaisies créatrices.

En conclusion, j’ai constaté que les instants nocturnes, aube ou crépuscule, privilégient ma créativité. En revanche, je préfère la lumière du jour pour retravailler mes textes.

Et vous, quels sont vos moments préférés pour écrire ?