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La plupart des auteurs écrivent des romans parce qu’ils aiment raconter des histoires inventées. Ils n’ont pas envie de s’épancher sur leur cas personnel. Pourtant, n’y a-t-il pas des petits bouts de nous qui se glissent à notre insu entre nos lignes ?

Plan ou pas plan, il n’y a pas grand-chose qui se déroule comme prévu lors de l’écriture. Des personnages qui se rebellent, des rebondissements qui tombent à plat, d’autres qui s’imposent… Et c’est tant mieux !

Au-delà de nos intentions de départ et du message que nous voulons transmettre, à mesure que l’œuvre prend forme, c’est elle qui dicte les choses, nous ravalant parfois au rang d’exécutant à son service. Créature échappant à son créateur.

C’est la magie de l’écriture.

Page après page, nous entrons en connexion avec notre histoire et avec nos personnages. Même si chacun a sa personnalité propre, il serait faux de dire qu’ils n’ont rien à voir avec nous. Chacun d’entre eux est composé de petits bouts de nous ou de nos proches, miettes de toutes les facettes que nous voyons scintiller en nous et autour de nous chaque jour. L’antagoniste, ne pourrait-il pas le reflet de notre côté obscur ? Le lâche de nos manques de courage ? Le héros de notre personnalité fantasmée ?

C’est la jubilation d’un auteur.

Nous adorons cela, n’est-ce pas ? Jouer avec différentes facettes, vivre des expériences bouleversifiantes, déclencher des engrenages où nous n’oserions pas mettre le petit doigt. Maître de notre monde.

Enfin, soyons honnête avec nous-mêmes. Sous couvert une œuvre de fiction, c’est notre propre regard sur le monde que nous proposons. Une vision forgée par la somme de nos vécus et qui contribue autant à l’intensité qu’à l’authenticité de l’histoire.

C’est la mission d’un roman.