Abracada’Créa

« Comment vous est venue l’idée de ce roman ? ».
Une question posée régulièrement aux écrivains par les chroniqueurs-télé.
(Les amateurs ont droit à : « Mais où tu vas chercher tout ça, ma fille ? »).

L’originalité est LA préoccupation première de nombreux écrivains.
– Comment trouver une idée originale pour démarrer ? Question-source du fameux syndrome de la page blanche.
– Comment mettre en scène des personnages singuliers ?
– Comment conduire l’histoire vers une chute inattendue ?
 …

Les idées originales ne reposent pas en haut d’une tour comme une princesse attendant son prince charmant. Elles tournoient dans un mouvement qu’il faut saisir littéralement.

  • Les sens, premiers capteurs d’originalité

Observer ce qui nous entoure, les mouvements dans la lumière, les silhouettes dans l’ombre… Écouter les paroles des cailloux et des arbres, laisser le silence vibrer… Sentir parfums et relents, goûter, toucher les textures…
Observer ne suffit pas. Il faut aussi s’interroger, faire des liens entre des choses qui n’ont rien à voir entre elles, pister le cocasse des situations. Les photos pittoresques qui fleurissent sur le net sont nées du croisement d’un œil attentif et d’un étonnement.

  • Le cerveau, siège de l’esprit…

L’esprit ! Cette réalité immatérielle réfugiée sous notre boite crânienne. Et par une étrange coïncidence, l’endroit où nos organes sensoriels emportent instantanément ce qu’ils ont capté. Le cerveau a beau ressembler à une gélatine peu appétissante, il recouvre une technologie puissante :subliminal-cerveau

    • Un disque dur contient une infinité de tetraoctets pour stocker les millions d’informations qui arrivent par tous les capteurs sensoriels.
    • Un processeur INTEL-i-GENT 1540Ghz pour les transformer en souvenirs et apprentissages.
    • Une mémoire vive et des logiciels automatiquement mis à jour. Capables d’afficher instantanément les données utiles à toute situation. Selon les croyances, on appelle ce phénomène schème, intuition, instinct, pulsion…

Attention ! Certaines informations peuvent être déstockées par le cerveau dans des fichiers cachés. Demandez à cet ébéniste pourquoi il choisit telle planche plutôt qu’une autre, à ce cuisinier pourquoi il ajoute des épices ou augmente le temps de cuisson… Dans un premier temps, ils sont incapables de répondre. Leur compétence est devenue inconsciente : ils ne savent plus qu’ils savent et se laissent guider par leur savoir-faire.

Quand j’écris, je trouve dans ces élans d’inconscience des éclairages surprenants pour l’écriture. Je les soumets ensuite à mon étonnement, mes intentions, mes valeurs…

  • Siège de l’esprit et coeur des émotions !

Parce qu’elles se réfèrent à des situations connues, les informations entrantes génèrent des émotions qui varient selon les personnes mais aussi selon le moment de leur vie.

Prenons le geranium rosat utilisé dans les crèmes pour bébés. Pour moi, ce parfum incarne le temps où j’avais le pouvoir de consoler les chagrins de mes enfants d’un bisou magique ou d’un trait de mercurochrome. Selon l’instant, des émotions différentes m’assaillent : la nostalgie parce qu’ils ont quitté le nid, la fierté de ce qu’ils sont devenus…
Pour une autre femme, ce parfum aura des relents amers parce qu’elle aura subi la perte d’un nourrisson ; pour une autre encore, ce sera l’injustice parce que son désir d’enfant n’aura pas été exaucé.

Par la combinaison des émotions et des vécus, les possibilités d’histoire à partir d’une simple odeur deviennent infinies. Enfermez-ces femmes dans une chambre de maternité surchauffée, obligées de s’extasier devant une jeune maman souriante, inconsciente des tourments sous la surface… Chut ! une intrigue est en train de germer.

Cet embryon est-il suffisant pour devenir une histoire originale ? Oui, sans hésitation aucune. L’expérience de chacun est personnelle, comme l’émotion qui en découle. Les animateurs d’ateliers le savent bien. Donnez cette même situation de départ à 10 personnes avec pour consigne d’écrire un texte, vous obtiendrez 10 récits différents, donc uniques.

  • Le fabuleux pouvoir de l’ennui

Quand le cerveau sature d’avoir bouillonné trop longtemps, il est temps de le mettre en mode veille. En langage humain, comprenez repos ou mieux : ennui.vela-de-aniversario

Deux états d’esprit propices à la sérendipité. J’adore la sonorité de ce mot : sifflante au début, elle se termine dans un claquement de consonnes. Sous la surface, une signification surprenante : l’art de chercher et de trouver ce qu’on n’attendait pas. Comme aurait dit Niels Bohr, « Ce n’est pas en cherchant à améliorer la bougie que l’on a découvert l’électricité.».

Ainsi, notre vécu et notre sensibilité alimentent notre source personnelle et inépuisable d’idées originales.

Je voulais terminer ce billet un peu long en citant Sylvianne et Pascal Perrat, écrivains et éveilleurs d’idées.
Autant dire que la créativité, ça leur connaît.
J’ai eu la chance de suivre plusieurs de leurs formations et vécu leur méthode pour sortir des sentiers « rebattus » et dépasser le mythe de l’originalité. Une expérience bouleversante !

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11 réflexions sur “Abracada’Créa

  1. merci Elisa c’est super intéressant ! Notamment la partie sur l’inconscient qui rejaillit dans l’écriture, donnant un éclairage nouveau au texte. C’est une sensation bouleversante; on a l’impression d’être plusieurs à écrire !

  2. On ne sait pas comment fionctionne le cerveau and on écrit des histoires, et on est surpris par sa capacité à trouver des idées quand on en a besoin

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