Merci 2017

Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des textes.

Sachez que toutes les histoires ont été très appréciées par les malades et les résidents des maisons de retraite du Marsan, c’est un beau cadeau que vous leur avez fait. À mon tour, je voulais partager un texte avec vous.
C’est une nouvelle très courte écrite au cours de l’atelier polar. Un histoire qui parle du temps qui passe, d’un monde où tout n’est pas toujours rose, mais aussi des rêves qu’on suit sans trop savoir où ils nous mènent… et c’est tant mieux !

Le rêve d’une vie

Bientôt un an qu’ils étaient partis de chez eux, qu’ils avaient laissé leur maison avec ses meubles cirés et l’odeur du jasmin étoilé venant du jardin.

L’histoire avait commencé un soir alors qu’ils vivaient par blogs interposés les voyages de leurs neveux pendant leur année de césure. Un soir, allez savoir pourquoi, ils se sont demandés : « Et pourquoi pas nous ? Pourquoi on ne prendrait pas nous aussi une année de liberté ? On a plus de 50 ans, l’horizon retraite s’enfuit plus vite que notre jeunesse… Est-ce qu’on va vraiment attendre d’être tout cabossés et béquillards ? De ne plus pouvoir faire que le tour de notre fauteuil ou de notre lit… »

Il avait fallu un peu de temps pour se faire à l’idée. Vendre la maison or not. Apprendre l’anglais à vitesse grand V. Convaincre les enfants qu’ils n’avaient pas perdu la tête. Ça n’avait pas été le plus facile, ils avaient presque dû obtenir leur permission. La goutte d’eau qui avait allumé le feu à nos réacteurs. Eh merde, on est des adultes, pas séniles. On a encore tant de rêves, tant de belles choses à vivre. Elle, elle veut visiter les bibliothèques du monde, lui, il veut faire le tour des stades de foot…

Ils sont partis un jour de septembre. La Laponie, les pays de l’Est et la Russie, la Chine, le Japon, le Vietnam, la Thaïlande, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud, la Patagonie… Ensemble, ils sont passés au-delà des murs et des murailles, ils se sont perdus dans les foules et se sont retrouvés dans les grands espaces… Ils ont bafouillé dans toutes les langues et parlé avec les mains, partagé des mets aux goûts étranges, ri avec tant d’inconnus sans savoir pourquoi mais c’était si bon.

Et les voilà arrivés à Mexico. L’avant-dernière étape de leur tour du monde. Les dernières miettes du gâteau. Ensuite il leur resterait la cerise qu’ils s’étaient réservés pour la fin, traverser les Etats-Unis d’ouest en est, de Miami à New York. Puis retour maison… Mais pas encore.

Pour l’instant, ils sont à Mexico. Hier, ils sont allés voir un match à l’Azteca. Elle a supporté les jaunes, lui les verts. Ensemble, ils ont applaudi à chaque attaque, ovationné chaque tir perforant la cage des buts.

Aujourd’hui, ils sont en route pour la bibliothèque José Vasconcelos. Il paraît que les compagnies de danse viennent s’entraîner devant les grandes glaces. Elle veut voir comment on peut faire de la musique et du bruit dans un temple habituellement hanté par le silence et les chuchotis.

Les danseurs sont déjà là quand ils arrivent. Au son d’un énorme poste, ils se contorsionnent en rythme, chacun son tour ou tous ensemble, dessus dessous, observant leurs mouvements dans les glaces.

Ce sont probablement les percus et les basses qui ont masqué le son des premières détonations. Leurs pieds marquent encore la cadence quand les balles les atteignent. Le sang gicle, marquant l’espace d’un long jet, leurs corps se tendent, suspendus en l’air avant de s’écrouler.

Lui meurt avant de toucher le sol. Elle survit quelques minutes de plus, à peine le temps d’entendre les cris de ceux qui espèrent s’enfuir. Elle n’a pas entendu les sirènes. Son regard se fond dans les yeux sans vie de son compagnon, elle cherche sa main. Puis elle s’en va le rejoindre en pensant à leurs enfants, à la lettre qu’ils ont laissée chez le notaire, au cas où. La lettre qui disait que « Oui, ça vaut le coup ».

Publicités

7 bonnes raisons de jouer

Noël arrive à grands pas, les rayons des magasins se garnissent de jouets. Dans ma vie professionnelle, je construis des formations qui s’appuient souvent sur la mécanique du jeu. Aux ateliers polar, je m’amuse comme une folle à semer des indices que personne ne trouvera, sauf l’enquêteur ! Et je ne vous raconte pas avec mes petits enfants, nous jouons avec tout ce qui nous tombe sous la main, parfois rien…

Bref, je joue… de plus en plus, dans tous les compartiments de ma vie et je ne voudrais plus vivre autrement. Parce que jouer, c’est important. Et on l’oublie trop souvent en grandissant.

7 bonnes raisons de se rappeler qu’il faut continuer à jouer

1. Jouer fait oublier les soucis du quotidien et apporte de la joie (les Romains le savaient bien et le succès des jeux télés le démontre encore aujourd’hui).

2. Le jeu fédère et crée du lien. Il libère le plaisir à être ensemble et à partager.

3. Les enjeux du jeu font exploser les barrières sociales. Quel que soit l’âge ou le statut, il n’y a plus autour du jeu que des joueurs qui s’expriment pour défendre leurs choix, qui s’affrontent ou s’entraident. Les plus gros contrats ne se négocient-ils pas sur les terrains de golf ?

4. Grâce au jeu, petits et grands apprennent. Tout simplement et sans s’en rendre compte, les joueurs sollicitent leurs connaissances, développent leurs capacités de logique et de concentration, inventent des stratégies nouvelles…

5. Grâce au jeu, petits et grands apprennent sans pression. La part du hasard atténue la crainte de l’erreur qui pourrait conduire à l’échec.

6. Le jeu favorise l’émulation et la collaboration. C’est particulièrement vrai pour les jeux coopératifs qui amènent les joueurs à se dépasser, naturellement. On gagne ensemble ou on perd ensemble. Donc on va s’aider.

7. Enfin, le jeu est un outil de valorisation et d’intégration. Chaque joueur devient un membre à part entière d’une communauté (que ce soit autour d’une table ou sur les réseaux), un être reconnu et apprécié pour sa contribution dans le jeu.

L’occupation préférée, la plus intensive de l’enfant est le jeu.
Il serait alors injuste de dire qu’il ne prend pas ce monde au sérieux. 
Sigmund Freud

Et vous ? Depuis quand n’avez-vous pas libéré l’enfant en vous ? Quelle est la dernière fois où vous avez joué, pour de vrai, sérieusement ?