Coach’auteur

Difficile d’être auteur sans avoir un minimum de connaissances en psychologie. Ou alors ça devient vite l’anarchie avec des personnages qui font n’importe quoi.

Dans une nouvelle, c’est facile de garder le cap. On raconte une tranche de vie, un tournant… Dans un roman, c’est un peu plus compliqué car il faut garder la cohérence des personnages pendant plus de cent pages. Et en même temps, il faut aussi les aider à atteindre leur objectif, les laisser parfois évoluer en liberté, même si ce n’était pas prévu à la base.

Laurence Marino est à la fois coach et auteure et je l’ai interrogée pour savoir si son expérience de coach l’aidait à construire des personnages plus marquants. Voici sa réponse :

« À vrai dire je ne m’étais pas posé la question… En réfléchissant, je pense que la meilleure connaissance des émotions me permet de fouiller un peu plus la psychologie de mes personnages. Cela m’a aidée pour certaines scènes de mon prochain livre… Mais pour moi, c’est certainement le fait de mieux me connaitre grâce au travail sur soi qui me permet d’écrire plus en accord avec celle que je suis. Je m’autorise beaucoup plus et j’ai pu travailler ma posture. »

Si vous ne connaissez pas encore sa prose et sa verve, allez faire un tour sur son blog. Laurence écrit vrai et ses mots touchent au cœur. Je vous recommande particulièrement son roman « Neuf mois ou presque ».

Je voulais aussi vous parler de ce qui va se passer cette semaine, super importante pour moi. Deux événements vont s’installer dans ma vie d’auteure. L’un est un aboutissement, l’autre un départ.

Samedi 15 septembre, La désobéissance des pouces sortira aux éditions du Vénasque. Je viens de passer mon week-end à relire les épreuves et j’ai retrouvé mes petites histoires avec beaucoup de plaisir. Il y a tellement de doutes quand on écrit, puis quand on se relit. Tellement de choses qu’on aurait voulu écrire autrement, plus fort, plus puissant…

Alors, quand on retrouve un texte après l’avoir laissé de longs mois sans plus y penser, c’est parfois compliqué. Un peu comme donner rendez-vous à des amis 10 ans après. On ne peut jamais savoir à l’avance si on va encore les aimer. Si ce qui vous a lié un jour existe toujours.

Ce week-end, retrouver mes Pouces a été l’un de mes beaux cadeaux (en plus de tous les messages d’amitié que j’ai reçus pour mon anniversaire <3). Le recueil comprend sept histoires. Certaines sont des nouvelles et d’autres des histoires courtes. L’une d’elles peut être considérée comme une novella (roman court).

Quel que soit leur format, toutes mettent en scène l’histoire d’un personnage qui ose prendre son risque pour vivre selon ses choix à lui, et pas ceux des autres. De l’an 0 à l’an 2500, les sept histoires explorent notre zone de liberté, la façon dont elle s’est agrandie –ou non, au fil du temps.

En France, éditer un recueil de nouvelles est quasiment mission impossible pour un auteur qui n’a pas un nom qui s’affiche régulièrement en haut de la liste des best-sellers. Nous sommes nombreux à en écrire mais beaucoup moins à en lire et à en acheter.

Seuls quelques rares éditeurs osent tenter l’aventure. Je voudrais profiter de ce blog pour remercier Mary Smith qui dirige les éditions de Vénasque. Comme les personnages des Pouces, Mary ose suivre ses coups de cœur et se donne ensuite à fond pour promouvoir les livres. Mille mercis, Mary.

Second événement. Le 15 septembre débute la masterclass dirigée par Éric-Emmanuel Schmitt. Deuxième des 3 cours d’écriture auxquels je me suis inscrite en cette rentrée. La masterclass est organisée en version MOOC (massive open online course). Concrètement, cela veut dire que nous serons quelques milliers à recevoir les cours sur nos boites mail.

J’ai déjà suivi des MOOC sur la plateforme de France Université Numérique : en criminologie, en développement personnel, en histoire… C’est une modalité où je me suis vite perdue. Alors, bien sûr, j’ai pris les enseignements mais je n’ai pas réussi à comprendre comment communiquer avec ces milliers de personnes.

Je suis vraiment curieuse de voir ce qui va se passer. Est-ce que notre passion commune pour l’écriture va nous permettre de créer du lien entre nous ? Combien serons-nous en arrivant au port le 19 janvier prochain ?

Et surtout, je suis très intriguée par le contenu de ce cours, par le regard que va nous proposer Éric-Emmanuel Schmitt sur l’écriture. Même si nous avons déjà reçu une petite vidéo pour nous ouvrir l’appétit, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre.

Et pourtant, j’en ai des attentes.

S’inscrire à une formation n’est pas une décision anodine. Il y a toujours, caché quelque part, le souhait de changer quelque chose dans sa vie –professionnelle ou personnelle. On se forme pour faire mieux ou autrement…

Selon Martine, autre coach de mon entourage, les attentes ne peuvent être qu’une source de déceptions. En plus de réduire l’horizon. « N’attendez-rien, vous recevrez tout ». J’ai souvent pu constater qu’elle avait raison, Martine.

Alors d’ici samedi, je vais m’efforcer de faire taire mes attentes. De garder l’esprit ouvert à tout ce qui va se présenter. Même si j’ai super hâte d’y être ! Et que ça, c’est déjà une attente en soi… arrrh !

Et vous, quel conseil de coach allez-vous suivre ou transgresser cette semaine ?

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« La valse des folles » Zema Birdy

« La valse des folles » est un recueil de nouvelles écrit par Zema Birdy. C’est le deuxième livre que je lis de cette auteure, le premier étant son roman « L’arbre aux fruits maudits ».

Zema Birdy est une auteure à l’univers très particulier, qui puise son inspiration dans les anecdotes de la grande histoire. On apprend des tas de choses insolites à la lire, comme l’histoire du Bal des folles, organisé chaque année à l’Hospice de la Salpétrière, pour le divertissement du « beau monde ».

Une plume très particulière aussi, avec un sens de la formule qui vous fauche en pleine lecture : « des lavomatics placés en retrait comme des chevaux de course dans des boxes », un monde hospitalier « à cheval entre une morgue, un musée et un club échangiste », une grande parfumeuse « coupée du monde et des honneurs, pareille à l’escargot qui se rétracte sous l’effet du doigt qui tente de le caresser »…

Enfin, Zema Birdy a un goût particulier pour nous emmener là où on ne s’y attend pas, ses histoires sont très originales. Quant à la chute… chut !

Zema 2ok

Zema Birdy a accepté de se dévoiler au travers de quelques questions.

Dans la peau de quelle personnalité aimerais-tu vivre une journée ? Et qu’en profiterais-tu pour faire ?

Est-ce que cela te surprendra si je te dis que je n’ai ni « Dieu ni maître » ? Je suis plutôt un produit avec options. C’est-à-dire que d’un modèle standardisé j’essaye de créer un modèle unique. Non pas que ressembler aux autres me dérange, mais quelque part j’espère être différente.

Ne pas rentrer dans le moule convient parfaitement à mon côté rebelle. N’empêche que si pendant une journée je devais entrer dans la peau d’un autre entre vingt et quarante je t’aurais répondu à la fois Charlotte Rampling pour tourner un film et Louise Michel perchée sur une barricade et encourager le peuple de Paris. Aujourd’hui je choisirais plutôt Gaspard Proust ou Lucchini. Une façon personnelle de surtout ne pas se prendre au sérieux, mais avec intelligence, conviction et sans modération.

Quelle est la question qui te tourmente le matin au réveil ?

Rien, j’ai le pouvoir de clouer le bec à mes chagrins ou mes bonheurs et de me réveiller sans  l’esprit libre.

Où étais-tu avant ta naissance ?

Pour moitié un ovule ouvrier dans le ventre de ma mère et pour l’autre un spermatozoïde bourgeois dans les testicules de mon père !

Que dirais-tu à la jeune Zema le jour où elle a écrit la première page de son premier roman ?

Toi qui aimes les épreuves, les défis, tu vas être servie …

Une citation qui te touche ?

« Et pourtant elle tourne« . Galilée aurait prononcé cette phrase malgré son abjuration. Cette citation, même si elle n’est qu’un mythe, m’émeut beaucoup. Il est condamné en 1633 et réhabilité seulement en 1992 par l’église!  Je suis une femme qui ne supporte ni l’injustice ni la bêtise.

Dernière chose, raconte-nous ton pseudo stp ?

Je cherchais un prénom orignal, je l’ai trouvé dans mon arbre généalogique : Zema est le prénom de mon arrière grand-mère. Quant à Birdy c’est un trait d’humour, une provocation. D’une part vis-à-vis de mon mari qui ne croyait pas à l’écriture de mon roman et qui joue au golf (birdy est un terme de golf). D’autre part c’est aussi « petit oiseau » en anglais, là encore une façon de ne pas me prendre au sérieux.

Merci Zema et bon vent à la Valse des folles 🙂

Projets 2015 et suivants…

Certes, j’ai promis de ne pas prendre de bonnes résolutions. Ce n’est pas une raison pour ne pas vous parler de mes projets d’écriture.

Certains sont bien avancés.

Mon premier roman « Sans traces apparentes » devrait être publié cette année. Oui 2015, je vous en reparlerai très bientôt. Une quête psycho-généalogique dans les forêts landaises. Pour frémir sur la plage cet été.

En ce moment, je mets la dernière main à la réécriture d’un recueil de nouvelles historiques « Le syndrome de Pinocchio ». Mais c’est vraiment la dernière parce que sinon ce ne sera jamais terminé. Il existe un syndrome d’auteur réel qui consiste à avoir du mal à laisser partir son « bébé » avant qu’il ne soit parfait. Autant dire que la tentation est grande de le garder à ses côtés pour toujours, à l’abri des critiques extérieures…

Ce qui revient aussi à se priver des autres regards et des partages avec les lecteurs. Cette année, par exemple, j’ai osé publié un texte court sur la plateforme de Short édition. « Terrain de jeu » a été lu par près de 200 lecteurs et a donné lieu à des échanges particulièrement riches ensuite. Une belle expérience qui participe au plaisir d’écrire pour donner à lire.

Pour tout savoir sur les projets à venir, cliquez ici.

Très bonne future lecture,
Elisa

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