Le top five des conseils d’écrivains

Je viens de lire une interview très intéressante, publiée par enviedecrire.com : « Les conseils de Stephen King pour donner vie à votre récit ».

Les conseils d’écrivains sont les marronniers des rubriques littéraires. Ils fleurissent et foisonnent plusieurs fois par an.

Je les adore, j’avoue.

Dès qu’un article paraît avec un titre comme celui-ci, je me jette dessus. Pourquoi ? Probablement parce que j’espère au fond de moi que l’expérience de ces grands maîtres projettera sa lueur sur ma pratique. Et peut-être que quelque part, je rêve en secret de découvrir la recette magique pour écrire le livre qui tourbillonne dans mes tripes…

Et comme ce n’est pas le cas, j’oublie ces conseils peu après les avoir lus. Ce qui renouvelle mon plaisir de lire les suivants. Vous savez, un peu comme une histoire drôle dont on a oublié la fin mais qui nous fait sourire par anticipation.

Il y a plusieurs types d’auteurs-conseilleurs. Ceux qui sont branchés style et ceux qui sont branchés intrigue. Même s’il arrive que leurs conseils se rejoignent dans le même souci de faire voyager le lecteur.

Enfin, il y a les conseils plus larges sur la vie d’un écrivain, comment il gère son temps, ses phases (ou pannes) d’inspiration, où il écrit, s’il utilise un plan… et même comment il s’habille…

«La robe de chambre dure tout le temps de l’écriture et bien au-delà ! Ce n’est pas moi qui la porte, c’est elle qui me hante. J’essuie tout dessus, mes feutres, mes larmes, mes doigts tachés par le carbone, ma douleur improductive, mes petites joies, tout !» Jeanne Champion

Donc, ils sont nombreux les conseils d’écrivains destinés à ceux que l’écriture titille.

Alors (même si j’ignore pourquoi), je me suis livrée à un petit exercice, une sorte d’étude comparative des 79 conseils donnés par ces 5 écrivains reconnus tant pour leur talent que pour leur générosité. Et voici les 5 conseils qui reviennent le plus fréquemment.

The TOP Five :

1. Écrire !!!
Écrire et lire, régulièrement et souvent. Car pour un auteur, le bonheur est dans la feuille qui noircit.

2. Un style simple et clair. Résister à l’appel des phrases logorrhéiques et multi syntaxiques… hic !

3. Écrire sur ce qui nous tient à cœur, sans chercher à plaire à la planète.

4. Une incipit percutant. Séduire ou intriguer dès les premiers mots.

5. Pas de pitié pour les personnages, même les chouchous. Que les obstacles dressés devant eux révèlent leurs faces, obscure et lumineuse… et votre sadisme d’auteur !

Pour ceux que ça intéresse et en exclusivité mondiale, 79 conseils d’écrivains passés au crible :

79 Conseils d’écrivains passés au crible

Bonne écriture à tous 🙂

Écoute plus souvent

Ces derniers temps, j’ai été assaillie de pseudos-commentaires provenant d’un parti politique (à qui je ne ferai pas l’honneur de citer le nom) qui voulait utiliser mon blog pour diffuser ses messages racistes.

Comme WordPress fait bien les choses, j’ai pu bloquer cette propagande nauséabonde et pour bien afficher la couleur de mes convictions, je vais vous parler aujourd’hui du Marché de la poésie à Bordeaux (du 4 au 12 mars 2017 au marché des Chartrons).

Quel rapport ?

Cette année, l’association culturelle des Chartrons donne la parole à la poésie africaine.

Une poésie engagée et charnelle, qui affirme sa liberté par les mots dits. La respiration profonde de peuples asservis qui n’avaient pour relever la tête que la parole, sa beauté et sa puissance. Pour dire qu’ils étaient hommes, femmes, enfants et vivants.

arbre_rouge

Souffles
(extrait)
Birago Diop

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.

Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

afrique-femme-noire

Je n’oublie pas que j’habite une ville qui tient sa richesse du commerce du vin et de l’ébène.

Et je n’oublie surtout pas que l’esclavage subsiste encore à travers le monde… ici même en France. Cloîtrées dans des maisons luxueuses, sur des chantiers, des ateliers clandestins, des campagnes, des mariages forcés… Victimes invisibles, silence assourdissant.

esclavemoderne

Bouge ton sac, Nadia !

Nadia Bourgeois est l’auteure d’une pièce de théâtre qui a tenu le haut de l’affiche pendant 2 ans à Bordeaux : Bouge ton cube.

Elle revient cette fois avec un guide pratico-ludique sur la sacologie : Comment trouver un homme assorti à son sac à main.

couvsacamainLes éditions la Boite à Pandore ne pouvait pas laisser passer ce petit bijou sans l’ouvrir.

Un livre délicieusement girly qui pose des questions de fond sur les relations amoureuses :

– Et si nos sacs étaient révélateurs du portrait de notre futur prince charmant?

– Que trimballez-vous dans le vôtre qui en dirait long sur votre personnalité ?

Optimiste et richement documenté, ce livre plein de pep’s vous fera voyager de sac en sac !

Si vous ne connaissez pas l’univers de Nadia, attention ça décoiffe. Loufoque et tendre, elle renverse le monde de son regard bien veillant. C’est vrai quoi, depuis le temps qu’on cherche un sac assorti à nos chaussures, on ne voit pas plus loin que le bout de nos pieds…

5 questions à Nadia Bourgeois sur Nadia Bourgeois…

  • Dans la peau de quelle personnalité aimerais-tu vivre une journée ? Et qu’en profiterais-tu pour faire ?

J’aimerais être Dieu, l’espace d’une journée, et répandre la paix sur le monde.

  •  Quelle est la question qui te tourmente le matin au réveil ?

Aucune question ne me tourmente au réveil, je suis toujours de bonne humeur, c’est ensuite que cela se complique…  quelle tenue vais-je mettre ? Vais-je réussir mes échecs ? Je plaisante, mais cela varie en fonction de ma préoccupation du moment. En profondeur, ce qui me tourmente, c’est l’avenir de l’humanité.

  • Où étais-tu avant ta naissance ?

Dans la tête d’un fou sûrement !

  • Que dirais-tu à la jeune Nadia le jour où elle a écrit la première page de son premier texte ?

Aie confiance et vas-y, fonce, ce n’est que du bonheur !

  • Quelle est la citation que tu aimerais relier à tes livres ?

Il y en a tant ! Celle qui me vient à l’esprit aujourd’hui serait : « Tout est possible, même Dieu » d’Ernest Renan

TCPC

Les fêtes sont cruelles pour les esseulés. Noël pour les sans-familles, la Saint-Valentin pour les sans-amoureux…

silhouettes heads of the bride and groom in darkness

TCPC. Ça pourrait être le titre d’une émission de jeu. Ce n’est qu’un jingle pub à la moitié de la vie. Les derniers mensonges avant le générique de la fin.

Tout Ça Pour Ça…

Tant d’enthousiasme, tant d’élans, d’attentes, de joies, de déceptions même parfois. Et puis…

Et puis plus rien. Comme si la vie, la vraie, celle qui bouge et qui vous rend vivant, celle qui vous fait lever d’un bond même quand vous êtes au fond du gouffre. Cette vie là a disparu. Pfffftt ! Envolée, évanouie. Plus là, plus rien.

Rien qu’un grand vide, un trou noir.

Se sentir comme un château de sable à quelques mètres des vagues. Quelques instants en suspension quand on espère encore que rien ne va s’écrouler, que la vague s’abattra ailleurs.

Tout Ça Pour Ça !

Pour finir seule à crever de solitude, les rêves échus.

Les yeux qui piquent le soir, le silence du téléviseur éteint, les poireaux qui étouffent lentement pour la soupe…

Tout Ça Pour Ça ?

Quelques souvenirs fugaces refusent de partir. Lambeaux qui s’accrochent à ce qui  n’est plus.

L’image d’un sourire, l’écho d’un rire, une main sur l’épaule, un câlin, une ivresse, de gros sanglots. Un flot d’espoir, un clin d’œil, des mains unies, course vers le plaisir, attentes partagées. Nos peurs, nos fous rires. Notre vie, ensemble.

Tout Ça Pour Ça !?…

Est-ce que ça en valait ma peine ?

La désobéissance des pouces

  • Trois ans de cogitations intenses, d’arrachages de cheveux…
  • 5 kilos en sodas sucrés, chocolats et autres boosters caloriques de neurones…
  • 27 crayons, 3 arbres, 2 ordinateurs…

Mais ça y est !

Mon recueil de nouvelles, La désobéissance des pouces, a pris son envol vers les maisons d’édition.

Bien sûr, il y a plus d’auteurs de nouvelles en France que de lecteurs et les éditeurs sont plutôt frileux  pour investir dans ce genre quand on n’a pas un nom connu. Donc je ne m’attends pas à ce qu’il soit reçu à bras ouverts dans les comités de lecture.

Mais je passe ma vie à inventer des histoires, à mettre toute mon énergie pour faire rêver les autres (vous chers lecteurs). Alors pourquoi ne pourrais-je pas y croire pour moi-même ?…

passeport

Rien que pour vos yeux, le pitch du recueil.

Deux mille ans que l’histoire a remisé ses antiquités, que les chaînes n’enserrent plus nos cous, qu’elles n’entravent plus nos chevilles et ne broient plus nos pouces.

Depuis la Révolution, nous naissons « libres et égaux en droits » mais nous arrivons toujours au monde suspendus à un cordon ombilical… Une fois délivrés, nous sommes nombreux à nous dire prêts à mourir pour défendre ces libertés promises. Un rêve qui a marqué les pages de notre histoire en lettres de sang.

Aujourd’hui, les marques ostentatoires d’asservissement ont disparu… mais peut-être sont-elles simplement devenues indolores au point que nous ne sentons plus leur poids ?

Ce recueil est né de nombreuses questions qui me tourmentent régulièrement. Non pas sur la liberté dans le monde, mais sur notre latitude en tant qu’individu à exercer notre droit à vivre notre vie. À travers le temps, comment se mesure ce droit ? Par l’évolution de notre espace de liberté ou par les sanctions encourues à en franchir les limites ?

En clair,
que risquent ceux qui osent s’affranchir de leurs carcans ?

C’est cette question j’ai choisi d’explorer en tant qu’auteure.

Au travers d’histoires courtes comme la vie, ce recueil raconte le destin ordinaire d’hommes et de femmes qui, chacun à leur manière, refusent de porter les chaînes qui leur étaient préparées et qui osent tout pour tracer leur route. Quel que soit le prix à payer…

monde_pouce

Portraits de rue

Un des exercices de créativité que je préfère quand je suis enrouillée, c’est de partir dans la rue pour aller chercher de la matière. Croiser des visages, des silhouettes et les croquer en quelques mots. Puis revenir à mon clavier et leur inventer une histoire : d’où viennent-ils ? Où vont-ils ?

Des élucubrations sans conséquences, à condition que personne ne se reconnaisse…

Raymond Ceros

77 ans, les cheveux rares. Des sourcils broussailleux, une bouche large et généreuse.

Il a travaillé toute sa vie, Raymond. Il a rempli ses devoirs envers la patrie, survécu à une sale guerre, participé à la politique familiale avec 4 enfants, 10 petits-enfants et 3 arrières.

Depuis sa retraite de l’usine de papier, son temps lui appartient. Il a laissé à Marcelle la maîtrise du château –trois chambres, une cuisine aménagée et un jardin potager.

Lui, il court. Tous les jours, par tous les temps, toutes les douleurs, Raymond enfile son cuissard noir et ses rebook 94W.

Les bras rythmant ses pas comme un métronome. Le dos et les yeux voûtés vers la terre. Écoutant l’impact de sa course sur le bitume et le battement du sang à ses oreilles. Vivant, vivant, vivant…

Anita Gomez

Anita Gomez a la peau mate, des grands yeux clairs. Des cheveux auburn encadrent un visage presque triangulaire, avec des pommettes hautes et un petit nez qui pointe en l’air. Des traits fins, toujours en mouvement. Si un écureuil devait se réincarner, il choisirait Anita.

Anita a fait des études d’urbanisme, elle voulait être architecte et construire des maisons. Nul ne sait ce qui s’est passé. Un jour, elle a plaqué la fac pour passer un concours à la DDE.

Aujourd’hui, Anita conduit un camion bleu et blanc. Une roulée coincée entre ses lèvres, elle manoeuvre son engin pour le faire reculer. Raymond arrive en courant, elle le voit à la dernière minute, s’arrête juste à temps.

– Pardon, dit-elle. Excusez-moi.ecureuil_fume

Raymond reste ébahi. Il n’avait jamais vu d’écureuil fumer au volant.

Kevin Louret

Kevin regarde la scène depuis le discount en face du chantier. C’est un fondu d’informatique et de surf. Sa barbe de trois jours souligne les contours de sa mâchoire. Il porte un sac à dos usé et un jean vieilli à 200 euros.

La file avance lentement. Coincé derrière une quadra bobo venue acheter la dernière Sexpresso et une mamie à grosses fleurs rouges qui tient dans ses mains 5 DVD pour 10 €, Kevin soupire.

Lui, il a dans ses mains la motherbomb. Ça fait des semaines qu’il attend qu’elle sorte en France. Alors il aimerait bien qu’elle avance un peu, cette queue, qu’il puisse aller booster ses processeurs.

– Comment ça vous ne prenez pas les chèques ? s’exclame Marcelle, les bégonias indignés. Vous auriez pu l’afficher avant, ça m’aurait évité de faire la queue !

Kevin s’esclaffe. On est en 2017 et il y a encore des gens le cul coincé au siècle dernier ! Ils viennent dans des discounts, royaume de la carte « Yapluka » avec un chéquier…

Ici, on n’achète pas, Madame, on s’endette !

 

Les jours des merveilles

Hier, vendredi 13.

J’adore ces journées. Elles ont une atmosphère envoûtante, apporteuses de chance pour les uns, donneuses de malheur pour les autres.

Sources de toutes les superstitions, elles sont pour moi sources d’inspirations. Elles me rappellent combien la magie ordinaire nous entoure. Invisible et présente, pour les yeux du cœur… ou ceux de l’imaginaire.

Hier donc, je comptais écrire un article sur ce merveilleux inexpliqué dans lequel nous vivons. Et rien… De manière inexplicable, mon stylo est resté sec. Ni l’encre ni les mots ne coulaient. Partis sans laisser d’adresse.

Fatiguée par ma semaine de reprise dans ce monde de fous, je n’avais pas envie de batailler. Si les mots préféraient aller à l’aqua-poney… je n’allais pas leur courir après. J’ai laissé ma page pâlir de dépit et je me suis choisie un film : Le goût des merveilles.

Les merveilles, vous savez, ce sont ces petits beignets gras et sucrés qui réconfortent les cœurs d’enfants. Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé avec ce film.

Oui, l’histoire est cousue de fil blanc. Il y a bien quelques rebondissements mais ils ne trompent personne. On sait dès les premières minutes du film comment tout ça finira bien. Et c’est tant mieux ! Ce film est un petit bijou lumineux capable d’ensoleiller n’importe quelle journée grisouillarde.

Les personnages, à la fois ordinaires et hors normes, m’ont embarquée dans un monde profondément humain. Les relations entre les personnages sont ponctuées de jolis mots, qui sont aussi des mots vrais, dénués de tricherie. Des mots pour s’émerveiller du monde et de l’autre.

Alors on se dit que des gens comme ça, on ne les voit qu’au cinéma. Que ça n’existe pas. Que cet émerveillement naïf ne peut pas se vivre dans le monde réel.

Et pourtant… Et si… Et si, en cherchant bien, on pouvait vivre chaque jour quelques minutes d’émerveillement ?

D’ailleurs, il paraît que ce film a été inspiré d’une fée réelle…

20170114_gout_merveilles

Le PitchAu cœur de la Drôme provençale, Louise élève seule ses deux enfants et tente de préserver l’exploitation familiale. Un soir, elle manque d’écraser un inconnu au comportement singulier. Cet homme se révèle vite différent de la plupart des gens. Et sa capacité d’émerveillement pourrait bien changer la vie de Louise et de sa famille.

Voix & Silences

Les débuts d’année sont souvent propices aux bilans et aux bonnes résolutions éphémères. Permettez-moi de ne pas suivre la tradition.

Ce qui s’est passé ne peut plus se défaire et ce qui vient n’existe pas encore.

Cette année, je préfère me centrer sur mon essentiel, sur ce qui donne une âme à ma vie. Et réaffirmer pourquoi je vis et pourquoi j’écris.

Je vis entre foule et solitude.

Un réveillon à Londres à m’imprégner du bouillonnement humain, de sa créativité, son énergie. Puis quelques jours deretraite dans la belle Dordogne. À écouter ma voix intérieure et retrouver ma source profonde.

J’écris pour parler aux silences.

Il y a une raison à chacune de mes histoires. Derrière l’intention première de raconter et de divertir, je cherche à faire entendre ma voix sur les sujets qui me tiennent à cœur. Avec des mots qui demandent à ricocher le plus loin possible sur l’étendue du silence.

Quand mon amie Laurence Marino a publié sur son blog sa série des petites musiques –celles qui vous renvoient à qui vous êtes vraiment avant que la vie ne vous oblige aux compromis et aux demi-choix, je me suis demandée quelle chanson m’avait le plus marquée.

Sound of silence a mis du temps à revenir à ma mémoire. Il a fallu le remix de Disturbed pour que je réécoute les paroles. C’est mon gros coup de cœur de ce début d’année, ma promesse de continuer à parler aux silences.

The Sound Of Silence 

Hello darkness, my old friend,
I’ve come to talk with you again
Because a vision softly creeping,
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain, still remains
Within the sound of silence

In restless dreams I walked alone,
Narrow streets of cobblestone
‘Neath the halo of a street lamp,
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light,
That split the night and touched the sound of silence

And in the naked light I saw,
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking,
People hearing without listening
People writing songs that voices never share,
And no one dared disturb the sound of silence

Fools, said I, you do not know,
Silence, like a cancer, grows
Hear my words that I might teach you,
Take my arms that I might reach you
But my words, like silent raindrops fell,
And echoed in the wells of silence

And the people bowed and prayed
To the neon god they made
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
And the sign said : the words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls,
And whispered in the sounds of silence

Le Son Du Silence

Bonsoir ténèbres, mon vieil ami,
Je suis venu discuter encore une fois avec toi
Car une vision s’insinuant doucement en moi,
A semé ses graines durant mon sommeil
Et la vision qui fut plantée dans mon cerveau, demeure encore
A l’intérieur, le son du silence

Dans mes rêves agités j’arpentais seul,
Des rues étroites et pavées
Sous le halo d’un réverbère,
Je tournais mon col à cause du froid et de l’humidité
Lorsque mes yeux furent éblouis par l’éclat de la lumière d’un néon,
Qui déchira la nuit et atteignit le son du silence

Et dans cette lumière pure je vis,
Dix mille personnes, peut être plus
Des personnes qui discutaient sans parler,
Des personnes qui entendaient sans écouter
Des personnes qui écrivaient des chansons qu’aucune voix n’a jamais emprunté,
Et personne n’osa déranger le son du silence

Idiots, dis-je, vous ignorez,
Que le silence, tel un cancer, évolue
Entendez mes paroles que je puisse vous apprendre,
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre
Mais mes paroles tombèrent telles des gouttes de pluie silencieuses,
Et résonnèrent dans les puits du silence

Et ces personnes s’inclinaient et priaient
Autour du dieu de néon qu’ils avaient créé
Et le panneau étincela ses avertissements
A travers les mots qu’il avait formés
Et le signe dit : les mots des prophètes
Sont écrits sur les murs des souterrains
Et des halls d’immeubles,
Et murmurés à travers les sons du silence

Mi estas la mondo

Je suis Paris, Je suis Bruxelles, Ich bin ein Berliner…

J’ai pensé cette phrase en tant de langues : en égyptien, en camerounais, en turc, en côte d’ivoirien, en alepien… Tant de pays touchés par tant d’attentats. La liste est interminable.

L’année 2016 aura été endeuillée, encore, par la violence aveugle d’actions terroristes, et malgré certains événements personnels joyeux, elle restera dans ma mémoire empreinte de tristesse.

Il paraît que 2017 ouvre un nouveau cycle.

Je ne peux qu’espérer très fort que le cercle de violence se referme ici et maintenant.

Que l’histoire ne gomme pas dans quelques années la réalité de ces tragédies. Qu’elle ne transforme pas ces terroristes en combattants héroïques par la grâce de victoires guerrières.

Que l’homme cesse enfin de vouloir ériger la vision de sa vérité en loi universelle.

Que nous puissions tous vivre ensemble, côte à côte.

Alors je fais un voeu pour 2017, dans la langue de l’esperanto :

Paco sur la mondo

colombe_paix

Joyeuses fêtes à tous