B(r)ouillons & Création

L’écriture manuscrite séduit à nouveau. Des boutiques Moleskine fleurissent un peu partout, aussi élégantes que les magasins Apple. Les carnets à écrire arrivent d’Italie, du Japon…

Mais qu’il est difficile de lutter contre les logiciels de traitement de textes à l’efficacité redoutable. Grâce au clavier, plus de ratures, reprises, corrections et autres annotations. C’est un texte tout propre qui accueille l’auteur à chacune de ses visites. Un texte tout propre et une mémoire toute vide…

Loin de moi l’idée de dire que c’était mieux avant, quand la plume glissait sur le papier velin. Mais l’écriture sur informatique pourrait tuer la critique génétique, cette discipline qui s’intéresse aux manuscrits et aux brouillons. À quoi sert, me direz-vous, de s’intéresser à des brouillons tout moches ? Eh bien cette étude a pour objectif d’étudier le processus d’élaboration d’une œuvre et au-delà, de toutes les autres.

Si les carnets raturés de Pascal Quignard ou de Georges Pérec disparaissent… S’il ne reste plus de traces des versions intermédiaires d’un texte, de la genèse des personnages, des pérégrinations de l’imaginaire du créateur… Cette discipline se retrouvera sans une rature à analyser, sans une chance de percer les mystères de la création.

Quelques auteurs, comme Jean-Philippe Toussaint, nous livrent quelques bribes de leurs travaux sur leurs blogs. Mais la mésaventure de Quentin Tarantino qui s’est fait piller son scénario n’encourage pas à partager son œuvre si elle n’est pas aboutie. Il y a aussi la méthode d’Eric-Emmanuel Schmitt qui livre quelques extraits de ses carnets d’écriture à la fin de ses livres… Personnellement, j’adore les lire mais c’est peut-être parce que j’écris.

Au moment où j’attaque l’écriture de mon 3ème livre, j’avais envie de vous demander si vous, en tant que lecteurs, l’histoire de la création du livre vous intéresse ?

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